ARCHEOLOGIE  AERIENNE  EN  LIMOUSIN


                                 
    
                                                                         Cartes   IGN au 1/25 000ème   Série bleue   N°  2031  Est  LIMOGES                                                               
                                                                                                                                            N°  1931  Est   St JUNIEN
                                Du Breuil à la Croix des Chanceaux . . .
  un itinéraire de liaison entre Voie Haute de l'Ouest et Voie d'Agrippa
                   
   Nous reprenons à partir de la Croix de la Maillartre (carrefour christianisé), notre itinéraire de liaison ébauché à la fin de notre page "La Voie Haute de l'Ouest".

   Vous aurez noté - dès le départ de cet itinéraire, page précédente - l'orientation conforme de l'ancienne ferme de Maison-Neuve : hasard ou fatalité historique.

   Passé le carrefour de la Maillartre, la voie traverse une prairie marquée en un endroit précis, par une touffe de ronces et d'orties 1000 fois éradiquée par les soins agricoles et 1000 fois rejaillie (trace). Ce phénomène est pour nous - en maintes occasions - le signe ponctuel et localisé d'une  très  lointaine  pression  humaine :
à proximité des gués par exemple.
   Plus loin, le chemin qui dessert les terres de culture du Coudert au sud (près de l'étang d'irrigation) a emprunté pour quelques dizaines de mètres, le fossé ou le bas-côté de la voie antique : une figure d'école.   
  Les houx témoignent que la chaussée antique se situait au nord, dans l'emprise des propriétés bâties des Bouiges; une forte cépée d'ailleurs et très vivace comme à l'accoutumée, marque le début du tronçon commun. Après quoi un long tunnel ombragé marque la limite sud du chemin antique, un phénomène causé comme on le sait, par le phototropisme exacerbé de certains arbustes, déjà remarqué à peu de distance de là sur la Voie Haute et que nous retrouverons ailleurs.
    Cent mètres plus loin  sur cet même axe  nous retrouvons les pierres résiduelles de notre voie au pied d'un chêne perché en position sommitale : "le chêne du Coudert ou des Bouiges",  face au village du Mas du Puy. 



    C'est à quelques dizaines de mètres plus bas, sur un ancien carrefour rendu obsolète par la création de la Départementale 2000, que naît une bifurcation. Le départ de la branche sud est marqué par un amas de roches qui remonte à la création des voies. D'autres gisements de moindre importance jalonnent le parcours vers le Mas-du-Puy où une débauche  d'anciennes pierres de pavement sont réutilisées dans les maisons du village mais également mises en attente depuis des temps reculés, dans des murs de souténement qui bordent  les rues et les venelles.
   Disons qu'à ce stade de nos recherches, notre opinion n'est pas définitivement arrêtée entre une bifurcation au niveau du "chêne du Coudert" ou bien sur l'ancien carrefour que nous portons sur nos documents, cent mètres plus bas : en tout état de cause et historiquement, cela ne crée pas de problème de fond.
   A la sortie du village du Mas-du-Puy la voie pousse un petit diverticule vers le site d'habitat ou/et d'activités des Bachauds ( nous allons y revenir) puis file directement vers la Croix-des-Chanceaux où elle se fond à la grande Voie de Chassenon et Saintes : nous nous rappellerons avoir déjà vu ce court passage de la Voie d'Agrippa croisant ici la petite faille géologique de la Merlie, sur notre site "limousin-archeo-aero" page "Les gaulois en marche". 
   Phénomènes également discernables avec un peu d'attention,  sur le présent cliché de l'IGN ci-dessus. Nous y reviendrons en parlant de la Voie d'Agrippa. 


    Autre voie vers le village de La Boine et le gué du village de La Roche




   La branche nord de la bifurcation s'oriente vers  Verneuil. Malgré nos passages répétés au-dessus du site ( Verneuil est le point d'entrée  Ouest du circuit d'atterrissage au QFU 03 de Bellegarde) et ainsi que nous l'avons suggéré plus haut, nous n'avons jamais été à même d'observer de façon formelle une trace sur la première partie de ce parcours jusqu'à la D 47.
  Mais à partir de là précisément une foule d'indices concordants va occuper l'espace depuis le plateau du Parc jusqu'à la remontée vers les Closes après le ruisseau du Breuil.
   Plus efficaces qu'un long discours, nous en donnons des images  dans l'ordre où ces témoins choisis se présentent et de droite à gauche sur le document IGN ci-dessus.


Blocs sur le plateau du Parc





Le Chaos de Pramounier

   La descente vers le ruisseau  ne pose aucun problème de localisation et, après la route un chêne rabougri  chaussé de ronces et d'orties montre en période humide le début d'un ruissellement  d'eau  vers le fond de la vallée. On enjambe alors le ruisseau, une simple rigole d'eau courante bordée de grosses pierres, face à un buisson de houx qui démarre dans la remontée de pente par un énorme bloc fracturé. Un autre bloc affleure à proximité, fortement engagé dans la terre d'alluvions. La poursuite de la voie en droite ligne vers Verneuil ne fait pas mystère.
   C'est alors que revenant vers le ruisseau, on  découvre le lit, en amont du passage, encombré de blocs énormes : les premiers d'ailleurs s'organisent en un pont fortement dégradé de facture antique voire protohistorique. Puis un autre mieux conservé : d'un bord à l'autre du petit cours d'eau de longues pierres reposent sur des culées toujours en place; il manque seulement deux travées pour que le monument soit complet. Là-dessus de grosses pierres bouchant les interstices, pouvaient supporter des lits de cailloux plus petits et finalement un galetage qui permettaient éventuellement le passage de chariots. Des blocs plus puissants bordent le dispositif comme des parapets. Les embâcles accumulées sous cette chaussée  causent un  débordement quasi permanent qui a démasqué la solide armature de la berge.
   Mais pourquoi diable avoir construit deux ponts et pourquoi se trouvent-ils décalés de plus de 10 mètres de l'axe de la voie ?

   Sur le cours du ruisseau, la remontée en amont montre un invraisemblable chaos de blocs souvent énormes qui ont basculé ou on été poussés dans le lit du petit cours d'eau.



La  montée  des Closes


   En suivant la voie dans sa remontée vers Verneuil on fait la découverte d'une récolte de rognons de silex trouvés par le propriétaire d'un terrain . A l'époque des lotissements il est probable que la visite des parcelles à construire avant ou pendant les terrassements, aurait apporté à la fois la découverte et l'interprétation de ces solages de craie que nous avons rencontré à trois ou quatre reprises sur d'autres parcours antiques et qui nous paraissent liés  à  nos trouvailles de silex.
  Au même niveau de pente mais 100 mètres au nord-est, à l'angle de deux routes, l'aménagement il y a quelques années d'un terrain à construire, a découvert un chantier de carriers qui semble abandonné de la veille. Avec en fond de tableau,  le vallon du ruisseau que nous venons de visiter et au second plan, organisées en dépôt comme autrefois au long des voies, les pierres d'un premier concassage.

Aux origines de Verneuil




   Nous avons  dit la difficulté de mener une recherche  sur la zone nord de Verneuil pour cause de concentration du trafic aérien. Une image volée en phase d'approche un jour particulièrement faste, montre une profusion d'indices linéaires que nous attribuons, sans certitude absolue cependant car la vision globale d'un tel terroir est encore sans exemple en Limousin, à la civilisation gauloise : le dernier Age du Fer. Outre des linéaments parallèles signalant de courts fossés comblés, sans prolongements lointains, dans lesquels nous pensons voir la marque de lieux de passage obligés destinés à protéger localement un espace privé proche,  d'autres fossés, simples traits, s'avèrent  bien  difficiles à inventorier en raison du manque de précision de traces dispersées en tous sens.
   
 Deux enclos carrés semblent s'individualiser au plus près de l'agglomération actuelle
de Verneuil. Le site montre une particulière densité d'indices sur les flancs de la vallée du Ruisseau du Pré-Vieux et se trouve en premier inventaire, limité au nord par la Voie Haute de l'Ouest et au sud par la voie d'échange et de liaison qui nous occupe et qui va nous conduire par le village de la  Boine, au gué du village de la Roche sur la Vienne .

De la toponymie

   Nous faisons beaucoup de cas de la toponymie. Elle nous paraît souvent illustrer et conforter les "réalités tangibles" que nous avons  la chance d'observer au cours de nos pérégrinations . . . "sur la terre comme au ciel !". Ailleurs encore elle nous guide et nous incite  à débusquer ces mêmes réalités.

   Et nous savons ainsi que VERNEUIL, Vernolium dans sa plus ancienne mention connue, viendrait du gaulois verna, les vergnes (que les poètes appellent les aulnes) et de ialo, la clairière, l'essart, le domaine agricole . . . une entité territoriale qui pourrait  s'être organisée autour de l'enclos d'un chef . En un endroit dont une ferme ou un petit village "Les Clides" (les barrières), que l'on appelait autrefois  "Le Bos" (le bois), pourrait encore conserver  le souvenir. Car sur les deux ou trois sites gaulois un tant soit peu organisés que nous connaissions, la Chatrusse de Veyrac, Villejoubert, Rancon . . .  nous avons toujours repéré ce que nous croyons être de par sa position, l'enclos du chef. 
   Mais nous ne savons pas à quelle époque commença la migration depuis les rives humides du Ruisseau du Pré-Vieux vers ces lieux plus ensoleillés et plus propices à un habitat important  que nous appelons aujourd'hui Verneuil.

   Mais déjà un autre lieu nous interpelle : "La Boine" traduction française de l'occitan limousin "lo Bouèno", la borne. Un terme qui nous viendrait avec la même signification du gaulois ou du bas-latin bodina. Dans la tradition  limousine on sait cela depuis toujours mais le folklore ( activité de recherche parfaitement intéressante et respectable par ailleurs mais qui ne prétend pas remonter au-delà d'un ou deux siècles) a trop souvent et par facilité, pris le pas sur une enquête archéologique "au long cours" ainsi qu'on a  déjà pu le constater sur les chemins de Verthamont.  
 L'archéologie conventionnelle  n'a jamais trouvé la voie qui aurait justifié l'allusion savante à La Boine = la borne, alors elle persiste inconsidérément a dévier en amont vers le lieu-dit  "le Gué de la Roche", un  trafic routier incertain mais toujours réputé antique : le paradoxe du noctambule émèché qui a perdu sa clé !

  "Le Gué-de-la-Roche" 
un bac 
qui était encore en service il y a un siècle à peine. Son origine ancienne est probable mais sans doute  postérieure  à la création des premiers barrages des moulins à eau (vers l'an mil ?) qui  ennoyaient les anciens gués. Gués et bacs dont l'usage a progressivement cessé lorsqu'ont été systématiquement érigés les grands ponts publics, à la fin du XIXème siècle, tel le Pont-de-la-Gabie en 1864. 


De  Verneuil  à  la  Vienne



   Sur les photos, relier à la manière antique Verneuil à la Boine n'est pas un grand problème car deux options se montrent possibles. A partir du cimetière, descendre par la ligne de crête via Balandie (en rouge), au sud du ruisseau de Bellevue ou bien utiliser une autre ligne de crête (en jaune) au sud du ruisseau de Pré-Vieux et remontant vers La Cour via un carrefour actuel au sud des Vignes .

La voie de La Boine
 
   Pour l'option de Balandie , nous trouverons quatre ou cinq contrôles positifs en cours de route.
  D'abord une courte tranchée qui dévalait directement la forte pente comme un raccourci antique à hauteur de Bellevue. Bien que colmatée à l'est venant de Verneuil, la tranchée routière se montre au contraire bien conservée à l'ouest. Bien conservée pour combien de temps ? Des déversements de terres pourraient assez rapidement la combler (photos de détail ci-dessous).
   Plus loin et jusqu'au village elle peut être logée sous la route communale  ou située au sud sur le haut du terrain, à gauche : la question est oiseuse. Après Balandie, la route actuelle va prendre son indépendance et quitter la voie antique par un large virage à gauche. En lisière des bois de fortes cépées de houx marquent cet endroit; en face, de l'autre côté de la route, une touffe de genêts attirera votre attention, surtout si elle est en fleur !
   Entre temps notre voie aura reçu l'appoint d'un diverticule de liaison venant de la Voie d'Agrippa par le site de La Collerie. Nous allons en reparler au chapitre de la Voie d'Agrippa.
   Nous n'avons pas visité le passage à gué sur le ruisseau de Tranchepie mais au vu de son environnement sauvage  il doit être largement envasé. Par contre la remontée de la voie vers La Boine par la grande prairie de jachère en friche, est aussi évidente sur les photos IGN que sur le terrain (ci-contre). En dessous du village de La Boine, elle recoupe la route qui descend à la Vienne dans une débauche de fragon : en bordure, des petits chênes vigoureux se sont installés, profitant du solage antique et du relâchement agricole.
   Il nous reste à aller observer le passage  de la voie au niveau de la route de La Cour à la Vienne : peu de chose, des terres localement surélevées et soutenues en bordure de route par un petit muret. Il reste alors pour gagner les bords de Vienne en face du village de La Roche, à supputer la moins mauvaise façon de négocier un virage serré pour contourner l'extrémité des aplombs rocheux sans tomber dans le fond vaseux du maigre ruisseau de La Cour. Même problème, même solution : c'est à ce niveau qu'une petite route communale actuelle quitte la route venant d'Aixe qui circule  en rive de Vienne, coupe la voie ferrée SNCF et monte vers le haut des terres (grande photo synoptique ci-dessous).
  Il n'est pas interdit de penser que l'assise de cette petite route, dans la proximité du passage à niveau, masquerait exactement l'emprise du passage antique.



 La voie de La Cour

   Au sol, cette dernière  version  apparaît peu étayée dans le paysage au départ de Verneuil mais    après le gué de Tranchepie une longue et large  combe marque  sa montée vers le carrefour actuel situé au sud des Vignes; nos reports sur les photos de l'IGN disent nos hésitations quant à sa localisation précise. De là,  elle semble bien ignorer complètement la Boine et filer vers La Cour. 
  Sur cet axe, nous aurons  remarqué en bordure de la route et à peu de distance après le cimetière de Verneuil, les traces assez nette d'une structure bâtie de tradition gauloise ou gallo-romaine (photo de détail ci-dessus).  

Par un large virage dominé par un fort massif de houx (cercle jaune ci-dessous), la voie bordée d'importants murets de pierre sèche, aborde le site du village de La Cour (détail ci-dessus). Mais, à partir de là elle continuait en ligne droite jusqu'à la rivière en légère surélévation entre deux ruisseaux (document synoptique ci-dessous) pour un gué qui devrait nous amener au village de La Roche.

    Nous parlerons plus loin d'une voie évoquée à la page précédente, venant du nord par Les Prés-Gras et aboutissant sur le virage de La Cour, après avoir traversé un vaste terroir agricoleQuelques traits résiduels d'un  parcellaire périphérique probablement très ancien, ne semblent pas contredire l'idée d'un domaine d'origine  gauloise ou gallo-romaine qui aurait occupé ce versant bien exposé : La Cour , du latin cohortem, bas-latin curtis devenu en ancien occitan cort, la cour : la ferme, le domaine.  
   Et les images de l'IGN mettent bien en évidence l'organisation radiale des voies qui irriguent le domaine autour d'un autre noyau d'habitat toujours actif.
 

   Incantation savante, la toponymie est parfois un voeu pieux qui permet à l'archéologue de se donner bonne conscience dans une argumentation incertaine. Ici au contraire, elle semble bien couvrir une réalité  : alors autant en profiter !

  Mais c'est surtout l'existence ou non d'une sortie de gué de l'autre côté de l'eau qui va  contribuer à asseoir et  conforter ou bien a contrario, à ruiner nos hypothèses.


  Et ne cachons pas le fond de notre pensée : le court itinéraire nord-sud que nous venons d'évoquer des Prés-Gras à La Cour et la Vienne, ne s'expliquerait selon nous que par une origine lointaine venant du nord-est par un autre gué  sur la Vienne, lointain celui-là et dont nous avons - rappelez-vous - déjà parlé : le gué des Mats près de Queaux dans le département de la Vienne.

  Et par Luchapt que nous avons sommairement visité pour nous démarquer des idées reçues et entreprendre de mettre bout à bout des "chemins ferrés" en grande partie oubliés mais pourtant et pour partie d'entre eux, encore conservés intacts.
  Puis profiter du gué de Jaubert (Ga-Jaubert des patoisants), Gajoubert des cartes et du cadastre et bénéficier ainsi du passage par  la tombée ouest des collines de Blond pour venir jusqu'à La Cour  conforter  l'hypothèse.
  Mais ce n'est qu'une piste de travail et tout reste à faire.
                       

                   Passages d'eau sur la Vienne  



                            Outre-Vienne

N B : Mes photos prises il y a une dizaine d'années, lors de la prospection au sol, ont disparu du fait d'un "crash" de disque dur. Elles n'ont pas été remplacées.

  Voie de la Boine.

  Depuis longtemps colmaté par les crues, l'emplacement exact de l'atterrissage  rive droite  n'est  perceptible ni au sol ni sur les photos verticales de l'IGN.
  En rive gauche, la montée vers le village  que nous proposons ci-dessous repose certes sur des souvenirs assez précis mais le calage précis sur le terrain n'est pas tout à fait garanti. 
 L'endroit est malaisé à atteindre.

  A partir de la rive gauche donc, dans un environnement pentu, pointant  sur les arrières du village de La Roche, un chemin bordé sur son côté droit par un muret de pierre sèche monte jusqu'au pied de la pente formée par les soubassements de la Départementale 32  d'Aixe-sur-Vienne à St Junien. A mi-pente, derrière le muret, une vasque, une citerne, une mare retient l'eau qui chemine sous la caillasse.
    En contrebas de la route actuelle percée et construite  au XIXème siècle, le chemin s'arrête sur des éléments de murs indéfinissables en l'état mais dont les fonds, comme des réservoirs, retiennent de l'eau croupie. Sur l'ensemble du site, la pénombre générée par les grands arbres, annihile toute végétation arbustive hormis, sous la faible lumière qui tombe par les trous de verdure, quelques ronces qui n'arrivent cependant pas à étouffer complétement de courtes pousses de sureau.
  Il est souhaitable alors d'aller jusqu'au village perché de la Roche. Sur la D 32, on pourra aller prendre la route  qui s'ouvre en face de celle qui conduit au Moulin-Barlet. Dans le second virage s'ouvre un vieux chemin qui descend vers la rivière par les arrières du village. Il est ainsi possible de descendre la pente et d'aller découvrir plus bas, à partir de la route départementale, la suite de notre montée : une dépression aménagée en passage routier antique. Beaucoup de pierres en réemploi dans des murets et dans la forte pente, une fontaine creusée dans la roche et protégée par une grille (cercle bleu).
  Depuis l'époque antique qui nous occupe, ce site aurait eu un prolongement historique important qui a probablement beaucoup modifié les lieux mais  nous n'en connaissons que des bribes à l'authenticité non garantie; on nous a parlé d'un donjon dont la fondation pourrait encore apparaître (?) sur les photos de l'IGN ( cercle rouge sur la photo du village, plus loin).


Voie de la Cour.
  Sur cette autre voie par contre, en rive gauche, nous relevons sur le cadastre napoléonien un vieux chemin qui pourrait être, dans sa courbe qui négocie la pente sous les arbres, d'inspiration antique. Vu et parcouru il y a une dizaine d'années - sans être absolument sûr qu'il s'agisse exactement du même parcours - il apparaissait ravagé par le ruissellement, les bovins en pâture et le bois mort. Son emplacement, même reporté approximativement, renforce tout particulièrement et  fortement, l'idée d'un gué antique ayant existé à cet endroit précis. Du même coup prend corps l'hypothèse de l'arrivée d'une voie importante venant du nord par Les Prés-Gras, les Arbouillères, les Vignes et la Cour.
  Dans ce chaos végétal, montant de la rivière, en contrebas de la route D32, on observait quelques plages envahies par des fleurs blanches sortant de campanules vert-clair que nous avions identifiées  comme des silènes, plantes connues pour leur affinité calcicole.
  Au niveau de la rivière, cette voie  en courbe pentue se raccorde avec la plateforme alluviale, par une rampe orientée  perpendiculairement à la rive et qui forme congé.
  Curieusement et sur les deux rives, dans les villages, aucun des vieux habitants rencontrés n'avait jamais  entendu parler de gués dans ces parages.
   Et pourtant, avant la fondation du Moulin-Barlet sans doute, on descendait bien de La Roche à la Vienne par un long chemin qui négociait intelligemment la pente par une longue courbe.Qu'allait-on  faire au bord de l'eau ?
   Et puis,  nous avons découvert un autre chemin, partant du bas du village et  qui prenait la pente en écharpe  et  parvenait en ligne droite,  sans aucun virage, au même endroit de la rive, face à la Cour, "en lingo dé beillo" : preuve qu'il n'a aucun antécédent romain celui-là !
Et puis, et puis, et puis . . . mais c'est une autre histoire, restons-en aux temps gaulois !



   A partir de la Roche, l'itinéraire vers la voie d'Agrippa est toujours fossilisé de nos jours par des routes communales (parfois interrompues par un chemin agricole impraticable) circulant sur le haut des terres et qui vont finalement  rejoindre la grande voie d'Agrippa, de Chassenon et Saintes, dans les bois des Essarts, à l'ouest de la ferme de Beauregard .
   Tout au long du parcours on observera la récupération sous forme de murets latéraux, des pierres de la voie antique non utilisées à d'autres usages dans les villages voisins.