Jean Régis PERRIN


 La route romaine
de Rancon 
 à Magnac-Laval  


Le Plirot
Les Bosnages : la voie bocagère
La Cornière : un carrefour
Villenue : une nouvelle villa gallo-romaine,
Les Pêcheries : enclos et mares protohistoriques
Les Bois de Droux : un enclos paracurviligne de l'Age-du-Fer
La ferme gauloise du Puy-Parvier et ses hortillonnages . . .

Sixième étape.
















Des Bosnages à Villenue,
le plateau d'interfluve

         

                                                 
Petites voies de liaison fluidifiant un carrefour antique

      A hauteur des Bosnages,  la trace résiduelle de la voie antique sud-nord venant du vieux pont de Rancon, vestige évoqué par notre photo au  sol du paragraphe précédent, (cliché 4 ) va former carrefour avec la vieille voie venant de Châteauponsac (approximativement la D 1 jusqu'à Terre-Rouge).
   Après quoi, elle est soutendue à distance variable et depuis les "ardillères" (gisement d'argile), par la Départementale 25, vue sur une photo ci-dessous, entre le château d'eau et  la ferme de Maison-Neuve.

   Or si nous faisons un saut en arrière de 3 km vers l'est, c'est donc la D 1 qui marque l'axe médian de l'alignement antique. Celui-ci, entre Les Rieux et la Lande de Monceau lâche un diverticule (ci-contre) que nous intercepterons et connaîtrons mieux à hauteur des Chômes (voir la page suivante). C'est un raccourci  vers  Les  Bosnages  mais   aussi   une 

 desserte de  lieux habités de  très ancienne origine,  tels la Courcelle ( curtis : la ferme fortifiée) et Bucheuil (la clairière, le domaine, au milieu . . . des bois).

   Contentons-nous d'évoquer par la photo ci-dessus, la racine de notre diverticule que nous accompagnons du grénetis blanc d'une limite communale (anciennement limite paroissiale entre Rancon et Châteauponsac)  qui passait par là avec un  détachement certain vis à vis des thèses récurrentes de la spécialité qui voudraient que les  paroisses qui furent instituées progressivement sous l'Empire finissant et plus certainement au Haut-Moyen-Age, aient calqué systématiquement leurs limites sur des voies antiques.
 
  La thèse est précaire s'agissant de voies du Haut-Empire généralement tombées en désuétude voire disparues depuis plusieurs siècles au moment de la définition des territoires paroissiaux ( voir une illustration ci-dessus : limites paroissiales en grénetis blanc). 

   Nous devons ajouter à notre description précédente la fin du diverticule des Bosnages qui , le travail accompli en quelque sorte, rejoint à Maison-Neuve sa voie d'origine est-ouest qui continue ainsi vers le Pont du Bouchaud. Cette fin de liaison était disparue depuis longtemps ainsi qu'en témoigne en 1828, le cadastre napoléonien (cliché aérien oblique ci-dessous).

   Dans sa dernière partie (depuis la cote 281) le diverticule des Bosnages, ne présente ni l'ampleur ni le tracé direct mais prudent, des itinéraires romains tracés aux lendemains de la conquête, il est en particulier coupé par l'effluent de nombreuses têtes de sources qui génèrent des fondrières. Il pourrait être très tardif.

   Il est néanmoins cantonné sur toute cette longueur, de murets de pierre sèche que l'on peut interpréter sans grand risque comme la mise au rebut des empierrements, refoulés là à l'époque tardive où les lourdes chaussées romaines ruinées et devenues impraticables entravaient les déplacements.
 
                Noeuds routiers entre les Bosnages et le plateau de la Cornière
 

 Quant au chemin de liaison des Egaux (Maison-Neuve) à Villard, il était  là en 1828; il est toujours présent dans le paysage mais  souvent envahi par l'eau (voir la photo ci-dessous).
  Ces petites voies, artifices routiers, ne laissent souvent que des indices fugaces, fractionnés . . . que le prospecteur doit recomposer en harmonie avec les voies majeures, pour percevoir leur nature ancienne : ces conjonctions  ne sont pas toujours évidentes.
   Et cela transparaît dans la recherche des prolongements de la voie romaine venant de Châteauponsac, après le château d'eau : ici la D 25 prolonge à altitude constante, la D 1 d'antique origine.

  
 Supposée d'origine antique, une bretelle de raccordement devait permettre (notre cliché ci-dessous et le vieux cadastre ci-contre) de relier les sites des Bosnages et de Maison-Neuve sans aller passer par le   château d'eau ou  la Cornière actuels : observez cependant que 
l'empreinte de ce raccourci traverse une haie par un passage charretier qui fait  brèche localement dans la ligne d'arbres. Il ne semble pas cependant y avoir d'anachronisme, la brèche observée pourrait être le fait d'un "paysan fûté" qui sait reconnaître d'instinct, pour les utiliser à son profit, les endroits solides hérités de l'antiquité et toujours  propices aux passages d'un champ à un autre.
  Selon nous, la justification antique  de la trace repose  sur sa largeur qui excède largement la voie d'un tracteur agricole et sur sa disparition au contact de  parcelles existant à l'ancien cadastre de 1828 et qui avaient localement et depuis longtemps détruit cette très vieille route. La conservation des traces  que nous observons, relève toujours d'un petit miracle ! 
 Sur le cliché ci-dessous, nous évoquons  par une flèche jaune la possibilité d'une voie vers le nord-nord-ouest encore sous-tendue de nos jours, par une suite de lisières de parcelles qui ondulent entre la Bussière et la Saumagne.
   Mais en fait, il y a davantage à attendre d'une voie à rechercher  par La Brousse de Droux et la Lande-de-Grandchamp (sanctuaire traditionnel gaulois)
, vers le Dorat. Il s'agirait alors de poursuivre vers le nord-ouest et Les Quênes pour aller passer la Brame au gué de la Caille (moulin actuel). Nous avons suivi cette voie en suivant ses traces au sol appuyées par une toponymie agricole (les Grandes-Règes) ou inspirée du latin (la Dapeyre, le Chiron . . .) ou des remarques botaniques (les Genêts), ou tout simplement l'Ancien-Chemin à l'approche de Lathus. Nous avons alors abandonné cet itinéraire dans sa progression vers Montmorillon et sans doute, le Poitou.
   Il s'agit probablement d'un itinéraire d'origine protohistorique (gauloise ou antérieure) grossièrement ravaudé "à la romaine", condition sine qua non pour que nous ayions pu le repérer. On se souviendra qu'entre les Quênes et le gué de la Caille sur la Brame (soit sur  plus de 500 mètres), il a pu être élevé au rang de voie romaine majeure avec une emprise transversale au sol de plus de 30 mètres.
    L'essai ou la tentative abandonnée a sans doute à voir avec la présence à proximité d'un petit camp (militaire ? - 450 X 250 m) romain partiellement occupé actuellement par la ferme de l'Age, à 1000 mètres de la voie.
   Le petit camp est raccordé au nord et de façon très explicite au tronçon de voie romaine et au nord-est, au site tout proche, de la future ville du Dorat.
  Notre site "limousin-archeo-aero.fr" page 3 : " gaulois et gallo-romains en marche ".

   Voir également la page suivante du présent site : "voies de la gartempe b.html", la mosaïque synoptique IGN 1950.





                                                                                L'apport de l'internet

   Entre le château d'eau de la D 25 et le village de Villenue (la "nouvelle villa"), il n'est pas besoin de descendre de voiture pour localiser un nouvel indice du passage de la voie antique : photo au sol au niveau de l'étoile rouge (ci-dessous).
   Mais le cliché IGN proposé par Google, est intéressant en ce qu'il permet une bonne évaluation de l'emprise totale totale du passage routier : approximativement 55 mètres entre limites "d'emprise administrative". De nos jours et toutes choses égales par ailleurs, on fait passer une 4 voies sur 30 mètres de largeur !
   Nous ne ferons pas de commentaire sur ce sujet neuf, jamais vu ni même subodoré  jusque-là en Limousin mais qui a déjà été reconnu et interprété par Roger AGACHE en Picardie, dans le sens que nous suggérons ci-dessus.

   On notera  sur notre cliché au sol les orties naines qui tapissent localement le fond de la tranchée routière (vignette surimposée). Ceci et certaines autres observations que nous allons évoquer plus loin, pour rappeler que nos photos ont entre 15 et 20 ans d'âge : il ne faut pas forcément s'attendre à trouver  le terrain dans le même état : la déprise agricole aidant, beaucoup de sites sont devenus illisibles, ailleurs le remembrement institutionnel ou spontané de parcelles a supprimé des limites significatives, des rideaux de végétation ont disparu, la puissance des engins a nivelé des reliefs et atteint des couches archéologiques jusque-là préservées.




De  Villenue  aux  Bois de Droux


   Nous avons pu avoir une idée assez nette de la continuité de la voie antique à partir de l'orientation de la tranchée routière précédant Villenue.
  On pouvait ainsi restituer le large contournement de la station agricole et / ou pastorale protohistorique ou antique de Villenue (à-plat rouge ci-dessus et ci-dessous) seulement définie  par sa vaste esplanade bordée à l'ouest par une haie dense de buis en limite d'un chemin agricole qui descend vers la Semme.
   Notre cliché panoramique ci-dessous par l'assemblage des plans, accentue au-delà du réel, la limite nord du terre-plein qui, telle une proue de navire, domine la vallée de la Semme précisément.



  A partir des terres surélevées situées au-delà du chemin agricole qui descend vers la Semme entre les haies de droite (notre cliché ci-dessus) il était possible d'avoir des vues pertinentes sur la suite du cheminement antique.

  La première photo ci-dessous  montrera  au fond, à gauche, une lisière rousse de fougères dominant le flanc d'une tranchée qui allait s'approfondissant en descendant vers la Semme (petite flèche bleue, au loin) : c'est bien la trace routière, même si le point de vue photographique éloigné est impuissant à restituer l'impression de visu très positive (repérage  flèches rouges pour la saignée).
   La seconde photo est un effet de "zoom" sur la trace  lointaine de la voie (étoile verte).
 
  Ce plan rapproché permet d'apprécier l'occupation d'une mini-tranchée  par une population d'orties, de ronces et de fougères que nous avons vu subir plusieurs fois  et sans grand succès, des tentatives d'éradication.





                                            La Semme, la Montade, les Ages . . .
   
   Et, par delà la route, cette saignée est en connexion avec une trace faible mais non équivoque qui traverse les terres de La Montade ( cliché ci-dessous)



    Au travers de ces terres  - et seulement là - et depuis une date aussi ancienne qu'indéterminée, les restes de la voie antique ont servi partiellement de support à la vieille route de Magnac à Rancon dont la suite du cours est suggérée par un grénetis rouge (plan IGN, plus bas). L'opération a inversé quelque peu la courbure des traces; il subsistait au moment de notre photo aérienne des restes très faibles de parcellaire et le macule d'humus en double coma d'une vieille ferme non répertoriée au cadastre de 1837. Une ferme ou un hangar rustique que nous aurions vus nous semble-t-il, sur les premières cartes UTM de l'après-guerre ?
    De plus la route de l'Ancien-Régime (grénetis rouge ) était affectée d'un tracé en baïonnette (chicane). Elle aurait donc  pu être précédée
(coin supérieur droit du cliché IGN ci-dessous) d'une route antique, utilisant le passage d'eau de l'Aumône en dérivation de la liaison venant de Villard (voir page suivante). Des indications de couleur verte suggèrent cette éventualité.
    Toutes traces aujourd'hui difficiles voire impossibles à retrouver. 








  Evidemment et pour pallier l'absence d'observations aériennes pertinentes malgré plusieurs vols, il nous aurait fallu recourir  à la prospection au sol pour localiser le gué sur la Semme et ses approches : toutes choses qu'à deux reprises des hardes de bovins en  libre pâture nous ont dissuadé d'entreprendre.

  Mais voilà qu'une distorsion  apparaissait : les deux branches restituées séparément de part et d'autre de la Semme ne se raccordaient pas. A distance des lieux, la solution du problème relevait de la divination, ce qui n'est pas notre spécialité.
  En fait, il faudra attendre les plus récentes photos du net (IGN 2012) pour que tout s'éclaire de façon  satisfaisante.


 Aux débuts de mes prospections aériennes l'intérêt de la reconnaissance en continu d'une voie antique ne m'apparaissait pas primordial : il me semblait que j'arrivais trop tard et que tout avait déjà été fait !
 Il faut donc comprendre que ces prospections tant aériennes que pédestres ne se sont pas inscrites d'emblée dans la continuité d'un cheminement topographique continu mais se sont étalées par le fait du hasard, sur plusieurs années.

  Dans mon esprit, la photographie aérienne était destinée à enregistrer ce que je percevais visuellement comme indice archéologique intéressant, remettant à plus tard ou à jamais, l'éventualité d'établir un lien entre les différents sites ainsi répertoriés. Le souci d'établir un ordre dans la profusion de mes découvertes arriva finalement assez tard et dans bien des cas je ne disposais déjà plus de moyens aériens pour tenter de découvrir d'éventuels raccords entre des indices distants.
   Je suivais d'ailleurs en cela  la démarche pratiquée par la totalité des chercheurs en archéologie aérienne de France et de Navarre qui  n'agissent pas autrement aujourd'hui. Leurs succès tiennent autant à l'expérience issue de leur persévérance dans l'action, qu'aux qualités que leur offrent - pour les plus chanceux -  les sols  des vastes  régions sédimentaires
qu'ils survolent, porteurs de riches cultures, hypersensibles aux variations hydriques les plus nuancées .   
   Il faut savoir qu' en Limousin, château d'eau du versant occidental de la France aux sols peu perméables, "l'eau . . . elle passe !".
   Mais d'
autres régions, dont on parle peu, sont également le domaine des "gagne-petit" de l'archéologie aérienne.



   Bref, et faute de données plus précises sur les versants et les bords de Semme, le hasard qui fait parfois bien les choses nous offre aujourd'hui, de tenter une interprétation  de la dernière photo aérienne de l'IGN dont nous publions deux extraits.

   Dans le prolongement de la large trace relevée en amont du village de Villenue, le large contournement du terre-plein porteur de l'habitat gallo-romain de la "Nouvelle-Villa" (Villenue) se raccorde à la perfection à une trace verte  de chaussée qui se glisse elle-même ensuite à l'issue d'une longue courbe, dans la "trémie" d'un aménagement de tranchée routière bordée d'arbres, qui descend vers la rivière et dont nous avions d'ores et déjà ci-dessus, révélé l'existence (point vert).

Sur la photo de l'IGN, l'emplacement du gué antique est corroboré par l'usage qui en a été fait  en continuité depuis cette lointaine époque. Depuis des temps très anciens, le passage d'eau semble s'être perpétué au même  endroit devenant finalement simple "chemin  de  meunier"  reliant Villenue au Moulin de l'Aumône.

  Nous avons évoqué cette dernière vocation (tracé jaune) par les hauts buissons de buis qui le bordent tant qu'il reste contigu à la plate-forme de la villa antique. Un chemin autrefois vital et encore utilisable aujourd'hui par les troupeaux (flèches jaunes).
  Après le gué sur la Semme, un talus courbe dont on distingue  la marque aride du glacis et son pied plus humide, a certainement quelque chose à voir avec notre voie. Le raccord avec notre petite tranchée montante vers . . . La Montade que nous avons aperçue de loin à Villenue, est évident :  la récente photo de l'IGN atteste qu'elle a été défrichée. On notera que de temps immémorial  tant comme route gallo-romaine, que  devenue plus récemment simple tranchée résiduelle, elle purge vers la rivière les eaux qu'elle collecte.


   Enfin et pour en finir avec ce tronçon de voie, revenons à l'avant-dernière photo ci-dessus (le Moulin de l'Aumône, la Saumagne). Observons dans le coin inférieur gauche du cliché un diverticule de liaison venant de Villard que nous avons déjà évoqué et que  nous retrouverons à la page suivante.

  Dans sa descente vers la Semme après avoir été tranché par l'ancienne ligne de chemin de fer, il est encore fossilisé sous une haie arborée qui occupe son bas-côté gauche. Ce buisson est presque exclusivement constitué par du fragon (petit houx) en touffes extrèmement serrées (triades de points verts). C'est de façon constante le signe d'un très ancien cheminement.
   Sur notre photo synoptique (plus haut) nous matérialisons par des flèches vertes, une suite possible par le site de l'Aumône, puis une montée sur le tracé actuel de la route communale selon un azimut de 300 puis 310 et suivie par la trace non équivoque d'un cheminement ancien ( en haut du cliché, au niveau des logos).
   On n'aura aucune difficulté à raccorder cette trace à la voie principale (que nous allons décrire dans les lignes qui suivent) dans des parcelles qui portent le nom générique de "les Garennes" et surtout "les Pêcheries"; ce dernier toponyme  évoquant en dialecte local les mares qui caractérisent de façon constante les terroirs exploités aux temps protohistoriques par "nos ancêtres les gaulois".

      
        Une retenue d'eau

   Il reste à revenir en arrière pour essayer de comprendre la décision du technicien romain de tracer une longue courbe vers l'est  pour aller chercher un gué sur la Semme hors de l'alignement en ligne tendue qui semblait aller de soi.
  Regardons ce que la photo peut nous permettre de comprendre :  la zone que nous signalons en surimpression bleue pourrait - sous réserve d'inventaire - correspondre à un dépôt alluvial particulier, une prairie de fond peu pentue susceptible d'avoir été un espace d'étalement des crues en circonstance exceptionnelle. Une impression renforcée par l'image en aval d'un possible pincement de rive  pouvant créer une montée des eaux  par ralentissement du débit : un défilé
selon les géographes (pointes de flèche bleues).
  Y avait-il un réel danger à engager des voyageurs dans une telle zone et ne serions-nous pas tentés aujourdhui  de voir là une vague éventualité de fréquence centennale ?
  Nous avons trop tendance à oublier que nous avons vu le romain construire des chaussées pour 1000 ans d'usage en essayant de se tenir autant que possible, à l'écart de tous les traquenards réels ou potentiels. Parmi les  monuments qui nous sont parvenus, certains ont déjà passé leur second millénaire et beaucoup d'autres seraient encore  là s'il n'y avait eu les "chocs de civilisations". . . la malignité, l'incurie des hommes . . . leurs besoins vitaux également : par nécessité, chaque époque fait son lit sur les décombres de la précédente.

     - Un moulin antique sur Semme ?  Peut-on croire Monsieur Vitruve !

  Vitruve vivait au 1er siècle av.  J.-C.. C'était un  ingénieur d'Auguste pour les machines militaires mais également un architecte qui dirigea des embellissements à Rome. Dans le cours des 10 livres de son oeuvre "De Architectura", il a décrit le principe des moulins à eau : mais quelle connaissance en aurait eu le notable gaulois qui  construisait à Villenue une nouvelle ferme, grande sans doute, mais en  bois et en matériaux périssables comme celles de ses ancêtres gaulois ?
  Si ma mémoire est bonne, il me semble bien que les premiers moulins à eau n'auraient pas été construits chez nous, avant le début du second millénaire , donc et au mieux autour de l'an mil ( mais on parle aussi de la fin du VIIIe siècle ? ).
 On peut donc sans regret éliminer l'existence d'un moulin qui aurait exploité ici une très éventuelle retenue d'eau. On retiendra simplement la prudence d'un ingénieur romain.
                   

                     De la Montade aux Bois de Droux



     Peu avant le  village des Ages, notre voie antique n'est plus perceptible en tant que telle : elle se trouve sous l'assise actuelle d'une petite route qui fut sous l'Ancien Régime et jusqu'au début du XIXe siècle, route de Rancon à Magnac.

   Dûment rectifiée, elle vient de nos jours terminer son cours au nord, sur la Nationale 145, à l'angle est des Bois de Droux. Ce faisant, elle a abandonné l'assise de la vieille voie romaine dans la montée des Garennes.

   L'antique chemin se repère encore en oblique, traversant le terroir gaulois des Pêcheries (traces d'anciennes mares et d'enclos de tradition gauloise repérables par les placages d'argile en dendrite dus au débordement de leurs fossés au cours de leur comblement naturel) et abordant d'une ligne à peine brisée,  les Bois de Droux.

   Le passage de cette route antique depuis très longtemps disparue, au point sommital de cote 314  aurait peut-être suscité  dans ce passé très lointain,
l'érection d'un monument païen (carré rouge et blanc).
  Le lieu de dévotion chrétien qui lui a succédé aurait abandonné le culmen et de façon très réaliste, se serait établi au plus près mais sur le bord d'une nouvelle route.
  Sans être systématique, le rappel de ces croix de dévotion sur les vieux cadastres ou les vieilles cartes, est sans doute l'écho répercuté jusqu'à nous, d'une vénération populaire aussi ancienne que tenace.
  A la faveur d'une coupe rase et d'un nettoyage du terrain dans les bois de Droux, près de la voie romaine (ci-contre, pointes rouges affrontées), nous avons pu photographier la trace d'un bel enclos de tradition protohistorique (Age-du-Fer) dont nous connaissions le type trapézoïdal para-curviligne pour en avoir déjà observé un exemplaire près d'Azat-le-Ris (site "limousin-archeo-aero" page "gaulois et gallo-romains"). On se souvient que nous en avons découvert un autre  près de la Gare de Thiat.

  Vers Magnac, à la sortie des Bois une faible trace ponctuée par un arbre isolé, rejoint un court lambeau de vieux chemin qui se réduit très vite au-delà de la Départementale 7, à une longue haie filant vers les lieux-dits l'Age et le Mont, à l'horizon de Magnac-Laval.

   Ici finissent nos certitudes et plusieurs années se sont passées avant que nous ne reprenions pour les besoins de ce mémoire, l'étude des clichés aériens appuyée par une courte enquête de terrain.





Les  approches  de  Magnac-Laval
       Fermes  gallo-romaines et terroirs agricoles associés



                           Une photo prise à la volée par le fenestron de l'habitacle.


  Dans  cette dernière partie de notre prospection nous ne souhaitions pas aller plus loin que de  montrer la connexion de notre voie  avec le territoire urbain de Magnac  en espérant cependant du même coup, découvrir quelques traces de  fermes archaïques puisque ce terroir s'est acquis de très longue date, la réputation de meilleure terre à blé du département.

   Donc et puisqu'aucun indice de route antique ne se manifestait de façon formelle, à chacun de nos passages, nous chassions vainement  l'enclos protohistorique et ses fantômes autour des grandes fermes au nom prédestiné : Busserolles (le buis), les Pouyades (la hauteur, le podium), la Vilatte (la villa), les Chenauds (les fossés) . . .

   Au  bas de notre image, à gauche, une grande terre de culture (légère surimpression rouge) dépendant de la ferme de Grangenaud,
nous montrait à chacun de nos passages, le filigrane plus ou moins net d'un système d'enclos rectangulaires inconnu de tous les cadastres.
    Et dans l'angle du cliché, une trace de vieux chemin recoupait à travers un bosquet, un méandre de la route communale qui allait vers Magnac. C'était la route de l'Ancien Régime mais son origine pouvait de toute évidence, remonter aux temps antiques (étoile).

  Et une cabane de berger au milieu des terres (carré rouge) repérée à un autre moment à  basse altitude, témoignait qu'il y avait peut-être là "de la pierre à revendre" : ces cabanes que nous ne comptons plus - et nous en avons encore en réserve -  "bories" ou "gabies" selon les endroits sont de bons révélateurs du voisinage d'une voie antique.      
  Quelques jours après, une autre sortie aérienne nous amena encore à passer  au-dessus de Grangenaud : les enclos étaient davantage distincts dans la grande terre de culture bien qu'ils ne ressemblassent à rien de  connu (cliché ci-dessous).  Le site de Grangenaud ne correspondait toujours pas à ce que nous avions appris jusque-là de la situation des établissements agricoles gaulois.

 
 Le passage par Magnac de la voie romaine de Rancon marquant dans mon esprit comme je l'ai dit, le terme de mon travail, j'avais bien l'intention d'en rester là et de me contenter d'une fin de parcours estimée pour clore mon sujet.
   Mais puisque j'étais là, autant prendre une dernière photo. . . 





 Par le plus grand des hasards et seulement au moment d'archiver la diapositive, mon attention fut attirée sur la parcelle située en haut et à gauche du cliché : je retrouvais là en plus structuré, un découpage du terrain que j'avais déjà observé sur l'oppidum de Villejoubert et sur le terroir de "Les Caux", proche du village de la Chassagne, commune de St Priest-Taurion. Ainsi il s'en était fallu de peu  que ce détail archéologique majeur ne se retrouvât enfoui par inadvertance au fin fond d'un classeur.
   Quant à la grande structure de Grangenaud qui avait attiré mon attention et qui figure au premier plan, dans la parcelle verte, elle est certainement  intéressante car elle est plus vieille que les plus vieux cadastres. Mais à ce stade de mon étude, je n'ai plus le temps ni les moyens de la prendre en compte : un jour ou l'autre peut-être quelqu'un s'en chargera ! Forme primitive d'une grande villa gauloise ?



       L'enquête au sol



      Quelques années et de longs mois plus tard mon enquête au sol commença en toute logique par la parcelle où  j'avais repéré des "petits jardins", disons des hortillonnages ou des "hortus" (pluriel en horti ?) si l'on veut tenter de désigner   une structure jamais encore repérée à ma connaissance et donc jamais nommée en Limousin.

   Revenant sur ma photo aérienne (ci-dessus) on observe une allée centrale sensiblement orientée sud-est / nord-ouest, bien individualisée - une allée décumane majeure - parallèle à 4 autres apparemment. Et recoupant le système, des allées plus petites créaient une trentaine de petits jardins rectangulaires.
   A Villejoubert, pris dans un contexte d'oppidum remontant aux derniers temps de l'indépendance gauloise, j'avais opté pour un aménagement de cette époque en n'excluant pas cependant une influence romaine au vu de la régularité du système.
   Si cet aménagement du terrain relevait bien d'une activité agricole comme je le pensais, une ferme gauloise devait se trouver à proximité.
   Mais réduit aux  seuls éléments que j'avais glanés jusque-là au cours de mon  expérience  aérienne, je n'avais pas une idée très nette des traits caractéristiques d'un site de
villa gallo-romaine dont aucune littérature ne m'offrait d'exemple.

  Au préalable, on observera que notre parcelle en nature de petits jardins, est irrégulière dans sa forme par l'intrusion dans l'un de ses angles, du coin d'une autre parcelle que l'enquête au sol montrera  fortement décaissée avec un paroxysme  d'environ 4 mètres à son point le plus bas (triangle rouge). Le fond vert correspondant grossièrement à l'étendue de l'excavation.Observez bien la limite sud de la parcelle aux hortus, captée à l'extrême bord gauche de ma photo : c'est une petite haie arbustive portant quelques vestiges de vieux chênes et dont le pied est tapissé de fragon et d'orties.  A toute sortes de stigmates   superficiels, on comprend que ce fut une allée, un petit chemin. Au nord, elle est encore bordée en retrait, sur une partie de son cours, par une liseré très fin et très net en légère dépression . 
   La haie prend racine sur le délaissé du chemin communal actuel,comme un court élément de la voie antique venant de Rancon. A l'endroit où elle s'interrompt (cercle rouge avec point central), le passage répété des moutons entretient l'exposition au jour d'un fin pavement très régulier de menus cailloux . L'ancien chemin passe à l'emplacement d'une cabane de berger (figuratif ci-dessus ou ci-dessous, partiellement) qui fut lourdement bâtie en pierre et que l'on devine de l'autre côté du passage.




   En progressant vers l'ouest , il nous apparut très vite que les terres décaissées près de la parcelle des jardins avaient pu servir a aménager et à prolonger une plateforme horizontale de 250 mètres environ, s'avançant à flanc de vallée au-dessus de la rivière : nous indiquons son étendue approximative par une surcharge verte (comme pour la terre qui lui a donné naissance) sur le cliché spécifique de ce qu'il va bien falloir appeler la Villa gallo-romaine du Puy-Parvier : notre cliché au sol de l'extrémité ouest du terre-plein en témoigne.


  En me référant à mon expérience  d'un petit millier d'heures de vol consacrées à scruter le passé de la campagne limousine, je reste sur l'idée de l'existence d'une profusion de fermes gauloises ou gallo-romaines comparativement aux quelques exemplaires connus de plus ou moins belles et somptueuses villas, construites à chaux et à sable par de riches notables.
 
Au delà de l'intérêt touristique actuel et de l'épiphénomène historique, ces villas romaines - proprement romaines - me semble avoir le même intérêt , pour l'histoire des temps antiques en  Limousin, que les quelques châteaux de porcelainiers ou autres chevaliers d'industrie des 2 siècles passés.

 
Car, ainsi prises isolément,
il manque encore à la démesure  de leurs  restes admirés, les signes et les traces - et les strates - de l'environnement humain laborieux qui  a permis leur création dispendieuse et entretenu leur somptueux usage.

 
 Cela dit, continuons  notre enquête !
                


                                   
 Un projet avorté d'allée empierrée pour une villa gallo-romaine
.



   En parcourant le site, je m'étais avisé que  partant de la plateforme de la villa et descendant vers la Brame, le pied d'une haie présentait  à intervalles rapprochés d'énormes blocs de roche. Certains étaient bien exposés, d'autres enchassés dans la végétation, étaient à peine visibles. D'autres encore, avaient manifestement subi une tentative de fractionnement  aux fins de récupération : l'opération n'avait pas forcément réussi. On trouvera un échantillonnage ci-dessus.

  Un autre jour, nous avons décidé d'aborder le terre-plein de la villa gallo-romaine par le bas et nous avons passé l'eau au Moulin de La Vilatte (itinéraire jaune) et suivi des haies en montant la pente.
  Après un parcours de quelques centaines de mètres, une haie se doublait d'un ancien chemin et  élément  nouveau, des  pierres de tout calibre étaient rejetées en marge du passage. En montant la pente, les pierres abandonnées augmentaient sensiblement de volume. Puis le chemin disparaissait et sur le cours de la haie qui le prolongeait,  nous retrouvions les gros blocs repérés quelques jours auparavant.
  La vignette surimposée à l'image synoptique GOOGLE ci-dessous, marque dans la pente, le niveau d'abandon de cet ouvrage de voirie antique.

 On ne peut pas tout dire, on ne peut pas tout montrer, des années  n'y suffiraient pas  cependant : j'ai mis sous  fond rouge  deux parcelles voisines du Puy-Parlier parce-que j'ai tout lieu de penser qu'elles ont été également loties - mais pas forcément à l'identique - en petits jardins. Dans la large région de Magnac, Droux, Rancon . . .  on en trouvera d'autres et d'autres enclos proto. Bonne chance !

   Une longue trace d'origine  géologique possible barre le site du Puy Parlier. Aucun indice n'est visible sur le terrain sauf une très forte cépée de houx au point précis où elle apparaît au bord de la route communale qui file vers Magnac. Trace géologique possible certes mais son manque de continuité au-delà de 5 à 600 mètres et l'absence totale de modelé au sol, rappellent étrangement les grandes circulations matérialisées sur nos clichés et qui semblent bien encadrer le transit des voyageurs dans la proximité de  sites d'habitat gaulois de quelque importance.





   La photo synoptique de GOOGLE ci-dessus marque également l'endroit où disparaissent les rochers cyclopéens et la vignette surimposée décrit les derniers dépôts.
   En pareil cas de disparition d'indices sur le cours d'un itinéraire, notre démarche plusieurs fois décrite, consiste à rechercher à distance un obstacle transversal qui ne puisse être franchi qu'aux prix de travaux relativement  importants.
   La rivière Brame répondait à ce critère et il pouvait en être de même pour le chemin de Puymaud qui occupe toujours une ligne de rupture de pente au flanc nord de la vallée.




                                                 Enfin des témoignages d'un franchissement de rivière


   Notre enquête commença par le chemin de Puymaud en train de devenir une rue à part entière : le passage avait été élargi, le niveau de roulement abaissé et une couche de gravillon compacté était déjà en place.

   Au hauteur d'un coude sur le tracé, les engins avaient mis au jour au flanc nord de la nouvelle rue et sur une dizaine de mètres, une ancienne chaussée soigneusement empierrée (photo 5).

    Au même niveau, notre descente perpendiculaire vers la rivière à la recherche d'autres indices d'empierrement, aboutit à une haie qui avait été le réceptacle de pierres de toutes grosseurs (photo 4). 

  Arrivant enfin sur la rive droite de la Brame, nous  découvrions une étroite piste à vaches qui prenait le haut talus de la rive gauche en écharpe pour aboutir sur une petite bande de rive. 

   S'il s'agissait véritablement de l'accès à un gué, on peut comprendre que la trace d'une très ancienne tranchée, plus marquée, avait pu être totalement colmatée par plus de 10 siècles d'activité agricole.  
 
Car, sur une quinzaine de mètres , dénuée de toute végétation arborée, la berge plongeait dans l'eau en pente douce. Quatre rangs de fil barbelé semblaient avoir été mis là pour interdire au bétail l'approche de l'eau et  la traversée de la rivière (photo 3 ci-contre).
 
La descente avait  manifestement été créée naturellement par les bovins attirés par l'eau :   les vaches savaient !








                                                         Il suffisait de remonter la pente

   Mais déjà il était flagrant que nous nous étions éloigné de  l'axe de notre alignement de blocs cyclopéens qui préfigurait une allée de desserte.
  Il s'agissait apparemment de tout autre chose.

   Il restait à revenir sur les terres du Puy Parvier pour essayer de comprendre.
  A partir de l'emplacement du gué, un coup d'oeil vers le sud nous ramena au jalon monumental d'une cabane de berger construite à mi-pente (photo 2) et que nous avions repérée sans  lui avoir accordé jusque-là autre chose qu'un intérêt anecdotique.

   De là, progressant vers le haut des terres en mettant un peu d'ouest dans notre cap au sud, une longue haie basse  (repère c), s'orientait en position incongrue dans le parcellaire, cette portion étant aujourd'hui encore, utilisée comme chemin agricole par l'exploitant. Plus haut, la photo GOOGLE montre (repère a) une légère rupture d'alignement sur une haie basse, rupture ponctuée par un arbre en boule isolé. 

  Mais surtout dans le lointain voici la courbe en "chapeau de gendarme" de l'ancien chemin du cadastre de 1837; un détail pratiquement disparu sur la haie bordée de pierres cyclopéennes qui l'a remplacé. Et ceci quasiment au pied de la plateforme de la ferme gauloise : un léger incident de parcours qui nous cache un artefact  inconnu.

    C'est du pied de cette haie que nous avions un jour pris la photo (repère 1) de cette longue descente vers la Brame et de la remontée vers Magnac .
   Bien sûr le cliché ne montre rien de ces menus incidents mais il donne l'ambiance : l'antique chemin faisait une longue courbe par la droite vers la cabane qui nous est cachée par les arbres  et au creux de la vallée, le gué sur la Brame est bien sûr invisible.



  Quinze ans plus tard, l'image de GOOGLE ci-dessus - appuyée par le vieux cadastre - corrobore  par des indices d'une grande netteté dans les cultures et les parcellaires, l'idée qui nous était venue de l'examen minutieux du terrain. La photo verticale de l'IGN ci-contre, plus récente encore, montre  l'état actuel des lieux au droit du gué antique sur la Brame : un lieu maintenant aménagé en abreuvoir.

    Revenons à Puymaud !
   A partir de la découverte de la chaussée antique coupée par les travaux de la rue de Puymaud, une enquête de voisinage m'a confirmé qu'un  
chemin avait bien existé en prolongement des restes de pavements mis au jour : le lieu de passage semblait s'être ainsi  perpétué pendant des siècles. Son importance devait être minime car le cadastre de 1837 n'en fait pas état.
   Plus tard, en m'appuyant sur des limites de propriété, il m'avait alors semblé possible d'aller un peu plus loin .
  A ma surprise, la trace ainsi restituée pouvait venir s'aboucher à l'une ou à l'autre de deux saignées qui apparaissaient sur mes clichés dans une prairie contiguë au cimetière. La plus large, en courbe, pouvait davantage évoquer la trace résiduelle d'une voie antique. Je m'étais promis de revenir à Magnac pour voir cela de plus près.

   Trouver le temps,  prendre la décision et  le quartier avait  été entièrement urbanisé : dommage, je ne saurai  jamais la fin de cette histoire !



   Mais où est donc passée  la voie que nous avons suivie depuis  Rancon ? Si comme nous le pensons, l'ingénieur romain avait évité de mener son chantier trop près des ruisseaux ou des ravins, il devait venir passer la Brame non loin de l'abreuvoir aux vaches.

   N'existerait-il pas un autre gué sur la rivière en amont ou même un petit pont  ? C'est bien le cas nous a-t-on dit.
  Sur les documents de l'internet relayés par nos photos verticales  prises il y a un peu plus de 20 ans, des directions apparaissent dans le tissu urbain, guidées par des rues, 
des limites de propriétés, l'orientation de petits détails. Même après deux mille ans d'histoire, rien ne disparaît tout à fait complétement : nous pensons l'avoir montré.

   Depuis Rancon, nous avons fait globalement route au nord avec cependant un soupçon d'ouest dans notre cap : disons globalement, du 350. Au delà de Magnac il n'y a aucune raison pour que notre ingénieur romain ait changé d'avis ! Alors, si le coeur vous en dit . . .  vous en savez assez pour mener à bien la suite de la prospection !
   L'histoire des voies antiques ?    Des idées simples qui font leur chemin !