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Cartes IGN au 1/25 000ème Série bleue N° 2031 Est LIMOGES N° 2032 Ouest NEXON |
Les Voies Gallo-Romaines du Bas-EmpireI |
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Rappelons ici les deux
premiers itinéraires, présumés routes de
Périgueux et Bordeaux, remontant à la plus haute
antiquité gallo-romaine, dont nous
ayions décrit les vestiges sur quelques dizaines de
kilomètres. Revoir notre site précédent
"limousin-archeo-aero", pages "Itinéraires de l'ouest . . . et
du sud-ouest vers Verthamont" et "Itinéraires par le Pont
St-Martial":
Deux itinéraires dont la haute origine antique est avérée, des "voies de la conquête".
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Sur fond de carte IGN ci-dessus, nous rappelons en rouge, l'itinéraire précoce du Haut-Verthamont : revoir éventuellement notre site limousin-archeo-aero.
En jaune est indiqué le nouvel itinéraire qui se mit en place au Bas-Empire à la suite de la ruine de la ville coloniale. Figurent également en vert et en jaune à liseré rouge des diverticules, jonctions et échangeurs possibles sinon probables qui peuvent lui être rattachés. En grénetis rouge nous indiquons le chemin traditionnel du gué de Verthamont, connu de tous les limougeauds
car ce passage d'eau qui resta en service jusqu'à la fin du XIXème
siècle, suppléait aux ponts lointains de Limoges et d'Aixe.
Assimilé sans autre précaution par la grande majorité des archéologues au seul et unique parcours antique, constamment publié et republié, son report sur la carte en grénetis rouge marque toute la différence qui existe sur le terrain entre les traits rémanents et heurtés de ces trajets contemporains et les images quasi abolies des grandes courbes de l'antiquité romaine. Par là, ils laissent pointer leur ignorance de ce que pouvait être dans sa globalité, une voie romaine de haute époque dont et au mieux, ils n'ont jamais été à même de rencontrer autre chose que des ruines courtes et éparses. Sur la carte IGN ci-dessus, la confrontation des itinéraires démontre qu'une étude minutieuse et réfléchie devrait pour le moins tempérer le recours inconsidéré à ces idées reçues jamais vérifiées mais néanmoins infiniment ressassées. Quand à la prétention de pouvoir remonter aux pistes multiples et foisonnantes de la protohistoire voire de la préhistoire, on en fera facilement litière : les courts tracés que nous a personnellement révélé la recherche aérienne ne sont pas interprétables sur le long cours et ont échappé jusqu'ici à tout contrôle sur le terrain. |
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L'esplanade routière des Arènes Délaissant donc une ville et son forum devenus inexistants, ce nouvel itinéraire prenait racine au pied de l'amphithéâtre romain. L'amphithéâtre qu'une imposante lourdeur monumentale avait pu partiellement préserver de la ruine. On avait peut-être pensé que son énorme capacité d'abri pouvait fixer la soldatesque barbare qui déferlait du nord-est, pour peu que des routes nouvelles en privilégient l'accès. Voilà donc que s'impose dans le paysage urbain et semi-urbain actuel, une seconde voie vers le passage d'eau du Bas-Verthamont cette fois. Passage bien attesté face
aux dernières maisons de l'Aiguille et à une
bâtisse au bord de l'eau que l'on ne manquera pas de qualifier de
"maison du passeur". En dépit de quoi et
de temps immémorial, cet endroit est connu sous le nom de "Gué de
Verthamont".
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Saint-Cessateur
Le départ urbain de cette nouvelle voie en périphérie du
Jardin d'Orsay/Place des Carmes et plus précisément au milieu de la rue
des Arènes : c'est la courte rue "Vochave", lo vio chavado en
dialecte limousin, la voie décaissée, qui nous clame ainsi
son origine assurément antique mais certainement tardive en
ce qu'elle
ignore le forum et la ville coloniale qui consommaient leur ruine en
servant de carrière aux survivants du Puy-St-Etienne.
Passé la rue des Argentiers, la rue Vochave se poursuit de nos jours par la rue Pierre-Larousse puis par la rue des Pénitents-Rouges jusqu'à son terme au Carrefour Beaupeyrat : le "Haut-Peyrat" et le "Beau-Peyrat" en souvenir sans doute de la somptueuse via agrippa qui croisait par là, allant vers Saintes et dont les empierrements, traversant les siècles, auraient marqué la mémoire populaire. A ce stade de notre raisonnement il est bon de se souvenir que les quelques rues que nous mettons ainsi à l'honneur pour leur origine antique peuvent avoir subi au cours des du temps maints avatars dont elles portent parfois la trace . En 1873 existait encore, au milieu de son enclos paroisssial barrant la vieille route d'origine antique, le souvenir d'une église paléochrétienne qui fut plus tard, dédiée à Saint-Cessateur. Traversant elle aussi les siècles elle fixa au Moyen-Age, la Confrérie des Pénitents Rouges. Et nous avons déjà dit ailleurs ( site "limousin-archeo-aero" page 9 "Augustoritum") ce que nous pensons de l'origine de ces enclos paroissiaux qui ont causé sur les voies de l'antiquité tardive, des anomalies de tracé dont nous relevons parfois l'existence sur les vieux documents cartographiques et observons encore de nos jours dans le tissu urbain , de subreptices réminiscences . Il en est ainsi du contournement du promontoire de l'Eglise actuelle Jeanne-d'Arc sur la rue d'Isle, dont nous situons l'emplacement par la mention "Château-Gaillard" par laquelle nous pourrions éventuellement mais sans aucune confirmation érudite hélas, remonter à des vestiges très anciens. |
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La Cornue
Passé Beaupeyrat une vieille "Route d'Isle" devenue rue Pierre-et-Marie-Curie puis la rue de Bourneville, prolongent notre itinéraire jusqu'au territoire communal d'Isle et nous amènent ainsi au lieu-dit La Cornue. Ce nom bien ancré dans la tradition festive limousine, évoque la brioche des Rameaux dont la forme d'étoile à trois branches rappelle le trivium, la bifurcation de notre voie antique.Nous en observons encore les traces ci-dessous, sur la photo verticale de l'IGN extraite de la mission de 1950. Notons au passage que le toponyme de "Cornue" ne peut remonter plus haut que la fin du Moyen-Age, époque à laquelle l'autorité écclésiastique prescrivit aux "pestors" (boulangers) et autres pétrisseurs de fougasses, de donner cette forme à trois pointes égales (ou presque !) à une brioche qui jusque-là illustrait crûment le mythe païen de la fertilité virile et printanière par une forme ouvertement priapique. Et puisque nous en sommes à la forme des choses, rappelons que la bifurcation romaine se présente souvent comme une construction symétrique par
rapport au prolongement de l'axe routier avant sa division. Deux
routes auxquelles l'ingénieur s'attachera de surcroît
à donner la même importance. Il n'est pas rare que la
réussite de l'exercice demande en préalable un
léger "désaxement" du tronc principal.
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Enfin, au cadastre de 1812, "La Cornue" est encore bien présente en tant que
bifurcation : la branche inférieure va vers le site de la Chapelle et des
Champs, faubourgs d'Isle et peut-être site primitif (?). Cette dernière direction aura disparu en 1950.
La branche supérieure, l'axe principal, ira traverser les terres qui deviendront le site des Bayles et à distance, filera vers le Bas-Verthamont. Quand au village d'Isle que l'on peut toujours présumer d'origne antique (Insula) , il prendra sans doute une importance nouvelle lors de la fondation sur un replat dans la pente, du palais épiscopal et de son église. Il aurait pu être prioritairement rattaché à la ville d'Augustoritum par le diverticule des Perrières qui deviendra . . . l'avenue de Limoges (flèche verte). On sait qu'il n'est pas rare que des limites de parcelles fossilisent telle ou telle partie d'une voie antique. Revenant à notre embranchement de La Cornue (cadre rouge) , on observe que la voie principale est doublée de prime abord par une limite parcellaire : ce détail que nous appelons un "parcellaire-relique" trahit l'emprise de la voie romaine qui a servi de guide à la route "moderne" (pointe de flèche jaune). De façon informelle, cette route s'est d'abord établie sur le bas-côté ou sur le fossé nord de la voie antique. Puis et quelques cent mètres plus loin, on a franchi les restes de la chaussée antique pour aller circuler sur sa rive sud. On se souviendra d'avoir
observé un phénomène semblable de limites parcellaires
parallèles et sur une plus grande distance, sur la voie de
Rancon,
au nord de la Croix-des-Charriers (rond-point). On
relèverait sans
doute beaucoup d'autres exemples de ces traces si on consultait
à chaque fois le cadastre
napoléonien.
L'anomalie des BaylesA l'ancien cadastre aussi bien que de nos jours, la propriété des Bayles s'inscrit en orientation discordante dans le parcellaire qui l'entoure. L'anomalie routière attestée de façon concordante par le vieux document de 1812 et la photo IGN de 1950, ne s'explique pas facilement. On peut cependant remarquer que les bâtiments et les espaces agricoles ou d'agrément qui les entourent au plus près, ont été "normés à l'équerre" sur la portion de voie antique ou ancienne autour de laquelle ils ont été un jour construits : documents ci-dessous. La cause de cet évènement et sa place chronologique ne sont pas évidentes. |
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Du Cheyreau à la Vienne
Passé les Bayles la voie ne déroge toujours pas à l'art de la ligne tendue chère aux techniciens antiques. Et du site des Arènes d'Augustoritum jusqu'à Ventre-Noir, des routes modernes l'ont toujours accompagnée à peu de distance. A partir de là, l'allée qui descend à la Chabroulie malgré son air engageant ne doit pas émousser notre attention : dans le champ, à gauche, les traces de la voie antique sont jalonnées dans la pente par des touffes de fragon qui entourent le pied des chênes rescapés d'anciennes haies limites de parcelles plus ou moins disparues. Le beau chemin agricole et de randonnées pédestres a été construit beaucoup plus tard et ne doit donc pas faire illusion. Plus bas, au croisement du chemin de l'ancien hameau de la Chabroulie, on observe des bosquets de buis dans une petite parcelle (petit point vert). Et passé un second chemin, le chemin du Château celui-là, avant d'aborder un petit ruisseau, la pierraille des remblais de la voie antique déversent au pied de la pente l'eau qu'ils ont drainé depuis les hauteurs de Ventre-Noir (photo ci-dessous, au centre). C'est d'ailleurs le seul indice que ce petit gué ait laissé. |
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Car, à une centaine de mètres en amont,
le ruisseau avait été, dans le passé,
enjambé par un petit pont. Une chaussée construite en
surélèvation barrant le petit vallon, permettait d'y
accéder. Il est probable qu'il s'agisse d'un aménagement
très tardif.
Depuis quelques années, le lit du ruisseau a été barré et la chaussée d'autrefois retient dorénavant un petit étang (photos ci-dessous).
"La voie romaine passait sur la
chaussée de l'étang" . . . et je
souriais à la lecture des vieilles
chroniques de notables férus
d'archéologie, les imaginant très naïfs
! J'avais tort : en
effet comme ici, il n'est pas rare que de vieilles chaussées
intactes aient ainsi pu être
réemployées comme barrage de retenue d'un
petit étang et on ne compte plus les
"chaussées" d'étang
modernes dont l'assise a
été établie sur des restes de routes antiques
: je vous en montrerai.
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La photo de Google
ci-contre illustre le beau tracé de la voie antique dans sa
descente vers la Vienne au Bas-Verthamont.
On observera sur la vignette au point jaune, le joli raccordement du chemin du Breuil sur la Départementale 74 : c'est la suite directe du cheminement par le petit pont sur le ruisseau de la Chabroulie que nous venons d'évoquer. La seconde vignette surimposée (point vert) montre plus loin, l'emprise de la voie antique marquée par des touffes de fragon entre deux rangées de chênes : à ne pas confondre avec le chemin actuel que l'on aperçoit à gauche. Enfin nous en appelons à la photo verticale IGN de 1950 pour montrer la belle courbe héritée de la voie, qui guidait à l'époque les limites des parcelles. Nous remarquons dans le même temps deux rangées d'arbres fruitiers qui pourraient éventuellement trahir un diverticule plus ou moins antique mais qui présenterait l'inconvénient d'être décalé par rapport au but fixé sur la rivière et de passer très près d' à-pic rocheux. Par expérience, nous continuons cependant à croire que ce genre d'indice ne doit pas être éliminé, même si son intérêt présent nous échappe. Néanmoins
la certitude du tracé direct nous est
donnée par l'incident des eaux qui s'est sans doute
déclaré lors de la construction de la ferme du Pic. Deux des
photos ci-dessus ont été prises au sol exactement sur l'axe de
la voie, au centre, la troisième est une vue aérienne de 1986,
à l'exacte verticale du site. On y voit le réseau
souterrain fossile crevé par les constructions, s'épancher longuement dans la prairie en
pente (flèches bleues, point bleu).
Nous avons suffisamment parlé de ces résurgences de pente pour qu'il ne soit plus utile d'argumenter. |
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| Le passage d'eau du Bas-Verthamont La forte pente sous le Château du Pic,
traitée de vieille date en parc paysager, ne permet pas
de définir à distance, un trajet précis
jusqu'à la zone d'atterrissage des bacs (barre jaune).
En revanche et en rive gauche de la Vienne, on note que la vaste prairie de rive et ses bâtiments que l'Histoire contemporaine considère comme la zone d'attente (zone verte, point vert et photos ci-dessous ) ne concerne que les activités récentes du passage d'eau et ne peut convenir à l'atterrissage antique . Les points d'atterrissage antiques (zones jaunes) se situent à quelques
mètres au-delà et en aval des bâtiments actuels.
Une trace de chemin oublié se discerne encore dans
les fourrés; elle s'éloigne de la rive
vers le sud et par-delà la route actuelle (D 32) une tranchée s'ouvre
dans la pente dès la fin des aplombs rocheux. Elle
était
restée jusque-là vierge de toute construction et
l'endroit passait facilement inaperçu mais il est en cours
d'aménagement et va sans doute disparaître à nouveau en tant
qu'indice archéologique.
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Il serait hasardeux d'essayer de remonter la
pente par la tranchée du chemin antique. Il est plus "rentable"
passant par le Bastier, d'aller recouper la trace au niveau de la voie ferrée :
près du pont sur le chemin de fer, un chemin piétonnier
longe les rails jusqu'à un point bas où nous
retrouverons précisément le passage de la
vieille voie (images du bas, ci-dessous).
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Au-delà de la
voie ferrée la voie
antique va traverser le Bastier. On la verra ressortir plus haut,
parallèle et à l'ouest de la Départementale 11 a.
Ses traces s'inscrivent d'abord sur l'arrière des
propriétés bâties puis sur la ligne de crête
entre les ruisseaux
Cramoulou et Boulou et comme à l'accoutumée, son parcours
sera toujours guidé par le relief voire comme on a pu le voir
ailleurs, infléchi par des
incidents de parcours dont on sait parfois entrevoir
l'origine humaine. On notera sur le parcours les toponymes tels que "La
Pouge", la route de hauteur (podium) et "Lestrade" , la route épaisse, construite en couches successives (via strata).
J'y ajouterai, plus loin, "Les Rochers" rappelant un dépôt
de pierres et de blocs, souvenir d'un très ancien chantier
abandonné.
A ROYER comme je vous l'avais promis nous arrive par le Chambon et la Béchadie, la voie du Pont-Saint-Martial qui fait ainsi sa jonction au milieu de reliefs de civilisation oubliés comme le beau village agricole gaulois de la Chaize (panneau ci-dessous).
Quant à la voie réputée plus
ancienne, issue du gué du Haut-Verthamont et que nous avons
suivie sans difficulté par Beynac puis Burgnac où
nous l'avons abandonnée, elle pourrait par la proximité
de Meilhac, converger comme les deux autres vers un site au nord-nord-ouest de Nexon dans le large environnement de la gare SNCF.
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Au début des années 1990, le regretté René LACOTTE
reprenait à la demande de la Mairie d'Isle, l'histoire du Gué de Verthamont de 1740
à nos jours, histoire "mémoriale" et très conforme
à ce que véhicule la tradition locale.
Au-delà de la Vienne, poussant vers le sud son
itinéraire
entre Boulou et Cramoulou, l'auteur reconnaissait à quelques
détails marquants - a minima comme de nos jours : tranchées routières,
utilisation de la ligne de crête et toponymie ( La Pouge, L'Estrade . . . ) - l'origine romaine de ce
cheminement. Il pensait ainsi qu'après avoir été recouverte par la route moderne (Départementale 11 A), la voie
antique la quittait peu après le travers de Lavoust (commune de Meilhac) et avant Royer (commune de Jourgnac),
pour aller plein sud.
Une courte tranchée dans les labours en témoigne encore au contact de la route et à ma connaissance, René LACOTTE fut le premier à faire cette remarque. René LACOTTE, Un passage ancien de la Vienne : le gué de Verthamont dans Travaux d'Archéologie Limousine tome 11, 1991, pages 33 à 41. Sur le terrain en effet, à peine deux cents mètres après l'échappée de la route moderne, on constate un croisement complexe entre l'axe antique nord-sud présumé et un ancien "chemin de servitude" de Royer à Meilhac, de direction transverse , encore bien matérialisé sur le terrain avec deux "chicanes" imbriquées ( en vert sur notre photo aérienne). Sur notre document, un double trait signifie un chemin creux encore pratiquable à cette réserve près que ces chemins sont ici intentionnellement bouchés ça et là, par des détritus de toutes origines : chassis de camion, branchages, fil de fer enchevêtré etc - comme autrefois peut-être, les voies antiques au Bas-Empire, autour de la ville d'Augustoritum, pour arrêter les randonneurs barbares !
Près de cet imbroglio René LACOTTE signalait un
"remblai d'écroulement" qui avait sans doute été
enlevé avant notre récente visite.
Mais nous avons été sensible au nom du village tout proche : "Les Rochers" qui peut tirer son origine de rebuts d'épierrement mais plus certainement encore de gros blocs demeurés en place et qui ont pu constituer dans le passé comme nous le suggérons régulièrement, la matière d'oeuvre des constructeurs antiques de voies . A noter dans cet ordre d'idée que le vieux chemin qui file vers l'étang est sensiblement perché au-dessus des terres qui dominent le ruisseau : le talus délimitait autrefois (vieux cadastre ) une parcelle allongée que nous signalons en légère teinte orangée sur notre photo de 1986. |

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Suivant son intuition à partir de quelques fondements tangibles, René LACOTTE traçait la
suite de ce vieil itinéraire tel que nous le reproduisons sur
notre vue globale, en trait orangé, passant
le ruisseau par un gué qui a pu servir d'assise au passage de la
départementale actuelle. Puis, il contournait la zone humide
qui deviendra un étang un gros paquet de siècles plus
tard.
Et les traces que nous relevons sur notre cliché lui
donnent raison sur l'ancienneté de ces cheminements, de même que la présence
superposée et contournant l'étang à l'ouest, d'une
courte limite paroissiale/communale.
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A cette nuance près cependant que jamais un chemin creux et des lisières aux contorsions multiples n'ont
fait une voie romaine.
Nous pourrions avoir là en effet, de simples chemins de servitude d'abord créé par l'usage bien des siècles après la romanité puis ancré dans le sol par le ruissellement et balisés au cours du temps par des haies. Ces réceptacles naturels collectant au fil des siècles d'usage les déchets organiques des usagers, nous livrent aujourd'hui encore un foisonnement de houx et de fragon qui signe les très vieux chemins des hommes. |
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Sur la même panneau global ci-dessus, nous
signalons par un fin tracé vert ponctué, une limite
intercommunale : de temps à autre le hasard fait ainsi les choses
!
Autour de l'étang, les traces que nous repérons au sol sur notre photo aérienne, pourraient tout aussi bien être, à l'opposé de ce que nous venons de dire, des chemins très précoces de création gauloise car ils circulent au milieu de traces dont certaines (La Chaize) remontent avec certitude à cette époque : voir le contexte sensible que nous avons signalé précédemment ( La Chaize, Royer-Sud . . .). Leur emprise relevé sur notre photo est d'ailleurs comparable à celle des chemins creux déjà signalés. |

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A Royer-Les Rochers, la voie romaine quant à elle est autrement inscrite dans le paysage : mais il faut beaucoup d'attention et d'expérience pour en détecter les reliefs sur le terrain au sortir du chemin creux qui a dû emprunter son assise pour un court instant : petite photo ci-dessus où nous soulignons un bombement très amorti, entre deux lignes plus humides distantes de plus de 20 mètres. La large trace file vers un ponceau marqué par un ou deux arbres en boule.
Il nous a paru intéressant d'aller recouper
cet itinéraire sur la route de Royer à Nexon, au niveau
des Bourissous (photos ci-desus) : la voie émane du
fond du cliché, à gauche d'un coin de parcelle
visible entre les arbres. Le vaste mamelon était parcouru en léger biais
par la voie qui venait passer à gauche, non loin du cairn
d'épierrement qui figure au premier plan de la petite photo panoramique ci-dessus . De nombreux
blocs de pierre pointent à travers le gazon qui le recouvre.
Et dans ce contexte chronologique très ouvert on
peut remarquer qu'une courte section de la voie romaine a servi d'appui
à une limite paroissiale.
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Bien sûr, dans un coin de notre mémoire nous savions
que nous avions quelque part une photo ponctuelle des environs de
Royer. Classée sans suite comme beaucoup d'anecdotes
isolées, elle a retrouvé ici par le plus grand des
hasards, une valeur de symbole pour insister encore sur
l'élégance réelle des véritables
itinéraires antiques.
Et, comme pour nous donner raison, la projection verticale de GOOGLE
semble bien nous offrir de surcroît, surplombant la
chaussée, la trace d'un petit fanum . . . en bonus . . . pour la route ! (astérisque)
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Pour faire
plaisir à un Maire soucieux de connaître mieux l'histoire
de sa commune, René LACOTTE, homme affable s'il en fut et géologue émérite, ne
pouvait guère faire mieux que de compiler la rumeur savante mais
rumeur quand même, sur le tracé populaire de la voie de
Verthamont et évoquer l'origine antique qu'on lui accorde.
Mais rien ne lui permettait à cette époque - et rien de nouveau ne lui permettrait aujourd'hui, hélas ! - de trouver dans la littérature locale spécialisée quelques idées neuves qui lui auraient permis de nous en dire davantage. |
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Les chemins antiques de Vesunna (Périgueux) et Burdigala
(Bordeaux) sont évidemment multiples et nous en savons
déjà quelque chose. Rappelez-vous aussi la trace de voie
venant des gués de Mérignac (?) et qui rejoint juste avant
Beynac la voie du Haut-Empire venant du gué primitif du
Haut-Verthamont. Et d'excellents auteurs vous parlerons encore des
chemins de Périgueux passant par Aixe-sur-Vienne.
Dans cette idée et sur notre photo de 1986
ci-dessus, nous suggérons par un tracé
vert orienté au nord une possible et très ancienne route
venant
de l'Aiguille par Viblac, Charroux, Bosmie, le Boulou et Noyéras. Cette
idée - qui n'est cependant pas neuve dans le paysage
archéologique limousin mais peu
documentée à ma connaissance - me revint un jour où
obligé de "tuer le temps" près de la salle de
réunion et d'activités de Charroux, je fus
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intrigué par une débauche de pierres et de blocs de
rochers qui encombraient manifestement le paysage et dont l'abandon sur un très ancien site
d'approvisionnement routier était plausible (documents ci-contre).
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