Jean Régis PERRIN




OBSERVATION AERIENNE AU-DESSUS DE


CHASSENON EN CHARENTE LIMOUSINE :


"CASSINOMAGUS",

une prestigieuse étape routière
gallo-romaine à la campagne.





    

   





CHASSENON ANTIQUE
en Charente-limousine . . .
Cassinomagus,

"le marché des chênes"





RONCOMAGUS et CASSINOMAGUS :
comparer ce qui est comparable


  On s'habitue facilement à considérer le plan antique en damier régulier, tel celui de la ville de Limoges- Augustoritum, comme l'archétype de toute implantation romaine d'envergure.
  C'est sans doute vrai quand le romain se mettait en tête de bâtir en rase campagne un habitat nouveau d'une certaine importance mais cela ne l'était probablement plus quand il formait le projet de s'implanter  dans ou autour d'un habitat existant qui avait déjà pris de longue date, ses aises dans le paysage. Etant bien entendu que nous savons d'expérience, pour l'avoir contrôlé en de multiples occasions, que dans toutes ses  démarches de vainqueur, le romain évitait toute provocation.


   Cela dit, c'est en toute hypothèse, en mettant en parallèle Rancon en Haute-Vienne et Chassenon en Charente, que  quelques similitudes me seraient apparues . 

RANCON en Haute-Vienne . . .  Roncomagus,
"le marché des roches escarpées"



Voir sur ce même site notre page rancon_ antique.xhtml




CASSINOMAGUS . . . CHASSENON (2)



 Des images aériennes qui se voudraient plus descriptives
mais qui parlent déjà

  Chassenon en Charente limousine, "un village bâti sur le dos rassurant d'une colline, bien planté sur la terre et son ciel, un village bâti pour durer et qui durait". . . (Saint-Exupéry) .
  Un village qui conserve d'un passé deux fois millénaire la ruine de trois monuments somptueux : au plus près de nous, sur l'image, les Thermes, les mieux conservés de France dit-on et placés dès leur dégagement, sous des toits protecteurs. Plus loin, le socle blanc d'un Temple octogonal si compact et si solide qu'il a découragé des générations de récupérateurs, enfin et à droite  la fosse envahie par la friche de la cavea d'un grand Théâtre dont les dernières pierres  disparurent quelques années avant la seconde guerre mondiale.

   
Et puis . . . et puis apparemment . . . plus rien ou si peu : jusqu'à un autre regard.

 Une image aérienne ( 2 ) qui est également - par pur hasard car ce n'était pas tout à fait le bon jour -  porteuse de quelques indices cryptés . . . En effet des signes nous interpellent mais dont nous ne percevons que des bribes, quelques traits qu'à force de patience et de contrôles menés sur d'autres terrains, de recoupements en quelque sorte, d'expérience aussi d'une vie campagnarde d'autrefois. . . nous nous efforçons d'interprèter.

 
Voyez-vous des souches de murs transversaux - des lignes doubles - dans la grande parcelle qui va du village de Longeas, à gauche, à la route de Champonger au-dessus ? (point rouge).
   Non ? C'est défendable, ce jour-là des traces étaient à peine visibles !
  Si  oui, vous avez raison. Je crois me souvenir que des archéologues qui ont pu utiliser mes clichés, ont dégagé ici sur la pelouse (petit point rouge ci-contre), des substructions de bâtiments antiques. Des fouilles   

situées au contact des granges du village, vite remblayées et dont je n'ai personnellement rien su.

 Et aurait-on pu rechercher des correspondances entre ces fouilles vite abandonnées et le grand habitat de la parcelle en forme de crosse de hockey, traversée par la voie d'Agrippa à gauche : une domus aux pièces réparties autour d'une cour centrale que je venais de découvrir et que je vous  montrerai plus loin dans cette page.
   Et puisque nous en sommes à parler de ces parcelles proches ou contiguës à la ferme, regardez les traces (les "traulhes" - trajectum) de la sortie des troupeaux repérables à leur déjections.
   Et juste à gauche, la sortie des  engins agricoles qui vont à leur ouvrage, érodant petit à petit la pelouse : un jour où la terre était humide cette même trace moderne sera prise pour un reste de voie romaine !
 

  Des traces encore entre la bizarre avancée de l'esplanade du Temple et la haie arborée à gauche qui nous cache le grand aqueduc, voyez-vous le dessin - en lignes doubles encore - d'un enclos bipartite de tradition gauloise ? (petite étoile rouge)
    Non ? . . . Vous avez sans doute raison : il doit s'agir  d'autre chose
car 
ces enclos n'étaient jamais entourés de murs (comme ici selon les apparences) mais de fossés.
   Nous signalerons plus loin cette structure :  mais voyez en attendant l'
image 2 ( l'enclos est à peine lisible), puis retrouvez-le encore sous  4 moutons en patrouille sur la limite haute de notre cliché  2-1 ci-dessus, et également le cliché 2-2 ci-dessous (étoile encore). 
      
    L'endroit nous le verrons, a été recoupé par les fouilles des aqueducs mais aucun commentaire n'a été formulé.

La circulation naturelle des eaux.

 La grande parcelle en forme de boomerang qui coiffe les Thermes de façon circonflexe et quet nous venons de voir   sur la photo 2  (image souvent composite et changeante), est plus récente car sa version complète  figure à l'ancien cadastre : elle débute et s'appuie à gauche, au bas de notre image sur une courte levée de terre qui nous a longtemps intrigué : c'est un  aqueduc secondaire qui ramène aux Thermes l'eau épurée plus haut.

  Cette longue parcelle occupe un  thalweg asséché en surface comme une légère dépression coudée qui naît et s'allonge du sud au nord entre le Temple et les Thermes.

  Il y a maintenant plus de 10 ans, une analyse par résistivité électrique a montré sans commentaire, la forme étrange, en étoile, qui affecte son sous-sol et qui constitue selon nous, un gîte naturel de rétention d'eau, un réservoir. Et  la simple photo conventionnelle trahit parfois en filigrane, cette présence.

   Il n'est pas jusqu'à la forme de la parcelle coudée qui n'apparaît - sous certains angles ou situations météorologiques - s'appuyant sur les indices  de l'incident géologique !

   Passée la route de Rochechouart ( la D 29) et à son contact même, l'écoulement d'eau qu'elle génère vers l'aval, s'épanche quand il arrive en surface et forme une longue mouillère qui rejoint le ruisseau de Longeas et des Fonts-Chaudes.

  Il fallait une image de la géophysique pour comprendre l'origine de cette zone humide qui alimente le ruisseau, ce qui n'est pas  évident pour ceux qui n'auraient pas idée de croiser les sources de renseignement !
   Voir plus loin les photos 10, 11, 12bis . . .    

 Sur une photo de l'IGN,  un indice semblable s'est récemment montré comme la source du ruisseau d'Epenèdre ( vignette sur cliché n° 10 et plus loin 31). C'est ce dernier constat qui a orienté notre analyse. Voir également et pour plus de détails la photo 12 bis plus loin !
    Ne confondons pas ces signes avec  les "chevelus" d'irrigation ou de drainage que  l'agriculture traditionnelle traçait naguère dans les près de fond pour maîtriser les eaux de surface : "las levadas" en dialecte limousin . . . " lous beseaux" et "le besellage"en dialecte de la Marche profonde.
   Fossilisés, ignorés, disparus, leur rémanence peut être trompeuse - nous le verrons plus loin - pour les jeunes générations d'archéologues qui n'ont ni connu ni étudié, ces vieilles pratiques agricoles. Zonage étoiles bleues.

           . . . . . 


 
Il y a 2000 ans ou presque . . . Cassinomagus. 

    C'était ici une étape de fin de journée pour les fonctionnaires de l'Empire, les légionnaires ou les commerçants, à pied, à cheval, en voiture ...  qui arrivaient de Limoges/Augustoritum, une "mansione", un arrêt important - sur la route Saintes, ( Mediolanum Santonum où ils pouvaient, au besoin,  se reposer durant quelques jours d'un voyage déjà long et difficile.

  En effet et par le cumul de toutes sortes de bonnes  raisons . . . politiques, géographiques, hydrographiques et  venant peut-être à l'appui d'une notoriété déjà acquise, sur cette terre indécise de séparation entre les Lémovices et les Santones, et longtemps après la création de la route de Saintes, le romain avait jeté son dévolu sur le site nommé Cassinomagus pour édifier une démonstration somptuaire de son génie.
   Une opération unique par son ampleur dans cette partie nord-ouest de la cité des Lémovices.  Une opération  probablement sous-tendue par un certain souci "civilisateur".
    Car il était bien là le gaulois, solidement installé bien qu'en ordre dispersé mais encore trahi aujourd'hui par ses infrastructures fossoyées.
  Pour amadouer l'autochtone et faire partager ses bonnes  raisons, le romain avait  certainement formulé de solides promesses :
   -"ça va créer de l'emploi, des tailleurs de pierre, des carriers, des maçons, des charretiers, des chauffeurs de fours, des gardiens, du personnel de service . . . et tout ces visiteurs qui vont vouloir boire et manger !  Vous allez devenir riches ! "

  
   On imagine assez bien ce que fut l'enclos monumental de Chassenon : les photos ci-dessus (2) en montrent  les beaux restes.  
   Au premier plan, les Thermes antiques précieusement protégés depuis leur mise au jour. Les érudits des derniers siècles y voyaient le palais d'un grand personnage. Depuis très longtemps, les habitants de Chassenon connaissaient ici des entrées mystérieuses qui s'ouvraient au pied des ruines enfouies sous la végétation. En l'absence d'un nom plus précis, on parlait alors de "longues caves" : las cavas longeas en dialecte. Et Longeas serait ainsi devenu un toponyme.

  Plus haut, le socle octogonal d'un Temple : le "Montélu", en dialecte local c'est à dire le "petit mont", le "monticule".
 

 Le Montélu . . . certains y ont vu un temple dédié à la Lune ! Mais, ne leur jetons pas la pierre : il arrive parfois que la tentation de l'érudition nous incite à nous surpasser ! Ecoutez plutôt :
". . . lu pitit pringué soun pitit mantélu . . ."
 . . . l'enfant prit son petit petit-manteau . . . (vieux conte enfantin)).
  En fait, le diminutif occitan "élu" se retrouve en français dans agnelet, ruisselet, coquelet . . et autre vaguelette . . .


   Enfin, à gauche, le trou en friche de la cavea (les gradins) et de la scène d'un Théâtre antique : "Las Arènas " ( vocable local postérieur à l'an mil probablement) qui devint  "L'Arènas" par élision de l'article et finalement "La Léna" sous la plume d'un géomètre de l'ancien cadastre qui n'était pas d'ici et qui parlait pointu.

    Contrairement aux gens du cru qui, il y a moins d'un siècle, parlaient encore comme on n'écrivait pas !

Ces terres sont également désignées par le toponyme "Les Ultaux". Alors là, je reste coi !


Chassenon et les apports de
l'observation aérienne


   En quelques années, sur ce fonds connu de haute mémoire, l'observation aérienne a ajouté ses images non équivoques:

 
   .   à l'autre bout de l'agglomération, à l'ouest, sur les terres agricoles des Coutis et des Près de Roby et suite à des trouvailles anciennes de puits à eau domestiques  . . .  nous avons trouvé des rues. Une courte rue décumane (est/ouest) d'abord vite recoupée par la longue ondulation d' une rue cardinale (nord/sud) principale. Deux autres cardines s'ébauchent à droite et à gauche. Ces rues fossiles sont cantonnées de traces appartenant à des fondations de maisons ou d'échoppes (photos 46, 48, 49 . . . plus loin).
     .   A ces découvertes, il faut y ajouter la domus (grande maison) de l'Aubard (clichés 17 et 18 infra) que nous aurions tendance à interpréter comme une tabernae (taverne) de luxe à peu de distance de la via agrippa.
 
     .  D'autres structures sibyllines ont été démasquées dans la parcelle triangulaire des Acacias (ph. 58 ), rue des Combeaux.


     .  Une longue partie de la façade courbe de l'ancien Théâtre ( photos 3,59,60) a révélé le passage du déambulatoire périphérique sur lequel s'abouchent 3 vomitoria (escaliers) qui donnaient accès aux gradins . . .
 
     .  Une place doit être faite aux traces plus ou moins fractionnées de la circulation  périurbaine de ces hautes époques.
   Des traces qui s'inscrivent cependant dans une continuité de bon aloi grâce aux
enseignements et aux critères que nous avons appris à reconnaître ailleurs mais qui accèdent ici un degré de certitude qui n'avait jamais été atteint par les moyens classiques, sur le long interfluve entre Vienne et Graine,  qui porte Chassenon. Dans cet espace au long cours,  des amorces de voies nord-sud sont présentes et ne demandent qu'à être prolongées.
    Notre vicus antique accède enfin de visu, au tout début d'un statut de noeud routier sur la grande voie d'Agrippa des origines.


   
Mais il arrive également que certains esprits intrépides que rien n'arrête et surtout pas l'inexpérience, bâtissent des réseaux mythiques qui empruntent à toutes sortes de vieilles rumeurs et idées mal charpentées : 

       certaines natures  peuvent faire de l'histoire avec  du vide !


   Deux destins pour un même résultat. Maintenant, Chassenon et Rancon ressemblent  simplement à un village limousin.
   Dans quelle mesure Chassenon-la-gauloise   fut-elle marquée par une histoire romaine qui semble s'être déroulée sans elle, sur sa périphérie et le petit noyau d'habitats antiques des Coutis nous apparaît encore bien mince ! Le vicus (bourg) ne trouva semble-t-il jamais le grand destin que les aménagements somptueux des romains auraient pu lui  faire espérer.

  Chassenon survécut chichement aux fastes de l'époque romaine et nous n'avons qu'une idée très vague de ce qu'elle fut au pied de ses monuments . . . mais c'est précisément ces restes de monuments que l'on commence à sonder.
  





     Car, après des fouilles comme une sorte d'inventaire, on espère que seront remis  au jour (cliché 3) et valorisés ces pans de murs tout juste entraperçus dont l'appareillage somptueux nous coupe le souffle.
   Hors les Thermes - les plus beaux de France dit-on - on réhabilitera probablement ces niches en culs-de-four qui soutenaient l'esplanade du Temple ouverte au soleil levant, on redécouvrira au-delà de l'incroyable sophistication des Thermes, les subtilités de leur alimentation en eau qui sont encore l'objet de toutes les suppositions . . . en attendant les lumières d'un hydraulicien .
  Et, puisqu'il n'en reste rien, on pourra au moins imaginer l'emprise du  grand Théâtre dont nos images donnent sur un peu plus de 50 mètres, le fragile aperçu  du fantôme de son déambulatoire périphérique sur lequel débouche encore la trace de 2 voire 3 vomitoires qui donnaient accés aux gradins.

     Le passé a probablement de l'avenir.



Sur la route antique de Lyon à Saintes,
voie médiane de la Gaule chevelue :

l'étape de Cassinomagus .  

 






Aspects fondamentaux du tracé des chemins médiévaux
confrontés aux vestiges de la  voirie antique (4 et 5)


Les mares et les micro-parcellaires (5) :
des témoignages  d'une occupation agricole gauloise
.




N B : le franchissement des restes de la haute chaussée romaine par le chemin médiéval , s'est effectuée dans un fort sillon creusé dans le massif pierreux. De cette traversée il nous restait il y a encore quelques années, une fondrière colonisée par les orties. Nous avons  ainsi et depuis longtemps remarqué la présence de certaines essences végétales qui manifestent de façon constante de subtiles affinités avec l'assise arasée des très anciens lieux de passage, mais ici, dans sa pérennité deux fois millénaire, le phénomène nous étonne toujours autant.

              Nous indiquons d'une double flèche, en marge droite de notre cliché, la bifurcation qui affecte à cet endroit la voie d'Agrippa. Nous allons  étudier prioritairement la branche sud (renseignée Ag 1) comme la plus impliquée à ce stade, dans  de multiples structures  archaïques, d'aménagements liés à la présence des monuments romains et de traces de voirie tardive. Nous reviendrons en temps utile sur cette parcelle des Fonds, pour étudier la branche nord de notre voie.

          La présence de mares sur la cote 235 -  manifestation semi-naturelle aménagée qui semble bien (selon notre expérience) accompagner les temps de l'indépendance gauloise  mais  dont la pérennité n'est plus assurée - témoigne sans doute au jour le jour, du niveau de remplissage des réserves hydriques : la cote de la source de Londeix leur est  à peine inférieure. A rapporter à la cote 261 - culmen local à 750 mètres d'ici - sur la voie romaine entre La Gasne et Machat : photo précédente 4.
 Le tout à mettre en regard - dans l'optique de la captation des eaux au profit de l'alimentation des Thermes - avec la cote 221, niveau supérieur de remplissage du "château d'eau" que constituent les citernes de Masfrand dont nous parlerons plus loin  (21).

            N B : A noter sur ce même cliché des restes que nous avons pris - au début - pour une culture en billons fossilisée.
Les limites parcellaires et les chemins sont présents au vieux cadastre, remontant à une époque indéterminée . . .
    Trop tard, un drainage  vient de tout effacer  (photo 5).
   Nous nous consolons facilement en pensant qu'il s'agissait probablement et tout simplement, d'andains de fauche récents laissés en place.
 




 Perspective chronologique sur la voirie
et  divers autres indices
à l'approche de Cassinomagus,
clichés 6 et 7.


   La branche sud de la voie romaine d'Agrippa - notée plus loin Agrippa 2, sans aucun souci de chronologie - est  bien marquée dans les terres par ses bas-côtés plus sombres.

 Bientôt elle  décrochera en altitude de près de 10 mètres; elle va ainsi franchir une dépression sèche (flèches rouges). Un lit fossile qui ne conduit apparemment pas d'eau de source, au point que nous suggèrerons plus loin qu'il ait pu être aménagé par les romains comme tranchée routière pour la voie de Pilas.
   Puis la voie remonte sensiblement en traversant (étoile rouge) un site de carrières qui lui est sans doute postérieur.

  Nous la verrons réapparaître dans une prochaine image, à la Croix de Longeas.


              Le contournement d'un habitat gaulois

    A partir d'observations multiples de voies antiques dont certaines étaient axées vers des zones  habitées où n'auraient pas manqué de se présenter des conflits d'intérêt, nous avons constaté et ainsi appris que le romain pouvait réorienter à distance 
son projet routier ou même et au dernier moment, effectuer un brusque écart . . . pour éviter toute provocation.

  On remarque que le chemin  de l'antiquité tardive (en jaune) qui  aurait succédé à la voie précoce d'Agrippa,  se signale lui aussi, par un déperchement de même nature quoique moins prononcé : raisonnablement, on pourrait penser à la pérennité d'une même cause (6 et 7, rappel).
  Ici, il s'agissait, pour l'ingénieur romain prudent,  de contourner des habitats gaulois dont les traces (évidentes pour qui  a l'expérience de scènes semblables) seraient une nouvelle fois, à l'origine du phénomène que nous venons d'évoquer ci-dessus : le "pré gaulois" (coin inférieur droit du cliché 6) et son éventuelle extension diffuse vers l'est, trahie par des cheminements  que nous matérialisons par des flèches orangées.

  Plus tard encore et strictement axé cette fois sur la ligne de crête, un cheminement dont témoignent les cadastres contemporains (le chemin de Chassenon à St Auvent donc), renverra dans l'histoire ancienne l'essentiel de ces grands chemins d'avant l'écriture, essentiellement parce-que la cause et donc le besoin du détour avaient disparu.

 Faisons un saut dans le temps. Passée la longue Paix romaine, la déliquescence d'un état centralisé laissa finalement  place à des pouvoirs locaux incapables de juguler l'anarchie et  de s'opposer à des calamités généralisées.  

  La grande voie d'Agrippa fut progressivement abandonnée et entra  dans l'oubli et la ruine sous la friche et les prédateurs, avides de ses éléments nobles et de terre agricole gratuite.
 
   Ce furent les siècles sombres du Haut-Moyen-Age, une piste s'instaura allant vers l'est, s'alignant au mieux sur la ligne de crête absolue (cliché 6, flèches jaunes ponctuées).
   Ce fut pour de longs siècles, le chemin de Chassenon à St Auvent.


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St Auvent

   Simplement St Auvent . . . car pour la plupart des gens de cette époque, que serait-on allé faire plus loin par une route maintenant ruinée par l'incurie; une chaussée crénelée d'ornières et de gros cailloux, partout aussi difficile et quasi disparue.
 
  Rochechouart  n'existait pas encore mais il y avait depuis longtemps du monde à la Pouge et une villa dit-on non loin, à Biennac. Les seuls obstacles pour aller à St Auvent étaient alors  une grande forêt avec en contrebas,  le profond ravin du Gorret qui défendait l'accés à un  vieil oppidum gaulois.

   Au milieu de cette fortification, surélevé sur son esplanade, un gros village qui deviendra St Auvent. Bâti en bois et torchis vers la fin de l'Age-du-Fer et de l'indépendance gauloise, il n'aurait à notre connaissance, laissé aucune trace palpable de son origine gauloise - en tant qu'oppidum - mais nous lui accordons volontiers un prolongement de  vie active à l'époque gallo-romaine.

  Une vie ardente sans doute que trahissait  un long diverticule en anse de panier, qui le reliait à la voie d'Agrippa et qui reproduisit en son temps les schémas romains, de plus en plus nettement typés vers l'ouest.


 
Ce simple constat qui remet bien des choses en place, est  à porter au crédit de l'étude des documents aériens.

  Mais il suppose aussi et surtout une  lecture décomplexée du paysage historique ambiant en évitant de s'enfermer dans les options d'une tradition érudite 
éternellement reconduite , en écholalie.

Même site : page "du Queyroix à la Pouge-Périgord", paragraphe "le diverticule gallo-romain de St Auvent".

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A noter encore sur ce cliché (6), accolé à la voie dans son approche de Chassenon:
 
   .  un enclos très fruste de tradition gauloise probable (autre cliché agrandi dans une vignette cadrée de rouge),
  . une longue dépression topographique  cantonnée entre de grosses haies et dont le fond apparaît largement tapissé de placages   tels des dépôts  de colluvions argileuses. Un départ sur tête de source axiale semble exclu (voir également cliché 8) , ce serait un ravin sec (bis) et nous suggérerons qu'il ait pu conduire vers la Graine, une voie émanant du Pont de Pilas. Sur ce versant nord de la Graine, non prospecté au sol, ce n'est pour l'instant qu'une indication de recherche.
   Ce serait la "tranchée routière de la Grande-Pièce".  Nous  reviendrons  sur ce problème en fin de page.

   . Au bas de notre cliché 6, proches de la version 2 de la voie d'Agrippa, deux structures orthogonales imbriquées  que nous retrouverons  plus loin sur les clichés 7, 8 10 et 11 et qui se situent  à peu de distance du prolongement final (trace d'humidité puis haie arborée) de ce que l'on connaît actuellement de l'aqueduc principal de Chassenon (photo 7, près vignette cadre bleu).
   Cet indice d'une possible interruption de l'ouvrage sera confirmé 10 ans plus tard, par les analyses géophysiques de Cécilia BOBEE.
   Un élément de circulation de moyenne ampleur (?), longe une face de la plus grande structure (flèches orangées).

   .  et par report de trouvailles faites en sous-bois, un aqueduc dont la voûte se serait écroulée (?) en vis à vis d'une petite mare  (barrette et point bleus, photo 6, en bas, à droite), de part et d'autre d'une clairière, au-dessus du "pré gaulois" et  que nous avons relevé il y a très longtemps, en prospection au sol.

    Ces derniers indices,  isolés, n'ont pas été repris par les études archéologiques récentes du site.

 


                                               
               Les Plaines et le Caillou-Blanc (ci-dessous 7 )
           (même site sous un autre angle)


On remarquera encore :
   . A la sortie du bois du Caillou-Blanc, une bifurcation sur  la ligne de crête, notée en jaune  : c'est l'ancien chemin de St Auvent à Chabanais  par le Val de Graine (cartouche de gauche, noté en noir, ci-dessous photo 7) qui se sépare du chemin de St Auvent à Chassenon (en jaune). Leur origine pourrait être antique mais  leur usage s'est prolongé jusqu'aux derniers siècles. 

   . Deux indices d'enclos (ou de tout autre édifice antique voire même protohistorique) au tracé orthogonal, imbriqués figurent  en discordance d'orientation : déjà signalés au paragraphe précédent et susceptibles d'être pris en compte au chapitre des "sources" de l'aqueduc (bas de l'image 6, sous la ligne à haute-tension, bis repetita).

 
On aura remarqué que ces derniers indices, observés lors de conditions météorologiques en évolution et/ou dans une configuration changeante de préparation agraire des sols, apparaissent sous des aspects discordants sur l' image de fond et le cartouche elliptique : ici une trace vert foncé témoigne à un moment donné d'une remontée d'eau qui devient à un autre moment, une ligne claire asséchante.  Alors fossés ou soubassements de murs ?
 
 En photo  8, nous avons à nouveau souligné la présence de ces structures.

    

Une voie vers le sud
venant du Pont de Pilas

(Carte IGN, série bleue, 1931 ouest, 1/25 000)
Sud-sud-est Chassenon


  Enfin et pour tenter de ne rien oublier, quitte à revenir sur le sujet à la fin de cette page, nous faisons figurer sur un axe nord-sud la voie précoce du Pont-de-Pilas, flèches rouges surchargées d'un point blanc (photo 6 ci-dessus, 6-1 ci-contre,
 6-3 et
6-4 ci-dessous,  et chapitre à venir).
  Enfin démystifiée grâce à la contribution de Laurent PELPEL, qui a reconnu sans ambiguité la base de trois piles de ce pont antique sur la Vienne révélant de ce fait l'emplacement indiscutable de la culée de rive gauche.


 Grâce à cette localisation précise de l'axe du passage d'eau, la présence  de la voie a pu être reconnue exactement sur la première partie de son parcours. 

 
Remontant la pente, on peut désormais suivre l'ingénieur romain qui va recouper à la perpendiculaire, la ligne de crête qui porte le chemin médiéval (ou de l'antiquité tardive) de Chassenon à Chez-Raymondin (incidemment, photo 11, cadastre actuel).Mais à partir de là, la suite est plus problématique.

  Après la ligne de crête qui porte le chemin de Chez-Raymondin, une traversée de labours porte  de
vagues apparitions espacées dans le temps (IGN) .
   Un vestige de bâti isolé en pleine terre et d'orientation conforme, existe près de cet axe.
   Puis après la D 29 actuelle et toujours vers le sud, vient une remontée jusqu'à la seconde ligne de crête des Plaines et du Caillou-Blanc.
   A peu de distance on croise la voie d'Agrippa   et une nouvelle pente se poursuit vers la Graine  ponctuée par le passage près de Champonger (traces d'habitats) puis au nord du Château de la Brousse. Plus loin, deux toponymes évocateurs figurent au cadastre de 1833 : la Planche puis Les Chevades.
 

    Ce tracé aurait ainsi pu emprunter la longue dépression qui figure ci-dessus et qui borde les terres de la "Grande-Pièce". Elle ressemble étonnemment à un lit de ruisseau, cependant elle n'est pas  répertoriée comme tel  par l'IGN. Ce serait plutôt un ravin sec qui ne rassemblerait qu'épisodiquement des eaux de ruissellement, vite épuisées par les fossés latéraux d'une voie antique : nous reviendrons sur cette idée dans le cours de cette page. 

   Il pourrait de plus, exister une bifurcation à l'entrée de cette tranchée routière  illustrée par notre photo 6 : l'ancien chemin de St Auvent à Chabanais  pourrait en être le second élément qui orienterait l'assise antique d'une branche de voie  rejoignant la voie de l'Aubard, photo 6, en haut, à droite.
 Les terres des Ecrotas ou des Quartiers pourraient avoir été le lieu d'une jonction entre ce diverticule présumé de la voie de Pilas, aux voies antiques filant vers Fougéras et 
Fonceverrane d'une part et à la   Chauffie d'autre part que nous décrirons ci-après photos 18 ter et la suite.

  Ci-dessus un extrait de verticale IGN de l'an 2000 qui ne disqualifie aucune des deux thèses.

   Mais faute d'être allé sur le terrain en temps utile, cela ne constitue pour nous, qu'une orientation de recherche  que je lègue volontiers à celui qui s'intéressera un jour, au noeud routier de Chassenon (repérage par flèches rouges ponctuée de blanc - photo 7).

 
   Remarquons à nouveau la logique de notre proposition qui prend son origine dans
la  redécouverte en toute certitude des piles du pont antique
   par  les observateurs des "Amis de Chassenon".

   Sur ces même versants de rivières qui nous occupent, l'option de l'archéologie savante  traverse le terrain en ligne droite raide comme une hallebarde,  ne faisant aucune place à la doctrine des routiers antiques, et ne s'encombrant d'aucun souci topographique, ni  d'aucune préoccupation  de bel ouvrage.
Cette élucubration
que rien ne justifie, occupe désormais un rang frelaté dans un contexte . . . qui méritait mieux !
 
Nous donnerons plus loin notre vision du chemin tardif du Gué de Pilas (à ne pas confondre avec la voie du Pont).
   


Documents pour la voie de Pilas vers le sud :
le passage de la Graine au Moulin de la Brousse.



   Les documents ci-dessous apportent une crédibilité accrue au thalweg de la Grande-Pièce reconsidéré
en tant que tranchée routière livrant passage à une voie issue de Pilas.

   Après la tranchée routière présumée de la Grande-Pièce, le site du Château de La Brousse est contourné par l'est et la voie file vers la Planche du Moulin.
   Plus bas, après le lieu-dit Les Chevades, l'itinéraire pouvait  passer dans l'ouest de La Judie et rejoindre une convergence routière à l'est de Fonceverrane où nous situerons dans le cours de cette page,  le passage de la voie antique issue de Chassenon par Fougéras. (Cartes IGN série bleue).






Nous reviendrons en fin de cette page, sur le cours de la voie de Pilas entre le passage d'eau sur la Vienne retrouvé par les "Amis de Chassenon" et son voisinage avec les  diverticules de la  Voie d'Agrippa


Revenons à notre propos : le cours de la  voie d'Agrippa
au sud de l'espace monumental.




Plan général sur le massif des Plaines et du Caillou-Blanc (cliché 8).


  Coin supérieur gauche du cliché : le village de Champonger. Devant le hameau, sur le versant exposé au nord du thalweg présumé routier, on devine des traces d'enclos quadrangulaires ainsi que des zonages tantôt arides, tantôt humides : ce type d'indices est fréquent sur des terroirs ayant supporté des  habitats et/ou des activités agricoles de tradition gauloise (astérique vert, cliché 8). Ils s'accompagnent souvent de nombreux macules, généralement de petite taille : les "sols tavelés".
  Observés à cette distance, il faut être prudent quant à la pertinence de ces indices. Nous n'avons pas  visité ce site en rive duquel pourrait transiter la voie du Pont-de-Pilas (voir ci-dessus).

   

Indices fondamentaux concernant l'origine  des voieries :
incidence des  zones d'habitat sur les tracés.



    Au centre du cliché se déploie le tracé sud de la voie d'Agrippa, de Limoges à Saintes par Chassenon. L'ancien chemin de St Auvent à Chabanais déjà évoqué, la recoupe et plonge vers la vallée de la Graine  ( terroirs des Quartiers et du Clos-Beaudut : voir plus loin).

  A noter encore : 
             - au premier plan,   le chassé-croisé du chemin de Chassenon à St Auvent (d'après les cadastres) avec les restes de la voie romaine d'Agrippa, signalé par des pointes de flèches rouges. C'est une image fondamentale où la contorsion d'un chemin d'origine médiévale (ou plus tardif encore mais toujours présent dans le paysage) révèle la présence (visible ou non) d'une  voie romaine dont il est grossièrement issu : c'est le tracé en baïonnette, amortie par l'usage séculaire. A voir plus loin, dans le même esprit, le contournement par le sud de Chassenon  sur le cliché 29 : baönnette très, très amortie, mais néanmoins décelable.
            -   la zone de carrières (étoile rouge) et  en plan lointain, par anticipation, le carrefour fossile médiéval ou de l'antiquité tardive, de Longeas (étoile verte, liseré rouge).



          Révélation d'un aqueduc (synthèse)
(toujours cliché 8).


    -   Enfin au bas de notre image un petit cercle interrompu rouge signale quelques macules et une petite zone humides : ce pourrait être des puits d'évent potentiels d'un hypothétique passage de l'aqueduc souterrain destiné à alimenter les thermes.
   
  Et en haut du cliché, à droite, derrière le hauban de l'avion, un grand cercle rouge interrompu contient (repérés en bleu), les indices  - repérés au sol et pris en compte par les archéologues -  de la présence non équivoque de l'aqueduc  :  affleurement en dos-d'âne d'une voûte (pointe de flèche bleue) et effondrement de voûte
(barette bleue) en sous-bois.

  
    Il ne faudrait pas négliger pour autant en approchant du village, la marque très nette - mais difficilement exploitable à cette distance, je vous le concède - de la présence du mur-bahut qui va supporter les arches de l'aqueduc traversant le vallon de Longeas (flèches rouges ponctuées de bleu, en opposition).
    
 Puis revenant vers les origines de l'adduction d'eau, par observation aérienne sur sol nu :  le prolongement déjà évoqué, de ces indices par une trace humide diffuse (apparente sur le cliché 7 dans les terres des Plaines) et par une ligne d'arbustes.
 Quelques années plus tard, le dessouchage  a provoqué à son endroit, la réapparition des indices humides.

Par défaut de curiosité, méconnaissance ou excès de conformisme . . . ces nuances n'ont pas été évoquées
dans les travaux de l'archéologie traditionnelle.
Dix années plus tard, les travaux de l'archéologue Cécilia BOBEE  valideront ces remarques. 
 

    Il pourrait apparaître plausible de rattacher à ces détails d'hydrologie, les deux enclos orthogonaux, superposés en discordance d'orientation qui figurent au-dessus mais à très peu de distance de cet axe (à-plat vert et à-plat bleu en superposition décalée).
 



   Fluctuations d'aspect des sols et gîtes de rétention d'eau.
 ( cliché 8 )

   Enfin deux gîtes naturels de stockage d'eau apparaissent dans le paysage avec leur structure en étoile et d'autres encore qui présentent un faciès moins typé (plus loin à l'est, dans les terres du Bois-Chalat), apparaissent assez fréquemment selon les circonstances météorologiques.

           -  En effet, dans la partie inférieure droite du cliché on observe sur des labours, de larges regains herbacés déclenchés par des remontées d'eau. Ces traces de fracture s'organisent de façon radiale autour d'une zone centrale qui fait penser à un point de percussion (?).  

    Dans l'optique connue de la chute d'une météorite, nous pourrions avoir là les restes profonds de micro-impacts, abondamment pénéplanés, nivelés et abaissés : ces réseaux de fissures ou de fractures  peuvent sans doute avoir atteint des couches imperméables à une certaine  profondeur. Ces sols fracturés et fracassés constitueraient des gîtes de rétention d'eau. Epars sur tout le massif,  leur ensemble est probablement affecté de nombreuses connexions. Et à leur aplomb, par percolation, l'eau  qui aurait  migré vers les couches profondes du sol e
n périodes de pluies, serait tout aussi bien capable dans le cours d'une sécheresse, de remonter vers la surface par capillarité dans les broyats de roches.
    Après épuisement des réserves, ces plans de fracture  se montrent alors comme des zones arides. En effet, quand la réserve d'eau diminue et que les niveaux sont  profonds, les cheminées capillaires subissent un rétreint important et parviennent au sol comme d'étroites lignes vertes à peine perceptibles. Elles ne tardent pas à évoluer en lignes claires d'assèchement des terres puis à disparaître dans l'aridité ambiante.


   L'observateur aérien remarque ainsi de façon constante la similitude des effets entre les micro-perturbations d'origine humaine liées aux voies romaines et aux fossés gaulois   et ces restes de bouleversements géologiques. Voir également les images suivantes.

La recherche de l'eau :
mythes et réalités


   Le système de rétention d'eau que nous venons d'évoquer en bordure de la Départementale 29, montre ici sur une culture de céréales (photo 10), son haut niveau de remplissage. La percolation des eaux de pluie au droit de la "cheminée centrale" est à l'origine d'une zone déprimée qui marque ici l'origine d'un petit synclinal où naît le ruisseau d'Epenèdre. Avant d'atteindre la Vienne, celui-ci animait autrefois à mi-pente, un petit moulin fonctionnant nécessairement par éclusées.  
   La photo suivante  (11, à droite) montre la réduction de ces mêmes indices de  remontée hydrique au cours d'une période de sécheresse (fluctuation saisonnière).

   Notez  :
      .
  l'extension des phénomènes (photos  10 et 11  ) est visible  en deça et au-delà de la route : ainsi, l'aqueduc aurait-il pu en son temps, prélever de l'eau dans  les aquifères de la zone fracturée mise en évidence ci-dessous et dans les multiples autres, à peine plus lointains, qui  affectent l'ensemble du massif des Plaines, du Caillou-Blanc et du Bois-Chalat.
 
   En 2007 et sur cette petite zone, des études géophysiques approfondies de Cécilia BOBEE ont en effet confirmé
                  - un champ d'anomalies trahissant la présence de ces nombreux aquifères
                  - et fixant ici
comme nous l'avions observé de visu quelques années auparavant . . . la limite au-delà
                    de laquelle disparaissaient tous nouveaux indices relatifs à une présence d'eau impreignant les vestiges  
                    d'un aqueduc rampant dans le sous-sol.
 
   Devant cette réalité doublement constatée,  pourrait-on comprendre qu'en ce point précis l'aqueduc,  dans sa progression vers l'est,  serait venu s'engager dans un substrat rocheux coupant dorénavant toute migration capillaire de l'eau vers la surface, expliquant ainsi l'extinction des indices ?  Repères pointes de flèches bleues : 1, 2, 3, 4, photo 10 ci-dessous.
 
Apprécier également les structures quadrangulaires superposées en discordance d'orientation qui figurent sur cet axe.

  Enfin dans les terres de culture qui bordent au nord  la départementale 29 ( le Grand-Chemin, le Bois-Chalat), j'avais repéré, il y a très longtemps, de longs plans de fracture dont l'image évoluait, ainsi qu'il a déjà été dit,  en fonction des circonstances météorologiques. 
 
A l'époque
, la recherche de sources conventionnelles plus ou moins lointaines accaparaient exclusivement les esprits. Ces indices ne m'avaient pas paru  valoir une photo : je le regrette. 

    Ainsi le modèle classique de l'aqueduc souterrain allant collecter à longue distance, des sources ponctuelles pourrait - en tout ou partie - être modulé.

  .  
En l'an 2000 (Terra Nova), une étude géophysique des sols   a montré  un semblable phénomène d'hydrologie en étoile entre les Thermes et le Temple du Montélu : le micro-phénomène qui n'a semble-t-il aucun lien avec l'hydrologie fonctionnelle des Thermes, n'a pas fait l'objet de commentaires (cliché n° 31 et vignette sur photo 10 ). 
    Il s'agit là aussi, d'un petit synclinal  qui ne donne 
en surface et sur place  aucun signe d'humidité  mais, passée la route de Chassenon (D 29) et avant le ponceau du chemin des Arènes, il déclenche l'apparition d'une zone fortement hydromorphe
   Avec l'apport en eau minime du ruisseau de Longeas - qui passe sous l'aqueduc des Plaines, puis sous la D 29 avant d'arriver là -  il s'agit de la ressource principale en eau du ruisseau des Fonds-Chaudes (repère étoiles bleues).

   Les photos récentes de l'internet montrent qu'une mare bénéficiaire de cet aquifère en étoile, a été creusée non loin des Thermes et pratiquement au contact de la D 29. 
 
   Ces arrivées d'eau convergentes enserrent une légère surélévation de forme paracirculaire qui tranche sur l'environnement par un sol aride plus clair : c'est un bec de confluence.

  

    Voir plus loin notre mosaïque verticale n° 30 : petites étoiles bleues.   

   S'agissant toujours de l'alimentation en eau des Thermes et  de la géologie très particulière de "notre vieux socle hercynien", il serait en effet  réducteur d'invoquer seulement  des captages de "sources" situées au diable-vauvert : Londeix, Fonbouillant . . . voire La Pouge au-delà de Rochechouart, à 8 km de là !
  Voici comme  une alternative à cette  absence de solution, un aperçu sur l'un des  3  aqueducs, creusés sous une  colline de roche  en voie d'arénisation, qui alimentaient autrefois des fermes dans la périphérie de mon village, non loin de Limoges.
   En 200 mètres de galerie, (ou à peine plus)  et au plus fort d'une sécheresse d'été, des zones fissurées (photo médiane, dépôts noirs) et un plan de fracture stabilisé par un mur perméable (non représenté) délivrent une eau  abondante dont le niveau - à quelques dizaines de mètres de sa sortie au fond d'un puits de visite - dépassait largement ce jour-là la cheville du personnage qui essaie de se garantir ici d'une inconfortable fraîcheur .
  Tombé en désuétude, ce réseau  traverse  à distance, d'anciens  bassins, cressonnières et autres abreuvoirs. Et 
l'exutoire final  nourrit encore des fondrières dans un chemin creux.


 

La "patte d'oie" des Fonts-Chaudes,
ou l'évidence d'un trivium antique.


   .  Enfin, et pour changer momentanément de sujet en conservant les mêmes clichés, voici le cadastre actuel de Chassenon, en surimpression d'une photo IGN (fig 11), qui nous montre une longue et étroite lanière de parcelles accolées à la Départementale 29 (succession de "ronds rouges").

    Ces parcelles très allongées sont probablement le  reliquat probable du "recalibrage" a minima de cette route survenu dans un passé indéterminé : peut-on imaginer que la collectivité aurait un jour jugé dispendieux et  donc inopportun de conserver la large emprise que ce lieu de passage avait hérité de l'époque antique ?

   L'ancien cadastre de 1833 (vignette sur photo 10) montre que cette réduction aurait pu s'étaler dans le temps : la réduction de la largeur d'emprise n'a pas encore atteint la "patte d'oie" des Fonts-Chaudes.

 
  Il n'y a guère que les vieilles chaussées romaines profondément et solidement empierrées - conservées par hasard durant des siècles  sur de courts  passages -  pour présenter une telle résistance à la mise en culture.

   Ici le vieux cadastre nous montre une route de largeur inaccoutumée, aboutissant à une bifurcation trop bien "dessinée" pour remonter simplement à l'Ancien-Régime : on peut raisonnablement  penser que l'on se trouve dans le contexte romain d'un "trivium" antique.       

     Ces remarques marquèrent pour nous une  forte présomption puis finalement la prise en compte totalement assumée, d'une branche nord de la voie   d'Agrippa (Ag 2) se séparant  du tronc commun à hauteur de la pièce de terre des Fonds (voir plus loin, cliché 44).



N B : Vignette du cadastre de 1833 (en haut, à droite, ci-dessus).
         Notez la largeur de la voie conservée localement, à son arrivée sur le trivium antique et la récupération en terre agricole sur le
         cadastre actuel (photo suivante 11, points rouges).

                              Un trivium antique

   Le terme latin trivium  est  connu dans la littérature antique au même titre que quadrivium (le carrefour)  mais - à ma connaissance - l'un et l'autre  n'ont jamais couvert dans nos régions, qu'une idée virtuelle et passablement floue.
  Aucun vestige ni aucune image ne sont jamais venus nous montrer la réalité tangible de ces aménagements souvent pourvus entre leurs branches, de diverticules de liaison courbes, plus ou moins longs et qui permettaient au voyageur de changer de direction sans être obligé d'aller passer au point de concours géométrique du dispositif routier.

   Une figure d'école montrerait les voies comme le croisement des deux diagonales d'un losange curviligne dont les côtés seraient les itinéraires de liaison : une figure en "as de carreau".

  Sur l'interfluve entre Gartempe et Semme, au nord de Rancon, pages "voies de la gartempe", une telle configuration existe, plus ou moins étirée, plus ou moins reconnaissable pour le profane.
  De par sa spécificité le trivium peut se présenter en étoile ou en triangle.
   Voir encore à ce sujet et sur cette même page, le "trivium" entre la voie d'Agrippa" et la "voie de Léas", photo 38. Et d'autres encore, pas forcément mentionnés.

   Voir ci-dessus et ci-dessous,  des copies réduites des cadastres de 1833 et actuel, photos 10 et  11. Et sur ces photos précisons à nouveau la succession de points rouges qui signale  les parcelles allongées remontant à la récupération de l'emprise routière antique.

 


      Sur les photos 10 et 11, cadre rouge : un enclos rectangulaire de tradition gauloise (cliché de droite) dont l'orientation est cependant asservie à l'alignement du chemin tardif de Chassenon à St Auvent. Rechercher éventuellement une description plus précise sur d'autres photos de l'IGN ou de GOOGLE  EARTH.

     Cliché de gauche (11), non loin du passage présumé de la voie de Pilas, une parcelle quadrangulaire (repérée en rouge), se présente sur d'autres clichés, comme des affleurements de couleur claire, classiques d'anciennes  constructions romaines (2014 : souches de murs, mortier . . .). Dans la succession des cultures, elle est parfois laissée à la friche.

   Nous reviendrons plus loin et de façon  plus complète, sur ce second tracé de la voie d'Agrippa (le plus précoce peut-être)  jamais encore évoqué par les travaux des érudits.

    En attendant, nous poursuivons notre enquête sur le  parcours sud de la Voie (Ag 1) que nous avons décrit depuis la Gasne et dont le proche environnement s'avère extrèmement riche en vestiges gallo-romains de toute nature.




Longeas, l'aqueduc et le "pré gaulois"

   Notre courte expérience provient de constats observés en d'autres circonstances et particulièrement au-dessus de l'oppidum de Villejoubert et de la ferme de la Chatrusse (Haute-Vienne). Images compatibles avec celles que nous offre ici "le pré gaulois" de Chassenon. Celles de la Chatrusse ayant  bénéficié de contrôles au sol que nous avons pu mener sur des tranchées d'une opération de drainage moderne.

   A Chassenon, le site du "Pré gaulois" ne nous montre  qu'une petite partie de l'étendue probable des indices :  ce sont ici des fossés parallèles matérialisant sans doute de courtes voies de circulation ou, à peine ébauchés, des enclos enfermant des maisons bâties en matériaux périssables. Les zones érodées où l'herbe jaunit et disparaît à la moindre sécheresse, seraient des zones d' "activités" et de vie accumulant dans  leurs fossés (?) de  pourtour comme à la Chatrusse, des reliefs de vie domestique et artisanale : cendres, poteries culinaires, petits ossements,  débris d'amphores vinaires . . . loupes de laitier ferrugineux moulées au fond des bas-fourneaux .

   Révélés après de longues séances de photo-interprétation renouvelées après chaque sortie aérienne, certains sites gaulois n'ont jamais retenu l'attention des archéologues au prétexte de l'absence de "mobilier" en surface, circonstance jointe semble-t-il à l'absence de "modèles" structuraux attestés : la "ferme gallo-romaine"  n'a toujours pas de figure présentable et explicite  dans la littérature limousine.

    Par contre, la répétition de couvertures photographiques verticales d'opportunité, menées en 3 ou 4 minutes sur un site reconnu sensible, peut donner à terme un éclairage pertinent par effet de cumul et de complémentarité. 
En Haute-Vienne, la pars rustica (partie agricole) de la villa d'Arédius (St Yrieix) et la vaste ferme gallo-romaine composite : enclos, sanctuaire, thermes (?) de Morterolles, sur un carrefour antique, nous ont été révélées de cette façon.

    Mais l'intérêt de notre discours s'amenuise dans la mesure où  nous  assistons à la disparition
incontrôlée de beaucoup d'indices archéologiques potentiels sous des zones en voie d'urbanisation ou abandonnées par l'agriculture.




 N B : Plusieurs photos aériennes sont souvent nécessaires pour transcrire valablement un site archéologique sachant bien que son image risque de n'être jamais complète.

  On notera encore sur le site (photo 12) un puits proche de Longeas, alimenté au fond par de petits aqueducs radiants (prospections au sol); également  une voûte écroulée et une mare envahie par les roseaux  et plus loin, au nord (haut de la photo) le passage de l'aqueduc majeur d'alimentation des Thermes.

   S'agissant de ce dernier, sous le mur-bahut enterré, support des piliers d'arcades révélés par la fouille, le ruisseau de Longeas a de tout temps  trouvé son chemin malgré l'empâtement de la colluvion bloquée par le mur : au pied du talus, une arrivée d'eau continue
à alimenter - maigrement -  en aval, son vallon d'origine.

  Toujours au pied de l'aqueduc, après un point d'eau carré creusé de main d'homme, on observe un autre suintement au pied de l'ouvrage qui correspond à l'arrivée d'une voie tardive (flèche jaune) que nous verrons venir dans une prochaine image, du carrefour fossile de la Croix de Longeas.
  Précisément, nous avons pu  il y a une vingtaine d'années, en profitant d'un curage de fossés sur la  route de Longeas, voir le passage de cette petite voie  sous 50 cm de terre. Elle était pavée de façon très fruste  de tuiles brisées, de restes de poteries et de quelques cailloux.
  Nos images la montrent passant derrière le hangar agricole de Longeas et arrivant au niveau de l'aqueduc.

  Le garnissage de cette voie se comporte encore comme un élément  perméable qui amène ici l'eau drainée dans la pente. Rien n'échappant à l'attention de l'agriculteur, l'effluent d'une étable du village avait été conduit vers ce vieux drain superficiel, au bénéfice des prés d'aval : flèche bleu- clair, (photo 12 ).


La prise en compte
de la réalité  du terrain.
Un exemple. 



Notre photo 12 bis ci-dessus a été surchargée dans sa partie gauche, par le résultat de l'analyse électrique effectuée en 2002 par
 l'association Terra-Nova.

      Cette "révélation" participe grandement à l'éclairage du terrain
déjà amorcé par la photo aérienne classique.

   Des plans de fractures rayonnants se révèlent conducteurs et trahissent dans les broyats de roches, des retenues d'eau  qui se purgent épisodiquement et  entretiennent une imprégnation des terres de l'autre côté de la route : teinte verte accentuée de l'herbe malgré le "pompage" important effectué par les chênes de la haie.
   Dans la cuvette centrée sur la fissuration, la structure de la fracturation rocheuse n'est pas formellement perceptible au sol néanmoins il semble qu'elle ait nettement orienté  la limite ouest de la parcelle agricole qui existe ici en forme de boomerang  ( cadastre de 1833).

   A droite, les encadrés rouges délimitent les zones récemment couvertes par une nouvelle analyse de résistivité électrique pour rechercher les prolongements arasés des Thermes dans les prés de Longeas.
  Accessoirement,  ils rendent compte  d'un réseau ancien des rigoles d'irrigation des prés  qui apparaissaient déjà avec une grande évidence, sur notre cliché.

   Mais à cet instant, je ne suis pas sûr que leur origine
simplement agricole  et à peine centenaire, ait été reconnue. Car finalement, leur image électronique semble avoir orienté abusivement l'attention des archéologues vers des "circulations" routières antiques !

   Les Thermes apparaissent ainsi campés sur une petite dorsale d'interfluve qui se termine par un bec en forme de replat paracirculaire aride, de l'autre côté de la route.

Des "circulations" à tout prix !

    Un  linéament rectiligne (peut-être double)  traverserait in extremis, le bec de confluence et pouvait - hypothèse hardie ! -  avoir guidé plus loin à gauche,  la partie médiane d'une limite cadastrale découpée en chicane (baïonnette).

    Ce dernier indice est souvent chargé de signification : voir plus loin le même phénomène qui affecte deux limites cadastrales sur le départ de la voie de la Chauffie-Fougéras à peu de distance de l'Aubard. Et l'incident sur la voie d'Agrippa au nord de Bretenoux.
   
    Nous aurions aimé que les archéologues en charge des voies antiques de Chassenon y soient sensibles, même si dans le cas présent, vraiment rien n'est avéré.  
    Mais leur report sur plan, erroné d'une dizaine de mètres par rapport à la photo aérienne et que nous reproduisons sous le numéro 61, montre bien que
le sens historique que nous renvoie parfois  cette anomalie, n'est pas connu.

    Cette même reproduction de plan montrera  qu'en fait, un indice simplement hasardeux aura suffi à justifier une voie antique passant sous les arènes !

Ce qui logiquement - mais peut-on parler ici de logique ? - nous ramènerait quelques siècles en arrière : Chassenon avant l'ère monumentale ! 

Les faits du hasard, brouillant parfois notre bon sens,
- mais peut-on parler ici de bon sens ? -
 nous font souvent perdre beaucoup de temps !

 
 
 La mesure de la résistivité
électrique des sols

   L'analyse de la structure d'un terrain par résistivité électrique
est un travail de technicien qui doit être déchiffré par un archéologue  généraliste particulièrement éclairé.

   La manipulation consiste à mesurer la résistance du sol au passage d'un courant électrique calibré, entre des sondes métalliques enfoncées aux sommets d'un carré de terrain. La longueur du côté ( 1m, 2m), la profondeur atteinte par les sondes (1m, 2m), déterminent la finesse de l'analyse aux différents étages. L'ordinateur intègre sur la carte topographique le réseau des carrés de terrain analysés et restitue un paysage non conventionnel.

   L' image sur écran informe  l'archéologue-opérateur de l'hétérogénéité du terrain. La forme des anomalies  lui permettra d'orienter sa réflexion vers une origine qui peut être extrèmement ancienne (géologique telle "l'étoile" de Longeas ci-dessus) ou tout à fait récente     ( des rigoles d'irrigation) : en tout état de cause il  sera influencé par  ce qu'il a  observé de visu et qu'il connaît d'expérience.
   En gros les zones rocheuses, les souches de mur, les chaussées antiques, zones compactes et sèches se signaleront par des anomalies résistantes au passage du courant : couleur noire ou gris-foncé. Les zones humides au contraire (anciens fossés naturellement comblés) se révèleront  plus conductrices : couleur de gris-clair à blanc.
   
NB : L'évolution des techniques a conduit le mode opératoire manuel d'il y a quelques années vers des engins remorqués à voie large, effectuant des relevés en continu. On n'arrête pas le progrés, on attend les drones et le radar !

   En tout état de cause, l'intérêt des analyses tient essentiellement à la capacité des opérateurs à rattacher leurs images d'écran à des réalités à large spectre empruntant à de nombreuses disciplines : agriculture, géologie, pédologie, hydrologie, urbanisme, aménagement des terroirs . . . archéologie conventionnelle et "cryptée".

   S'agissant de Chassenon dans son contexte essentiellement gallo-romain, ces anomalies sont traduites en vert sur les cartes et les plans de l'archéologie dont des extraits figurent ci-dessous.
 
On distingue, sur les écrans de l'informatique :  
                        - des formes anarchiques inclassables,
                        - des tracés rectilignes pleins, larges de  quelques mètres (1 à 10 au grand maximum)
                                         de couleur gris-foncé : il s'agira souvent de restes compact de chaussées routières ou de souches de murs
                                         arasés, des milieux résistant au passage du courant électrique,
                                         de couleur gris-clair :  il s'agira d'anciens  fossés dont le comblement naturel poreux collecte les eaux de
                                         pluie et constitue  un réservoir plus performant que le sous-sol encaissant, des milieux favorables au
                                         passage du courant. Attention, sous des circonstances météo  extrèmes, ces valeurs peuvent s'inverser ou
                                        disparaître.
                       

                        -   . . . . .  D'une façon générale les images de la géophysique (résistivité électrique donc) sont de texture grossière et
                                       requièrent des interprétateurs très informés des transformations géologiques et humaines qu'ont pu subir les                                        paysages.


Un exemple

Notre photo aérienne verticale Le plan issu de l'analyse géophysique

   Sur notre photo de gauche, en bas, nous retrouvons les arrivées d'eau suintant sous le grand aqueduc de Chassenon (photo 12). Un réseau de rigoles d'irrigation aujourd'hui désuet, emmenait l'eau sur les flancs du vallon.
   Au centre, l'eau s'écoule aussi naturellement que possible vers un second pré, au nord.  
  Ce ne fut pas suffisant pour remplir un vaste abreuvoir
maintenant disparu, qui fut creusé ici dans les années 1970
(centre, photo de gauche, bleu léger).

 Quelques années plus tard cepen-
dant on  inventait à ce bassin une
  origine antique !

  Au milieu du second pré,  l'ancien lit du ruisseau est depuis longtemps comblé au profit, à droite et à gauche, de plusieurs biefs d'irrigation.