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Cartes IGN au 1/25 000ème Série bleue N° 2031 Est LIMOGES N° 1931 Est St JUNIEN |
Les voies gallo-romaines du Bas-EmpireII |
Rappel des voies du Haut-Empire repérées autour d'Augustoritum
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Nous avons
pensé qu'il serait intéressant avant que d'ajouter de
nouvelles voies à notre canevas -
très loin d'être exhaustif cependant - de faire un point rapide sur ces chemins
multiples dont nous avons retrouvé la trace et que nous voyons
irradier autour du forum
de la ville antique (photo ci-contre).
Voies que nous considérons avec quelque raison croyons-nous, comme des créations de l'après conquête, des oeuvres précoces de la "Paix romaine". Des voies rappelons-le que nous avons amorcées dans la ville antique, déjà largement décrites dans la campagne avoisinante et que nous prolongerons de quelques dizaines de kilomètres encore dans des pages à venir. Restera à tenter de comprendre ce qui a pu historiquement se passer pour que nous assistions ensuite à une explosion des itinéraires venant migrer et se concentrer autour du noeud routier des Arènes. |
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| A ma connaissance, cette évolution
dans le temps n'a jamais fait partie des idées soulevées par notre
archéologie locale, ce qui ajoute à notre perplexité. C'est pourtant
cette hypothèse qui apporte sa
cohérence à un inventaire aussi lucide que possible, des voies
d'Augustoritum. Pourtant c'est bien hors de tout propos délibéré, alliant les observations d'altitude aux contrôles au sol, variant les points de vue selon les saisons et les aleas climatiques, recoupant et confrontant nos relevés, que nous avons vu se dégager de notre étude une somme d'imbrications concordantes créant progressivement une sensation de logique et de véracité. |
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La ruine de la
ville d'Augustoritum sous la poussée barbare venant du nord-est,
fut sans doute progressive et on est mal renseigné sur la
migration des populations vers le Puy-St-Etienne et sur les
étapes successives des remparts qui furent érigés
autour de ce réduit. Il semble bien que les routes nouvelles et leur convergence sur l'Amphithéâtre que
nous venons d'évoquer, furent destinées nous l'avons dit,
à protéger le nouveau centre d'habitat et à tenter de fixer
aussi loin que possible, les tribus nomades redoutées.
Et peut-on imaginer combien l'énorme amphithéâtre d'Augustoritum et son massif annulaire percé de toutes parts par les galeries de circulation internes, les précinctions, les voûtes radiales des vomitorium, les gradins . . . pouvaient constituer une étape de choix pour les "maréchaux des logis" barbares chargés de pourvoir à l'hébergement de leurs hordes nomades en route vers le sud de la Gaule ? Et il était logique que l'on fît tout pour décourager l'usage des anciennes routes qui convergeaient vers l'ancienne ville ruinée et le refuge de Puy-St Etienne. Est-ce à dire qu'elles furent détruites dans la proximité périurbaine, "embolisées" et rendues impraticables : c'est ce que nous suggérons sans trop de conviction sur notre document, en substituant un tracé noir au tracé rouge du temps de leur splendeur. Sur notre photo,
les tracés jaunes à grénetis vert figurent
les nouvelles voies : tantôt de courts itinéraires de
jonction allant récupérer aussi loin que possible les routes existantes de l'ancien temps de paix, tantôt des routes résolument nouvelles qui
filent vers des destinations que nous avons du mal à
préciser tant le tissu politique du pays gallo-romain en
ces temps troublés, devait être en cours de changement
rapide et radical.
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A partir de la Place des Carmes, notre document montre la rue François-Perrin puis la rue d'Isle
suivie de la rue dite du Gué de Verthamont - dans sa
traversée du Roussillon jusqu'au carrefour des Hautes-Bayles - comme
une jonction qui récupérait la continuité
conservée à partir de là, de la route vers le
gué précoce du Haut-Verthamont, sur la Vienne. Dans
cette première partie l'itinéraire fait partie et
à juste titre, de l'héritage réputé
antique, de notre histoire locale.
A l'exception de quelques surprenants ilôts de mémoire populaire éclairée, on sait comment les choses ont ensuite dérapé dans une tradition locale qui a pris la remorque de l'histoire savante trop attachée constatons-nous à une illusoire pérennité de nos chemins et de nos routes depuis les temps protohistoriques. Et puis un autre itinéraire encore inconnu du cénacle mais que nous avons déjà exploré ensemble, par la rue Vochave, des Pénitents-Rouges . . . de Bourneville et la Cornue et qui court maintenant vers un nouveau passage d'eau, au Bas-Verthamont. Et
puis une autre voie quittait vers l'ouest le noeud routier des
Arènes. Elle peut être matérialisée à
distance par la rue Armand-Dutreix. En effet cette
nouvelle voie devait probablement et assez vite s'établir
légèrement au sud pour occuper le haut du terrain dans son parcours vers l'Aurence et circuler ainsi en rebord d'esplanade au-dessus de
la petite combe sèche de l'actuelle rue Fénelon.
Pour ce faire et après être passée sous l'assise
actuelle de la Cité Léon-Betoulle, la voie antique
pouvait occuper un espace que les aménageurs urbains
d'après 1812 (référence cadastrale) utiliseront pour créer la rue Portefaix,
actuellement en impasse. Ce cas ne serait pas unique de ces
voies disparues qui renaissent du néant 20 siècles plus
tard !
Une rue Portefaix créée postérieurement à 1812 donc et qui pouvait très bien avoir été prévue pour aller à la ferme de Porte-Faix (ben voyons !). Ferme qui existait au début de la rue Fustel-de-Coulanges et dont la grange, seul élément conservé, est devenue la Chapelle St-Jean-Baptiste. Mais le tracé antique aurait pu avoir comme autre intérêt de se raccorder à la voie d'Agrippa au moment où celle-ci va entreprendre également sa dernière descente vers l'Aurence. Voir ou revoir la page "Itinéraires vers Saintes . . . etc " de notre site précédent "limousin-archeo-aero.fr" . Car nous n'allons pas tardé à découvrir que la vieille voie d'Agrippa est toujours là. En effet, entre cette dernière et la nouvelle voie que nous allons décrire (que nous appellerons la "Voie Haute de l'Ouest", faute d'avoir été à ce jour spécifiquement décrite et nommée) après la rue Portefaix et sur des dizaines de kilomètres, nous verrons s'instaurer de très nombreux diverticules de liaison. Enfin, revenant au terme de la rue en impasse de Porte-Faix, nous imaginerons de
conduire notre "Voie Haute de l'Ouest" - orientée grosso modo par la rue Courtot - vers les immeubles de la
Vialoube puis à aller passer sous le Lycée du
Mas-Jambost.
Car c'est au sortir de cet établissement, près d'un vieux "cubilot" (probable incinérateur ?) désaffecté (point blanc), à quelques pas de l'Aurence, que nous recueillerons enfin les premiers indices incontournables de la présence d'une voie romaine. Indices qui se manifesteront en continu jusqu'au terme de notre enquête à 15 kilomètres de là. Le temps de découvrir des liens entre les itinéraires, un ou deux villages gaulois . . . et de tordre le cou peut-être à de vieilles fables infiniment ressassées mais jamais visitées objectivement. Puis, en nous fiant uniquement aux documents de l'internet (IGN et Google) mais sans aucun contrôle sur le terrain, nous avons poussé à partir de là et sans trop de difficulté, jusqu'aux sablières des Seguines près de St-Junien. Pour une voie qui continue vers l'ouest mais dont la destination nous est inconnue. |


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Tous les chemins mènent à Rome Nous superposons
ci-dessus à quelques mètres près, des
éléments intéressants du cadastre de 1812 (trait double marron), au
tissu urbain moderne.
Le chemin de la
Maison-Dieu est bien connu des archéologues limousins qui en ont
fait le dernier vestige d'un tronçon de la voie d'Agrippa (en jaune).
Admettant par là que la rue Aristide-Briand et la vieille route d'Ambazac conserveraient le souvenir de la racine limougeaude de cette voie antique vers Lyon. Ce dont nous ne sommes pas persuadé comme on le sait et même si la liaison "Maison-Dieu / passage d'eau des Casseaux" qui rendrait sa cohérence à la Table de Peutinger et à notre propos, reste encore pour nous comme une sorte de hiatus que nous aimerions bien combler avec autre chose qu'une intime conviction. Le Crucifix d'Aigueperse Cf notre site "limousin-archeo-aero" page "Voies de Maison-Dieu". Nous revenons
sur nos sources : le cadastre napoléonien de Limoges
recomposé entre la Maison-Dieu et le Crucifix. Nous pensons que
la première partie du tracé figuré en bleu ci-contre, pourrait bien être erroné en tant que ruisseau
d'Aigueperse car il est ici montré comme une
canalisation artificielle, un aqueduc.
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| Le ruisseau des origines
pourrait bien être ce tracé tremblotant qui prend ses
sources tant au Crucifix qu'à la ferme même d'Aigueperse. Alors, qui nous contera
la véridique histoire d'eau de la Maison-Dieu ? Et quelle
relation pourrait-il y avoir entre la forte inflexion du Chemin de la
Maison-Dieu en 1812 au niveau de la rue actuelle du
Général-du-Bessol
et le cours du ruisseau des origines ? Par commodité sur la vue
générale, plus haut, nous avons placé un
figuratif représentant une église
paléochrétienne, mais rien n'est moins sûr.
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| Les "paroissiennes" Le site de la
Maison-Dieu est entré dans ma mémoire il y a bien
longtemps. J'avais cinq ou six ans, sept peut-être mais pas plus. Et la "veillée des
chaumières" était une
coutume campagnarde de cette lointaine époque : on conviait une ou
deux familles amies à passer la soirée autour du
feu. On tirait la lampe près du manteau de la cheminée et chacun
prenait place sur le demi-cercle convivial. Les langues allaient bon
train et souvent, au loin, des oreilles sifflaient.
On parlait ce soir-là d'une fille des environs que je ne connaissais pas mais que je situais très bien dans sa parentèle qui habitait notre village. Une fille, vraiment ? D'après ce que j'entendais, elle devait être d'âge canonique. Et notre plus proche voisin, qui affirmait l'avoir bien connue au temps de sa jeunesse, prétendait que c'était déjà une sacrée paroissienne ! Et ce devait être une très forte femme puisqu'elle tenait une maison à la Maison-Dieu ! A la Maison-Dieu . . . c'était pour ça . . . une paroissienne ! Mais c'est lourd . . .comment peut-on tenir une maison ? Je n'en perdais
pas une miette mais tout cela n'était pas clair
et j'ai mis un demi-siècle à comprendre que
c'était de l'histoire : à peine alphabète je
faisais mine d'être absorbé par la lecture d'un
ouvrage édifiant imposé par ma grand-mère
qui le tenait elle-même d'un arrière-grand-oncle qui avait
été bedeau chez les Missionnaires du Dorat.
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| Les "paroissiennes"
. . . Jusqu'au milieu du
XXème
siècle, des Carmes et du Jardin d'Orsay
à la Maison-Dieu, on a de longue date,
observé une activité importante tout au long
de ce
parcours : hasard ou nécessité ?
Et ne signalait-on
pas il y a à peine plus d'un siècle, dans le
quartier des
Arènes, la
présence de deux établissements dont l'enseigne
jouait aux armes parlantes :
"l'Ecu d'Or" et
"l'Ecu d'Argent". Nos moeurs
d'aujourd'hui, pourtant réputées libérales,
reculeraient devant la métaphore et l'hyperbole
graveleuses. Quoi qu'il en soit et après la dernière guerre, une élue du peuple veuve et repentie dit-on, fit voter la loi qui "fermait les maisons closes". Un chansonnier lui trouva un surnom pétillant : "la veuve qui clôt" ! |
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Mais
revenons à l'esplanade des Arènes aux temps antiques :
il faut se représenter en effet, le long
déambulatoire périphérique de ces
gigantesques
monuments ovales, circulaires ou semi-circulaires dont les arcades, fornix en
latin, abritaient le commerce de
professionnelles de l'amour tarifé. Notre langue en porte encore des
traces dont le tour archaïque et devenu
désuet, nourrissait les imprécations des prêcheurs en chaire qui vouaient à
l'enfer les fornicateurs.
Curieusement le terme a encore une descendance au long cours qui a traversé la Méditerrannée pour échouer de nos jours dans un certain langage populaire, sous la forme incongrue de NTM ! Ainsi est née autour de notre Amphithéâtre, initiée par les voyageurs de l'antiquité, cette tradition qui allait défier les siècles. Dévalant tout naturellement la pente jusqu'à la Maison-Dieu, insensible au temps et investissant au passage des lieux aussi improbables que les anciens jardins potagers des chanoines de St-Martial. Des lieux qui furent un jour bâtis et, pour ne pas faillir à une tradition déjà longue, devinrent le quartier chaud du Viraclaud. Un quartier qui fut un jour démoli pour laisser place à la Préfecture. |
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Les images ci-dessous décrivent
les péripéties du passage de l'Aurence par la Voie Haute
de l'Ouest. L'Aurence et son affluent l'Aurençou qui pouvaient confondre ici
leurs crues, incita sans doute les
constructeurs de la voie à prévoir une forte
embardée vers le sud pour s'éloigner de la zone inondable
( tracé jaune).
On retrouve tout le long de ce tracé primitif de la voie antique, les indices pertinents du passage - devenus classiques au fil de nos pérégrinations - sur lesquels nous essaierons de ne pas nous appesantir outre mesure. Et c'est la dérivation de l'Aurençou qui, remontant la confluence en amont, permis un jour d'établir une nouvelle voie sur une ligne tendue plus conforme à la doctrine des ingénieurs romains (tracé vert). Sur cet axe de l'antiquité tardive, on pourra observer, sous la résurgence de Chativaud et en partie à cause d'elle, la trace d'anciens fossés qui marquent encore les transferts latéraux de la route pour éviter au cours du temps, les passages défoncés et les fondrières.
Un certain nombre de ces voies romaines tardives en effet devinrent des routes qui restèrent durant bien plus d'un millénaire, des zones de passage, incertaines, mal entretenues, inconfortables et toujours dangereuses.
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| Des vasques de pierre (photo ci-dessus, à droite) Dans le Parc du
Mas-Jambost, en quelques jours de pluie, au pied de la
pente, une arrivée d'eau remplissait autrefois deux vasques de
pierre (cercle rouge et vignette). Ce devait être un ancien
abreuvoir. Récemment les vasques ont
été enlevées.
Et une excavation creusée à 1,20 / 1,50 mètres de profondeur environ, a atteint un lit de grosses pierres, étonnament propres, sous lesquelles circulait un mince filet d'eau qui se réinfiltrait en aval . C'était à n'en pas douter le radier de la voie antique qui fonctionnait ainsi comme un aquifère intermittent. De fortes pluies pouvaient le mettre en charge et provoquer une remontée d'eau jusqu'au au niveau du sol assurant ainsi le remplissage des vasques de pierre. Un puisard a été posé, obturé par un tampon à fleur de terre. Autour, l'excavation a été remblayée: il n'y a plus rien à voir. |
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| N B : Le parcours que nous vous proposons figure sur la carte IGN au 1/25000 ème, série bleue, n° 2031 est, Limoges jusqu'au
passage du ruisseau de Tranchepie, 1km après La Côte et
à peu de distance du village de La Bouteille, commune de
Verneuil-sur-Vienne, pour ce qui concerne la "Voie Haute de l'Ouest".
Et pour ce qui concerne la Voie d'Agrippa, jusqu'à La Boilerie,
également commune de Verneuil. La suite des parcours pour les deux voies figure sur la carte n° 1931 est, St Junien et n° 1930 est, Oradour-sur-Glane. |
| Etant donné une voie romaine . . . Après nos dernières
photos au-dessus du Lycée du Mas-Jambost, notre
enquête sur la Voie Haute de l'Ouest n'a
pratiquement pas fait
appel à une recherche aérienne personnelle si l'on
excepte quatre ou cinq clichés pris à proximité de
l'aéroport de Bellegarde. Pendant longtemps en effet
nous n'avons pas suffisamment porté attention
à cet axe qui n'existait qu'à l'ombre de
la voie d'Agrippa avec laquelle d'ailleurs, de nombreux
archéologues - et non des moindres - continuent de l'assimiler.
La faute à COURAUD, toujours génial, qui par le Mas-Jambost, les Vaseix, le Mas-du-Puy et la Croix-des-Chanceaux, avait trouver le moyen de rejoindre le Pont-des-Piles, passage de la Vienne incontestable et incontesté pour la vieille route antique de Chassenon et de Saintes : nous l'y retrouverons tout à l'heure. Bien sûr il ne pouvait pas savoir que les détours et les contorsions qu'il infligeait ainsi à ses tracés ne pouvaient s'expliquer que par leur nature de diverticule et de bretelle de liaison mais on sait que le temps lui a manqué pour revenir sur ses schémas. Mais j'observe à nouveau que Couraud,
sur ce départ difficile vers l'ouest avait dès les années 1960, et par de petits pointillés très humbles, déjà amorcé sur ses cartes comme une alternative, les prémices de solutions justes que nous allons essayer de montrer et de valider aujourd'hui.
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Passé Chativaud,
par le Mas-Neuf, la rue Jean-de-Vienne représente assez bien le
tracé de la voie. Une
direction qu'elle va quitter à
hauteur du petit chemin de la Betoulle pour aller vers un
probable ponceau
dont l'abandon et la ruine ont sans doute longtemps entretenu ce
marais tout proche de la ferme de Montevert. Cet endroit encombré de saules et de ronces que la création
récente, face à l'école de Landouge, d'une "grande surface commerciale" vient de remblayer.
Après cela la voie passait sous la ferme abandonnée de Montevert précisément et derrière le bâtiment, une tranchée routière remonte encore la pente, parallèle à la petite route actuelle qui va rejoindre l'ancienne assise de la Nationale 141 (ci-dessus, à gauche). Nous préciserons cela en revenant sur le site après le prochain paragraphe. |
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En fait, entre la Voie d'Agrippa-
toujours mal connue et dont le tracé dans la tradition
archéologique locale, est inconsidérément
dévoyée tant ici
que dans son cours lointain - et la Voie Haute de l'Ouest
grossièrement pressentie bien qu'entrevue à deux reprises
(voir ci-dessous les
travaux de Jean-Pierre Clapham et de Assumpcio Toledo i Mur), notre
tradition locale a tissé une étrange connivence : les deux routes iraient à Saintes.
Sur le territoire lémovique, pendant que les ingénieurs d'Agrippa
tirait à travers un relief difficile, une ligne stratégique tendue entre Augustoritum et Cassinomagus, allant jusqu'à ignorer superbement l'oppidum de St Auvent
dont ils n'avaient
manifestement rien à faire - vous ai-je
déjà dit que les "oppida" ne représentaient plus rien dans le monde gallo-romain ? - l'opinion actuelle tendrait à faire remonter la Voie Haute de l'Ouest vers le nord pour aller passer la Vienne à Manot.
Et par là on voit assez bien nos gallo-romains partis pour aller
"faire du sel" aux Iles du Ponant - haute tradition charcutière
oblige !
Car dans la même veine gastronomique (si l'on en croit la pancarte du parc à voitures-sud du Bois des Vaseix), la Voie d'Agrippa aurait plutôt été dévolue au transit des fruits de mer : Marennes-Oléron -déjà - via Saintes. Malheureusement et cela gâte toutes nos espérances de complémentarité gourmande, la tradition locale après le Gué de Manot renvoie notre Voie-Haute-de-l'Ouest vers le sud pour aller rattraper la Voie d'Agrippa très loin en Charente, du côté de Chasseneuil-sur-Bonnieure (?) . . . Ce genre de trajet coudé n'était certes pas une spécialité romaine alors, prudemment, en l'état actuel de nos méconnaissances après La Malaise et le site "Clapham" aux portes de St-Junien, nous avouerons notre totale ignorance quant à la destination de notre Voie-Haute. |
| Des échangeurs Cependant, mais fallait-il encore le montrer, dès le
départ d'Augustoritum le constat d'une étroite coexistence s'impose entre nos deux voies : nous avons suggéré déjà mais sans
certitude
aucune, que la courte rue Portefaix qui s'embranche sur la rue du
Clos-Augier, devant la Cité Léon-Betoulle, pouvait avoir
conservé le souvenir d'un premier
échangeur entre Voie d'Agrippa et Voie Haute.
Un second indice déjà plus objectif, surgit dans le Parc du Mas-Jambost. Le promeneur, passé le site des vasques de pierre de 50 mètres au sud, découvrira une seconde arrivée d'eau qui crée un marigot quasi permanent au pied de la pente. Sur place, tournez alors votre regard 90° vers l'est en direction de l'Aurence. Au loin, deux bancs de repos en bordure d'une allée : derrière les bancs, le bord de la rivière a été abaissé sur quelques dizaines de mètres. Et on retrouve un décaissement sur l'autre rive. Les Services municipaux ont longtemps travaillé à purger ce marécage : nous les avons vu dans la pelouse, découvrir d'anciens puisards et essayer de rendre sa perméabilité à une probable ciculation d'eau dont l'orientation vers l'Aurence est conforme à ce que nous venons de suggérer. Manifestement le problème s'était déjà posé et il n'est pas sûr qu'à ce jour il soit encore résolu.
Incontournable, spectaculaire et plus surprenante est la présence de
deux autres échangeurs
L'échangeur de la Betoulleentre la Vergne et Chez-Fournier. C'est le second
(repère 2, photo IGN noir et blanc ci-dessous) qui s'est d'abord imposé à nous
: peu
avant Chez-Fournier, une prairie en forme de conque allait vers le nord
en s'étrécissant
sous le couvert de grands chênes.
Magnifique, c'était il y a plus de 20 ans. Plus haut,
derrière la ferme de la Lande-de-Fournier, un mur
cyclopéen bordait des cultures maraîchères : il est
toujours là et toujours partiellement visible depuis le parking
de la petite zone commerciale voisine.
Au-delà de la RN 141 à 4 voies (oui, déjà
!), la petite route
d'accès à la Betoulle finissait de matérialiser le
trajet de jonction.
La conque a été comblée par les déblais d'un étang et l'étang lui-même a effacé le reste de la prairie. |
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Mais le plus inattendu, c'est
bien la découverte de la racine du premier diverticule
(repère 1). Allez observer le haut de la rue de la Roseraie
à sa jonction à la voie communale du Moulin-Roux au
Coudert, face au Chemin de Chez-Fournier : une subtile inflexion vers
la droite, en montant. Et pour céder à la pression de la
rue, la maison d'angle présente un pan coupé. Si l'on
suit cette direction du regard, de l'autre côté de la rue
du Coudert, on s'aperçoit qu'un vieux paysan avait placé ici
l'entrée charretière de son champ : dans ce contexte
sensible et pour avoir rencontré la même scène huit ou
dix fois, l'indice pour nous, est imparable.
La voie d'Agrippa entrait dans le champ pour en ressortir
aussitôt; entre les deux une bifurcation était née
dont l'emprise est confortée par l'orientation biaise d'une
propriété privée quelques 100 mètres au
nord (flèches vertes sur vieux cliché IGN noir et blanc).
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Restait alors à parcourir la rue Jean-de-Vienne
pour contrôler l'arrivée de ce diverticule
présumé sur la Voie Haute : une longue tranchée
routière venant de la zone humide créée par le
barrage de la RN 141 à 4 voies, balaie les derniers doutes (cliché ci-contre). Mais
dépèchez-vous, les zones pavillonnaires gagnent du
terrain : voir plus haut le panneau vertical Google .
Revoir également sous les repères 2 et en 3 la contribution des vaches de Chez-Fournier à la découverte d'une voie antique : vaccae gratias ! Site "limousin-archeo-aero.fr", page "itineraires de l'ouest vers Saintes ". On aura noté l'orientation biaise mais parallèle des deux liaisons : solutions redondantes pour un même changement d'itinéraire On notera que cette inclinaison des diverticules de liaison privilégie les échanges de la Voie Haute vers Agrippa pour les voyageurs allant vers l'Est et Agustoritum. Sont également privilégiés les voyageurs circulant vers l'ouest sur la Voie d'Agrippa et désireux de rejoindre ici la Voie Haute. Les voyageurs qui auraient opté pour une situation différente (nous allons y venir) étaient sans doute priés d'attendre les prochains échangeurs du Verdoyer, du Breuil voire les diverticules des Prés-Gras et de Lacour qui commandaient les passages d'eau de La Roche sur la Vienne. Cet épisode ne fait qu'inaugurer pour nous un constat de fréquence de ces diverticules au cours de plus en plus long au fur et à mesure de la divergence des deux voies principales. des limites de parcelles orientée par ces bretelles de liaison antiques, des parcellaires qui s'effacent sous nos yeux sous la marche inexorable de la déprise agricole et la marée montante de l'urbanisation. |

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Alors et pendant quelques kilomètres
encore, nous allons continuer à mettre en
parallèle les deux voies qui nous occupent tant leurs
échanges nous apparaissent importants pour l'histoire à venir de nos terroirs antiques.
Nous profiterons de la photo verticale de l'IGN de 1978 ci-dessus, pour amener l'itinéraire de la voie d'Agrippa à la lisière des bois des Vaseix. Passé les jardins de Chez-Fournier (repère 3), la voie guide au nord le chemin de desserte de ce village vers la route du Mas-Loge. Après la route du Mas-Loge à Landouge, un buisson perché sur un remblai caillouteux va pousser 180 mètres plus loin, une excroissance en quart de cercle vers le nord : il enveloppe ainsi le masque d'éboulement d'une structure en bois et/ou en torchis. Cet indice oriente l'interprétation vers une ancienne et énigmatique structure qui avait sans doute quelque rapport avec la voie antique (repère 4). Dans les terres qui suivent, on nous a rapporté que les vieux paysans pestaient chaque année au cours des labours contre ces "aqueducs" que les socs des charrues accrochaient. Ils ne pouvaient pas savoir qu'il s'agissait d'une voie romaine. En observation aérienne cependant, ces terres montrent de temps à autre et outre la trace de la voie, des indices linéaires diffus qu'il n'est guère possible d'interpréter. L'alignement de notre buisson perché nous amène directement sur le rebord du plateau, à une étable de plein air (repère 5) au pied de laquelle s'ouvre une belle tranchée routière à double courbure qui négocie la pente.
On a malheureusement laissé pousser une haie au fond de cette
tranchée (document ci-dessous) et de nos jours le passage a en a été réduit
d'autant.
A mi-parcours cependant, la haie s'éloigne et en contournant l'avancée rocheuse, le passage retrouve son ampleur et nous amène au gué sur le ruisseau de Chamberet sur lequel veille ci-dessous une vache noire. |
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Le franchissement
du petit ruisseau de Chamberet ne présente aucune
difficulté. Les linguistes vous diront que Chamberet vient du latin cambo, la courbe et du gaulois ritu,
le gué. La signification globale adoptée étant : "le gué sur la courbe de la
rivière".
Mais le ruisseau de Chamberet, tout comme la Glane, la Glayeule, le ruisseau d'Envaud . . . par un cours haché de dizaines de milliers de minuscules méandres, essaient ainsi d'occuper des lits bien trop larges , bien trop profonds, bien trop grands . . . qu'ils ont hérité d'un lointain passé où des cataractes permanentes et gigantesques sculptaient profondément la surface de notre terre.
Une alternative pour nous serait la "le gué sur la courbe de la voie antique".
Des voies dont le profil en effet, présente souvent un ou
deux larges virages pour présenter au voyageur un passage
perpendiculaire au fil de l'eau.
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La voie antique
semble
terminer sa montée sur un replat à mi-pente entre le
plateau occupé par les Bois des Vaseix et le ruisseau de
Chamberet. Le site est occupé de nos jours par une
ferme et une résidence dans un parc arboré : le replat naturel
apparaît actuellement renforcé par un mur de
soutènement en pierre sèche qui a manifestement subi des
réparations ou des remaniments au cours du temps ce qui a permis
de prolonger l'horizontalité de
l'espace utile.
Entre l'arrivée et le départ de la voie une solution de continuité, un "hiatus" se manifeste qui milite en faveur d'une halte sur le parcours antique, un probable endroit de repos et de "rupture de charge" pour les caravanes et les convois.
Mais voilà que dans le prolongement de
l'arrivée on observe comme un dédoublement de la voie en
deux tranchées parallèles plus étroites et
séparées par moins de dix mètres
(étoile et repère 7).
Dans le même contexte et plus ou moins à l'écart des voies, nous avons observé ailleurs et à deux reprises pour le moins, le même phénomène. La nature ayant comme on le sait horreur du vide, nous nous sommes longuement interrogé sur la destination de cet aménagement : nous suggérons (en attendant une idée plus pertinente) d'y voir des restes de tranchées - chemisées latéralement en planches pour rendre leurs parois verticales - où les animaux porteurs étaient dirigés pour rendre les débâtages et les "rebâtages" plus faciles. Un très faible indice sur un labour (cadre rouge) indique le nouveau départ de la voie. Ce type de marque apparaît parfois sur des terres fraichement labourées : observez sur la photo prise au sol, la teinte sombre que donne aux sillons un humus forestier accumulé durant des siècles. Par comparaison le labour situé plus loin en direction des bâtiments, apparaît beaucoup plus clair. Attendons que les labours aient ressuyé (séché) et nous verrons la teinte devenue quasiment uniforme et les faibles indices éventuels se montreront très affaiblis à moins qu'ils n'aient disparu. Observez encore quelques grosses pierres résiduelles sur le labour ou au pied des arbres et - si vous avez bon oeil - le saupoudrage d'une infinité de graviers blancs : nous sommes sur le passage de l'ancienne voie romaine. Abandonnons
provisoirement la voie d'Agrippa qui arrive là à la lisière des Bois
des Vaseix pour revenir vers la Voie Haute de l'Ouest.
Plus loin, nous allons les réunir à nouveau par des échangeurs qui devront bientôt traverser la Vienne. |
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Après la ferme abandonnée de Montevert, la
montée vers l'ouest est accompagnée, nous l'avons dit, par le petit chemin
rural qui rejoint l'ancienne RN 141 (photos A et Abis).
Le passage sur le dos de la colline par une dépression légère, ouvre la vue sur la suite du parcours (photo B). L'ancienne nationale 141 barrant le passage antique au bas du cliché, a déclenché de très longue date, la prolifération d'un fort bouquet de saules (couleur vert-tendre) situé par 3 points verts sur le cliché aérien vertical et à droite de l'automobile sur le cliché B.
Le large environnement de la Ferme de Montevert est actuellement en
cours d'aménagement en zone pavillonaire : nos remarques et
relevés sont sans doute les derniers signes pertinents que l'on puisse encore voir sur ce
trajet antique .
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Quelques dizaines de mètres
après la traversée du Ruisseau de Chamberet et
après une courte terrasse alluviale, une chaussée est
assez bien conservée sous la
friche. Plus haut, le cliché C illustre une scène
fréquemment rencontrée : l'ancien fossé de la voie
comblé par le ruissellement de versant entretient une population
très vigoureuse de noisetiers. Ces arbustes des sols frais
manifestent ici vers le sud, un phototropisme remarquable et
stérilisent par leur ombrage toute végétation
herbacée et arbustive : seules végètent quelques
tiges naines de houx. La voie est à gauche, dans le champ voisin, parallèle au
tunnel végétal et complétement nivelée par
les labours. Notre cliché n'a qu'un intérêt botanique; nous retrouverons la scène sur d'autres voies.
En D, la limite de
parcelle (des arbres perchés sur un petit talus), était
bordée par une bande de terre très humide
encombrée de ronces et d'orties. C'était le passage de la voie
arasée dont le remblai fractionné par la
pierraille, retenait l'eau.
Postérieurement à ce premier constat, un nettoyage par gyro-broyeur a autorisé un labour qui s'est arrêté cependant par prudence à une dizaine de mètres de la limite de propriété. En très peu de temps les saules ont recolonisé le terrain délaissé. Depuis lors, cette lisière de parcelle a subi un important drainage. Et signalons encore au moment des travaux d'abaissement de l'ancienne RN 141 pour permettre le creusement du tunnel d'accés au Lycée des Vaseix, l'apparition de strates de pierres sur le haut glacis du fossé nord (points rouges). Une route plus directe par Le Verdoyer ? Après le passage du ruisseau de Chamberet, il est possible qu'un trajet plus direct jusqu'au Breuil ait pu exister : une profusion de houx sur les lisières et les haies qui cesse avant d'arriver au Verdoyer. Il ne peut s'agir d'un embranchement qui irait rejoindre vers l'école de Bellegarde, la voie de St Gence et de Rancon comme nous avons pu le penser autrefois, la prise de direction serait plus précoce et plus proche de la bifurcation. A dire vrai, nous n'avons pas d'hypothèse sérieuse ni rien de pertinent à apporter sur ce petit incident de parcours. |
| Nos premiers contacts avec la Voie Haute de l'Ouest Ce fut en premier lieu, la présence quasi
permanente mais toujours peu marquée, d'une trace rectiligne sous la
courte finale d'atterrissage en piste 03 de l'aéroport de Bellegarde (repère E ci-dessous).
A cet indice s'est très vite ajouté - l'expérience aidant - la présence de "l'arbre du Breuil" solitaire au milieu de sa parcelle humide au bord de la Route Départementale 20 (3 points verts). Quelques années plus tard - et l'initiative est à louer - il a été heureusement conservé au milieu du second rond-point de cette Départementale. Hélas, la modification de son milieu naturel a fait qu'en 1999 il ne résistera à un fort coup de vent : il allait avoir 300 ans. Son dernier emplacement a été rappelé sur la composition de clichés GOOGLE sous 3 points verts : voir plus haut et ci-dessous. |
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Enfin on notera sur notre cliché vertical infra, la belle haie d'alignement
qui
joignait ce beau chêne au ponceau fouillé , en 1995, par
Assumpcio Toledo i Mur,
sur
le ruisseau du Breuil (repères F et G) dans le cadre de
l'inventaire
archéologique qui précède actuellement tous les
grands travaux
d'aménagement : il s'agissait ici de la mise à 4 voies de
la vieille RN
141. Les flèches orange indiquent le cheminement vers l'ouest.
La Nationale 141 Pont de
construction antique ou beaucoup plus tardive, dans
l'un ou l'autre cas, son usage puis sa
désuétude font partie des avatars d'un axe de circulation qui a subi au cours du temps de
multiples aménagements et des flottements d'assiette
importants. Nous en vivons actuellement un épisode . . . . peut-être pas le dernier.
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Vers la fin des années 1980, à force de
scruter les alentours du Breuil à chaque envol, nous avions
fixé une autre image : celle d'un diverticule qui partait
vers le sud-ouest et la Croix-de-la-Maillartre ( tracé vert sur la photo Google ci-dessous) et dont le raccordement
à la voie principale sous notre trajectoire aérienne, sans être explicite, ne
devait pas faire problème.
C'était une remarque qui nous entraina très vite dans la découverte d'un réseau qui instituait des prolongements inattendus à ce besoin d'échange entre les grandes voies de l'ouest. Echanges dont nous avons perçu les premiers exemples remarquables dans les terres de Muriol, de Chez-Fournier et de la Betoulle. A peine passé le ruisseau du Breuil qu'un nouvel accés au système apparaissait plausible par les Fonts et Vialbos. Et au fur et à mesure de la découverte de nouveaux cheminements vers la rivière Vienne, des gués jamais imaginés auparavant, prenaient corps sur les rives de cette rivière à l'abord souvent difficile pour des voyageurs venant du nord. |

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Cependant et avant de nous lancer sur ces nouvelles pistes et scrutant les plus menus indices comme les plus
monumentaux, nous allons ci-dessous essayer
de
prolonger de quelques kilomètres encore vers l'ouest notre trajet
antique : la Voie Haute . . .
de l'Ouest précisément.
Ne serait-ce que pour voir comme nous l'avons dit, si d'autres diverticules dont
nous avons idée, un peu plus loin, ne pourraient pas exister . .
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Dès 1995, après le Breuil et le pont d'Assumpcio Toledo i Mur,
nous avions repéré un emmarchement surplombant
à droite l'ancienne RN 141 qui, à cet endroit, n'allait pas
tardé à être emporté par les travaux du croisement
à pont avec la D 2000. Subsistent cependant encore en prolongement, des pierres
éparses dans les pépinières et plus loin, une
chaussée d'étang d'irrigation qui a trouvé une
assise solide sur le passage de l'ancienne voie : repère H.
Nous allons ainsi relever des constats pertinents de loin en loin, sans trop chercher à définir un tracé précis, mais attentif à tout indice qui pourrait conforter de nouveaux liens vers cette voie stratégique d'Agrippa édifiée dans les dernières années précédant l'ère chrétienne, sous l'empereur Octave-Auguste, fils adoptif du grand César et qui nous accompagne toujours à quelques kilomètres au sud, prête maintenant à traverser la Vienne à 200 mètres en aval du Pont-de-la-Gabie. |

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A peu de choses près, elle ne va
pas tarder à circuler sur la crête de l'interfluve entre
le Ruisseau du Pré-Vieux et le Ruisseau de Tranchepie. La
vieille RN 141 la recouvre avec beaucoup d'à propos, les hautes
terres ayant toujours été des lieux de passage
privilégiés.
Passé les dernières maisons de la
Côte, à main gauche, à hauteur de l'arrêt des
bus, un fort mur qui ne sert à rien barre le paysage : longueur estimée à 30
mètres, hauteur moyenne 1,50 m, épaisseur 40 à 50
cm. La récupération dans les terres avoisinantes d'un volume de
pierres impressionnant et que l'on doit encore abonder de ce qui a servi à
bâtir les maisons du village et des alentours.
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Car ce mur n'est
probablement qu'un surplus : il attend de servir à autre chose
depuis des siècles et il représente bien l'effort soutenu au fil du temps pour convertir l'emprise d'une vieille voie en espace agricole.
Sur la photo nous sommes exactement sur l'ancien passage . Non, je ne vous parlerai pas du puisard couvert d'une tôle au milieu d'un reste de jardin.
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Poursuivant en ligne droite après la
Côte, nous avons retrouvé notre
voie romaine comme une longue tranchée aux versants adoucis
(repère J), en tête d'un pré, au-dessus des
étangs de Greignac. Il est probable qu'elle amorçait
là une longue courbe (en K) pour venir se présenter
perpendiculairement au cours du Ruisseau de Tranchepie. La
présence des étangs a beaucoup changé le paysage
mais on comprend très facilement l'usage des deux énormes
dalles de pierres (flèches rouges), plus qu'à
moitié recouvertes de mousse et de gazon, tirées sur la
rive du
déversoir des étangs et qui reposaient naguère
encore sur les culées dont on aperçoit les restes
au-delà de la clôture à moutons : la flèche
bleue représente le cours originel du ruisseau.
Les énormes quantités de pierres tirées de
l'ancienne assise routière convertie en terre de culture, ont
trouvé une forme de stockage en murets de souténement le
long des routes communales voisines.
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| La montée vers le carrefour des Prés-Gras est
jalonnée par des arbres fruitiers rabougris qui
végètent dans un champ de pierraille (repère L).
Les clichés de L'IGN et de Google sont ensuite explicites sur la
suite du tracé sans que l'on puisse jurer cependant qu'il n'ait
pas été repris et aménagé
postérieurement à l'époque romaine (pont rustique
sur le ruisseau que nous n'avons pas visité). |
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La montée
au-dessus de Bagoulas restera floue dans ses
détails : nous n'avons rien trouvé qui nous incite à
descendre de voiture, au long de la petite
route de Bagoulas à Beauvalet. Par contre et en suivant le petit chemin qui la
double à l'ouest , nous sommes tombé en arrêt
devant un fort muret, loin de toute habitation, qui barre un
petit thalweg en lisière d'un bois (repère N sur le plan
synoptique et ci-dessous). A droite et à défaut de savoir d'où nous
arrive la voie, nous sommes au moins sûr
de ne pas être loin du passage. En effet, une
légère ensellure sur la ligne d'horizon, à gauche
de notre cliché, marque la suite du parcours antique (point rouge).
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Le cliché de Google ci-contre ne laisse d'ailleurs aucun doute sur le tracé de la voie qui
monte vers le Cerisier-de-Gaurie où elle va outrepasser la vieille RN 141 (repère O).
Sur cette grande pièce de terre, au sud du carrefour d'Oradour-sur-Glane, la trace d'une structure en creux est encadré par deux arbres qui pourraient être des noyers - à vérifier cependant en s'approchant de plus près. Entre eux, une
grosse dalle a été abandonnée là par les
carriers antiques. Ses dimensions et son poids expliquent qu'elle soit
demeurée en place.
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Nous avons pu suivre sur les documents de l'internet
et malgré quelques passages de relative incertitude, le
tracé de la "Voie Haute de l'Ouest". Il est assez
évident qu'une prospection complémentaire sur le terrain
aurait permis de mener à bien et sans difficulté le
relevé complet de l'itinéraire jusqu'à la belle coupe effectuée par
Jean-Pierre CLAPHAM en 1988 sur un vieux chemin de St Junien à
Oradour qui empruntait ici une portion de la voie antique au niveau du site
d'extraction de granulats des Seguines.
La photo, le dessin de la coupe et les commentaires de l'auteur montrent bien la stratification de la voie ce qui lui assigne sans ambiguité une origine antique. La voie a été amputée sur son côté sud par une parcelle agricole dont on perçoit la limite jalonnée par une ligne d'arbres. L'auteur estime que la largeur d'origine de cette chaussée peut- être évaluée à 5 mètres. Cependant une image de l'IGN recueillie lors de notre étude à 3 km à l'est du site de la fouille, montre sans ambiguité la projection très détaillée de l' emprise routière antique. Les "visuels", outils de mesure mis à disposition des chercheurs par l'IGN ou GOOGLE ne sont pas adaptés à des si petites dimensions et le flou monte en tirant les clichés vers de forts agrandissements. Tenant compte de ces faits, nous estimons que la largeur de la voie d'un fossé à l'autre, peut s'inscrire dans une fourchette de 18 à 20 mètres. A titre de comparaison, la largeur de l'ancienne RN 141 s'établirait autour de 13 à 14 mètres. Si nous cherchons à harmoniser les deux sources, une démarche pourrait consister à créer une symétrie géomètrique autour d'un axe vertical passant par le triangle rouge, point culminant de la chaussée antique repéré sur la surface de roulement d'origine figurée en rouge (indication de Jean-Pierre CLAPHAM, auteur de la coupe ) et arbitrairement considéré par nous comme le point-milieu du monument routier à son origine. Le procédé donnerait une largeur d'emprise d'une bordure de fossé à l'autre de l'ordre de 13 à 14 mètres. Le compte n'y est pas, mais peut-on dire pour autant qu'un "calibrage" rigoureux des voies, n'était pas le souci premier de l'ingénieur romain ? |
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| Reprenons à l'envers notre trajet vers l'est et
le Breuil. Vous aurez noté au passage des Prés-Gras (une boutade assurément !) que nous avons pris en compte une double bifurcation. Deux routes qui vont converger et se réunir à peu de distance au sud (en vert sur nos documents). De là, nous cherchons encore quelque trace d'une direction unique qui nous amènerait sur une nouvelle jonction repérée face à deux gués encore inconnus sur la Vienne : les gués de Lacour dont nous ne connaissons que les atterrissages car le barrage du Moulin-Barlet les a ennoyés depuis si longtemps que les plus vieux paysans du village n'en ont jamais entendu parler. Des gués cependant qui commandaient un long itinéraire permettant de rejoindre toujours et encore, la vénérable Voie d'Agrippa. Mais nous sentons - l'idée est encore mal assurée - que cette direction antique pourrait porter une charge historique bien plus importante que ne pourrait le faire un simple diverticule de liaison et d'échange. Nous y reviendrons . Revenant au Breuil, nous avons signalé sous la finale 03 de la piste de Bellegarde l'embranchement vers le sud d'une voie qui va très vite se scinder en deux directions divergentes certes mais toutes les deux attirées et encore une fois, par la vieille Voie d'Agrippa : le réseau se complique et faute de maîtriser le maillage antique des habitats locaux et ceux plus lointains des centres de décision petits et grands, nous avouons que la logique de ces cheminements traversiers nous échappe quelque peu. Ce sera pourtant l'objet de notre prochaine page. |
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Ce cliché
marquera le point de départ de notre nouvelle étude des
passages d'eau antiques sur la rivière Vienne.
Dans cet esprit nous aurons déjà noté l'orientation conforme de l'ancienne ferme de Maison-Neuve à peu de distance au sud de la bifurcation sur la Voie-Haute sous l'approche finale de la piste de Bellegarde. L'itinéraire (flèches vertes) est ici fossilisé par une limite de parcelle jalonnée par une ligne d'arbres. Après un petit délaissé de culture (affleurement caillouteux) dans la céréale, un fort indice se manifeste vers le carrefour (christianisé : La Croix de . . .) de La Maillartre. Ici encore et après le carrefour, l'expérience accumulée au fil des prospections permet de ne pas sacrifier ingénument au mythe de la voie antique cachée sous une route actuelle ce qui stériliserait toute la suite de l'étude. La voie se prolonge dans le pré opposé au-delà du carrefour , nous y reviendrons. |
| Une invite à la photo-interprétation Un autre indice
est cependant présent sur le cliché et probablement sans
lien avec les voies qui nous occupent : une tache grossièrement rectangulaire et relativement diffuse (cadre rouge). Repéré en rase campagne et sans autre accompagnement plus
précis, l'indice appellerait à peine une visite.
NB : L'astérisque rouge marque l'implantation réalisée depuis lors, de l'Etablissement INSEM-OVIN.Mais il s'est trouvé que dans le cas du moment - désenclavement de l'Aéroport de Bellegarde - l'abaissement de la chaussée de la Départementale 20 a recoupé l'indice et isolé sa position en hauteur pendant que le "recalibrage" de l'emprise a rafraîchi le glacis des fossés . La trace rectangulaire que nous percevons, par sa perméabilité, collecte les eaux de pluie. Ces eaux qui percolent au travers d'un profond dépôt en place depuis des millénaires comme la probable litière d'un habitat humain, peuvent déverser leur trop-plein vers le fossé de la route. Au moment de notre cliché, sur le glacis de pure argile du talus, le ruissellement de ces eaux avait déclenché très localement l'apparition d'une végétation pionnière où prédominaient des plantes hygrophiles et nitrophiles ( avides d'eau et d'azote). Au flanc du talus, 25 ans plus tard, le même phénomène se perpétue, particulièrement net en saison hivernale : une belle coulée verte pérenne tranche sur un environnement rabougri de plantes chlorotiques. Mais j'entends les
sceptiques : non un dépôt temporaire de fumier n'atteint
pas les couches profondes du sol et la légère
imprégnation de surface se trouve vite dispersée par les
labours. Alors 25 ans plus tard . . .
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