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LA VOIE DE RANCON . . .
Oui mais, pouvons-nous quitter St Gence sans revenir sur le petit oppidum dit "Le Camp de César" et sur le site de la ferme de La Chatrusse, le seul site agricole gaulois de quelque importance hormis Villejoubert, dont le Limousin puisse s'enorgueillir sans que pour autant son originalité, sa forme, ses éléments et son étendue, de très loin appréhendés, nous aient fait faire personnellement beaucoup de progrès dans la compréhension de la vie rurale de cette époque ? |
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La grande ferme gauloise de La Chatrusse (Communes de Veyrac et St Gence) Supplément d'enquête |
| Carte IGN au 1/25 000ème Série bleue N0 2030 Ouest NANTIAT |
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| Sans nous masquer que l'originalité des structures
observées ici nous
interroge toujours sur la place chronologique de cet édifice fortifié. Les
maisons sur piliers à trois nefs en particulier, nous font davantage
penser à une très ancienne origine pouvant remonter aux plus lointains des Ages
des métaux.
Et si "la Motte-Chalard", avant un hypothétique oppidum
gaulois, avait été à son origine, une fortification du
Premier-Age-du-Fer ? |
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Le type des "grandes circulations" qui contournent les
vestiges
de La Chatrusse est peu ou pas connu dans la littérature et les
rares aperçus recueillis par des archéologues
aériens sont donnés pour des "voies romaines".
Il en est de même pour une courte circulation que nous avons relevée à
l'exacte image de celle vue par Roger
AGACHE dans le nord et classée également comme "voie
romaine". Mais le contexte protohistorique dans lequel nous évoluons, nous incite à
l'expectative.
Il s'agit, au sud de La Châtre-Plane (voir ci-dessous le plan synoptique GOOGLE et ci-dessus pour le détail. ), d'une petite chaussée manifestement construite et cantonnée à distance par deux fins fossés parallèles. Nous n'en connaissons pas l'origine et en perdons vite la trace néanmoins, elle continue à guider une limite parcellaire actuelle. |
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En l'état actuel de nos connaissances, dans sa partie la plus remarquable, le
site protohistorique de La Chatrusse se présente avec deux
faciès majeurs très différents qui
s'étalent de part et d'autre d'un petit ruisseau .
A la gauche du site, selon le troisième volet de notre triptyque "Le Site de La Chatrusse, ci-dessous,
une parcelle montre des zones claires
séparées par des traînées nettement plus
sombres : pourrait-il s'agir là de placages d'un humus forestier qui serait resté en place malgré le
brassage des façons culturales et isolant des zones d'habitat
très ancien ?
C'est en effet dans ces fossés particulièrement visibles
en marge des espaces plus clairs que nous avons trouvé en
comblement profond, des coulées de cendres contenant de nombreux
rebuts de la vie domestique : fragments de poterie culinaire, ossements
de petits animaux . . .Quelques culots épars de
bas-fournaux témoignaient de l'existence d'une
métallurgie du fer.
Enfin, en mélange et en
très grande quantité de fragments,
des amphores
vinaires traditionnellement importées d'Italie dès le
premier siècle avant J-C, étaient fortement minées
par l'humidité permanente du sol naturel
constitué en
couche épaisse et compacte
par de l'arène argileuse de couleur claire (voir ci-dessus
un profil d'amphore de type Dressel 1 A).
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A droite
du site, toujours selon la troisième image verticale du triptyque
ci-dessous, reprise par la photo oblique précédente,
la teinte claire d'une culture met en valeur une série
d'enclos plus ou moins imbriqués et trahis par un retard de
maturation de la céréale, retard causé par des
remontées d'eau qui persistent au droit des fossés.
L'image moins évidente du dispositif se poursuit dans la parcelle verte située par-delà l'allée de desserte de l'exploitation agricole: on peut y lire le reste d'un grand enclos d'où semble partir une petite circulation qui se dirige vers une tête de ruisseau (angle supérieur gauche du cliché oblique). Peu susceptible
d'être une zone cloisonnée d'habitats, on
peut penser à des "corrals", des enclos à bétail .
. . mais que savons-nous des formes que pouvaient revêtir
les coutumes agricoles et pastorales des gaulois peu conformes
et surtout moins explicites ici que sur le site d'oppidum de
Villejoubert par exemple ?
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Sur nos photos et sur le document synoptique GOOGLE ci-dessus, nous signalons en surimpression rouge-clair, la forme du grand enclos rectangulaire allongé qui occupe le centre de la ferme gauloise de La Chatrusse. Nous y voyons avec quelque raison pensons-nous, l'espace qui enfermait et défendait la ou les résidences aristocratiques.
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Au rang des multiples satellites qui entourent le site central de La Chatrusse, nous distinguons le grand enclos carré situé entre La Celle et La Chassagne. Par
son étendue, l'importance de ses fossoyages et ses
dipositifs accolés ( interruption de fossé pour
une "voie d'entrée" (?), petit enclos contigu .
. . ) il pouvait être l'enceinte protectrice de nombreux
habitats. Lors des terrassements pour une maison d'habitation, la
section du fossé opposé à l'entrée
précisément, nous a montré dans son comblement
final le fond d'un vase de céramique rouge sigillée dont
l'usage en gaule romaine se prolongea longtemps (exemplaire ci-contre pour mémoire).
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| Du petit enclos de La Celle nous ne connaissons qu'un angle. Quant à l'enclos des Lunades, certaines photos semblent indiquer qu'il s'agirait d'un fanum, un sanctuaire tardif gaulois dont nous allons trouver un autre exemple sur la voie antique au départ de St Gence. A noter au passage que les déterminants qui précèdent les noms de lieux ( La Celle par exemple) ont probablement été surajoutés tardivement au Moyen-Age, le latin d'où ils dérivent ne connaissait pas l'article défini. |
| N B : Les travaux de
drainage auxquels je fais allusion plus haut, sont postérieurs à mes
images aériennes. Sur les documents de l'internet, plus
récents encore, les tranchées de drainage ont laissé peu
de traces : seule l'une d'entre elles est encore repérable sur
le plan général présenté. Hors
du champ des fossoyages antiques, sur la photo de GOOGLE
ci-dessus, elle a laissé une trace claire
marbrée de vert près d'une zone terrassée en
carré. Ces tranchées récentes d'aménagement
agricole ou industriel, immédiatement regarnies par leur propre
déblai. ne laissent pas de traces pérennes
: c'est toute la différence avec les fossés
protohistoriques comblés au cours des siècles par
les rejets organiques et domestiques de toutes
origines, la succession dans le même temps des litières
végétales et les apports du ruissellement.
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