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Cartes IGN
au 1/25 000ème Série bleue N° 2030 Ouest NANTIAT N° 2029 Ouest MAGNAC-LAVAL |
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Après un
cheminement sur le plateau où les traces ont disparu et selon
toute vraisemblance, la voie antique de Rancon se présente en
traversée de pente, sous le village de Clavières : des
formes de parcellaire, des pierres roulantes, des noyers rabougris (ci-dessus, premier plan) . . . en
attestent.
Et bientôt, loin de toute habitation actuelle reportée sur la colline, des pans de murs qui semblent en première lecture, jointoyés au mortier de chaux, exciteraient ainsi la vigueur de quelques bosquets de buis (photo 1). Il en sera ainsi durant 500 mètres créant la forte présomption d'une installation antique qui serait à l'origine du village.
A noter, chez tous les patoisants, l'usage du pluriel
occitan "Cliavéras",
qui semble ignoré de tous les
cadastres. C'est curieux, néanmoins contre l'usage des clercs et
jusqu'à un avis contraire, nous mettons Clavière au
pluriel : Clavières. "Cliavéras",
en souvenir d'un labadens depuis longtemps perdu de vue,
"né natif" du village et qui aurait pu nous en dire plus :
Georges Lachâtre . . .
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| La voie antique est bordée à l'est, par des remblais d'écroulement qui peuvent provenir de très anciens bâtiments. La ligne d'éboulis apparaît fractionnée ; des bosquets de buis s'y intercalent. |

| Les couches profondes de la voie antique, transformées
en aquifères, alimentent une petite mare dont l'aval est surmonté d'un
muret de pierres. Les surplus des démolisseurs stockés en continu, forment un parcellaire muré autour de la petite prairie carrée . Mais toutes les pierres
n'ont pas été expurgées
des terres : de l'autre côté du chemin, l'exploitant
agricole qui semble encore utiliser les restes de
l'ancienne chaussée pour traverser son champ, rassemble à
chaque labour, au bord du chemin, sa récolte d'éternelles
pierres errantes (photo 2).
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Les photos et les
cartes montrent qu'une route La Garde-Chalivat par le champ
carré au centre du bois, aurait été la plus directe. Or les bâtiments qui
subsistent de l'ancien village de La
Garde (la ferme), ont été implantés à leur
origine, sur le substrat
solide de la chaussée antique encore
préservée en courbe à ce moment-là.
La rémanence du phénomène trahit ainsi la nécessité qui fut faite aux constructeurs, de contourner le massif du Puy-Laubart et singulièrement la parcelle carrée centrale qui s'individualise aujourd'hui en terre de culture (surimpression rouge). Cette
parcelle, qui apparaît à différents stades de
fauchaison selon les images disponibles sur internet au moment où nous
écrivons, porte une ou deux traces partielles d'enclos
rectangulaires : il serait cependant imprudent de vouloir y lire
à tout prix, des indices archéologiques car les lignes
sont peu différenciées et s'organisent dans le sens de la façon
culturale, prudence.
La combe en pelouse entre deux petits bois, qui précède la route de Roussac et la maison de Puy-Laubart est un vallon sec qui ne porte ni ruisseau ni rigole. Elle ne recueille que des eaux de ruissellement; nous l'avons vérifié un jour d'orage et il n'y a pas de pont sous la route. Ce phénomène n'est pas rare : il procède d'une érosion rétrograde en amont d'une tête de source. De Chalivat au Mas-la-Chèvre Passé le gué sur le ruisseau de Chalivat, nous vérifions à nouveau que le tracé en baïonnette (chicane) qui a affecté le chemin agricole venant de ce village, était dû lors de sa création, à la présence physique encore importante de la voie romaine. Après quoi on observe dans la grande parcelle, des traces dissemblables, superposées en décalage chronologique * . Celles de la voie se propagent très nettement en direction d'un nouveau gué. Ce nouveau passage sur un nouveau ruisseau est trahi par un gros bouquet de saules O : les pierres de pavage du gué, toujours en place, fractionnent et drainent la vase ce qui favorise l'aération des racines et assure la bonne croissance et le maintien de ce végétal. |

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Le site de
Chalivat, Beaugache, La Claudure et
Lascoux montre encore des lambeaux de parcellaires curvilignes :
certains se présentent comme des fossés et de nos jours,
localement, nous en avons repéré certains pleins
d'eau stagnante. Ces parcellaires nous
semblent - et nous l'avons déjà suggéré -
être d'origine protohistorique : on imagine mal en effet un
géomètre romain ou même gallo-romain en train de
créer de tels canevas car c'est précisément
à partir de cette époque que le gaulois apprit sur de
grandes étendues, à tirer de longues lignes droites et
plus précisément, à " faire bouillir l'angle droit
à 90° ".
Le toponyme "La Claudure" (l'endroit clos) pourrait concerner un petit enclos muré tardif que nous signalons par un cercle rouge ou un encadrement, aménagé avec les pierres récupérées de la voie antique proche : beau massif en boule de houx . Le toponyme "Lascoux" ne doit pas être confondu avec "Lascaux" d'un tout autre sens. En effet Lascoux viendrait du latin cultura par l'ancien occitan colt : la culture.
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Nous retrouvons
sans difficulté notre voie romaine grâce au chemin
agricole de Vauzelle qui croise ses soubassements ruinés : une arrivée d'eau
venue des hautes terres à gauche, jalonne notre parcours et nous
amène non loin d'un nouveau ruisseau (la Bazine) défendu
par un magnifique troupeau de vaches en stabulation libre.
Remarquons la position de la crèche au toit de tôle blanche et reportons-nous à la photo suivante : une dépression dans le labour marque le passage de la voie et un bouquet de houx au bord de la route nous confirme la trace vers le village abandonné du Mas-la-Chèvre. A propos de remarque : avez-vous remarqué qu'en 15 ans (laps de temps entre nos photos et celle de Google), la crèche n'avait pas changé de place ? Une
petite mare qui est certainement colmatée au moment
où nous écrivons (si, si regardez bien , il y avait de
l'eau), atteste du passage antique de la voie sous le village de La Chèvre : l'image de Google nous
confirme l'orientation et l'emprise de la voie antique (deux
flèches rouges affrontées). De l'autre côté
de la route un saule"vîmier" taillé en tétard,
profite de l'eau qui vient du haut des terres. Et un puits devant
une maison du village et sur la même veine, devait sans doute
être utilisé comme une réserve d'eau qui se
renouvelait au moment des pluies.
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Après le
Mas-la-Chèvre, les Borderies ( la ptite ferme à
l'écart des grandes),
Colfaucher (origine idiomatique possible : ça
de Faucher ?), la Bussière (le buis) et peut-être un petit
centre d'habitat (?) contigu au domaine agricole : zonage jaune.
Le petit bois
(photo1) montre des alignements de chênes à recoupement
orthogonal : nous ne l'avons pas visité, son évaluation reste à faire en raison d'importants
dépôts de pierres.
Puis tout près, une mare murée (photo 2) et enfin le passage de la voie sous le chemin rural qui rejoint la route de Lairaut (photo 3) : plaquettes de schiste affleurantes dans le talus et arrivée d'eau dans le fossé. L'endroit s'appelle "Les Genêts" et nous avons dit ailleurs ce que nous pensions de ce toponyme. |

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Après les
Genêts, l'emplacement du gué sur un petit affluent de la
Gardelle est difficile à situer : la rive est
encombrée de pierres errantes, certaines jaugent certainement
plus d'une tonne.
Le village de Lairaut, notre point de passage ciblé, se situe entre deux croupes géographiques qui trahissent leur très ancienne vocation agricole par la rémanence de chemins dont l'emprise et la fermeté du tracé équivalent à celles d'une très honnête route communale actuelle. Une origine protohistorique est la plus plausible. Sur le premier mamelon, les traces correspondent en partie à un chemin agricole encore en place en 1809, année des levés du cadastre napoléonien. L'autre partie d'une éventuelle bifurcation, aussi bien sur le vieux cadastre que sur l'image actuelle, figure sous forme de limites de parcelles. D'autres indices de voies anciennes voire de plans d'habitats ne sont pas exclus. Moyennant quoi et en l'absence de traces formelles de notre voie romaine, nous détournerons un peu notre tracé et donnerons ainsi du champ sur l'image GOOGLE ci-dessous, à un très probable espace de vie gaulois. Par contre, rien
ne rappelle ni sur le terrain ni sur l'ancien cadastre, les images
de très anciens chemins de servitude que nous offrent les images de l'IGN et
de GOOGLE sur le second espace agricole situé derrière le
village de Lairaut.
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| A partir de ce cliché . . . Carte au 1/25 000ème IGN Série bleue N° 2029 Ouest MAGNAC-LAVAL |



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Dans son passage au sud du village la vieille voie romaine a
perdu l'essentiel de ses pierres : on les retrouverait dans les murs
des maisons du village ou encore en amas ça et là. Elles
forment encore les limites d'un enclos attenant à la plus
belle maison du village et il n'est pas douteux que convenablement
concassées, elles aient servi autrefois au pavage très
soigné de la vieille route de Rancon.
Cette ancienne route de Lairaud à Rancon par Mérigot figure encore au cadastre de 1809. Son relevé cadastral tourmenté est un véritable cauchemar de géomètre. On comprend mieux dès lors qu'elle n'ait laissé aucune trace visible dans l'ordonnancement de la forêt. Car au sortir de la Forêt de Rancon, c'est la trace en fort relief de la chaussée antique que nous retrouvons, flanquée au plus près par la vieille route de Limoges installée sans vergogne sur son bas-côté droit. Dans l'épaisseur de la forêt et d'après les documents modernes, les vestiges de la voie
romaine semblent avoir parfaitement fixé l'orientation
des laies forestières. Pourtant nous sommes arrivé
là sans aucune idée préconçue et en suivant
des indices difficilement récusables : alors, hasard ou propos
délibéré des aménageurs forestiers du XIXe siècle ?
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Le substantif occitan "l'airau" devenu
Lairaud par agglutination de l'article, me semblait désigner - dans mon
patois - une aire, un espace vide au milieu des habitations . . . on
pouvait le ressentir comme un synonyme de "coudert" peut-être. Mais je
l'ai surtout entendu employé comme un qualificatif signifiant "en
désordre", en "pagaïe" : une chambre, une maison où tout est "en
airau".
Alors et si on veut à tout prix s'appuyer sur une lointaine toponymie, je pencherais pour "place de marché" en évoquant ainsi le désordre provenant du déballage des marchandises. Celà apporterait un début d'explication à la présence d'un petit bois de houx en bordure de l'ancienne route de Rancon (étoile verte, 3 points verts sur les photos synoptiques de Google). Un petit bois de houx que la voie antique contourne de très loin alors que topographiquement rien ne s'opposait à tracer une route directe vers Rancon. Comme on le fera près de deux millénaires plus tard : curieux.
Un bois petit ai-je dit, mais pour des cépées de
houx arborescent si serrées que l'endroit est
impénétrable : le houx rappelez-vous, que l'on trouve
partout où l'homme a longuement "piétonné" et
piétiné.
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A ce stade de notre enquête nous reprenons les couvertures
photographiques obliques et verticales que nous avions faites en 1990,
attiré non seulement par la réputation gallo-romaine
de Rancon mais également par un nombre important de
structures plus anciennes encore, relevées sur le plateau au sud de la vieille
agglomération.
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C'est ainsi que s'est présenté
à nous dans le droit fil de notre progression depuis Limoges, le
terroir de La Goutte où ressort de prime abord, un enclos quadrangulaire d'habitat pourvu en
son milieu de la trace paracirculaire très nette d'un fond de
cabane, le tout dans la pure tradition protohistorique.
Très vite d'autres traces conformes apparaissent sans enclos défensif mais mieux définies peut-être. Et puis une nette discontinuité culturale qui partage un champ sans que l'on puisse trouver au phénomène une explication simple. Et puis des linéaments dans les cultures qui demanderaient une longue surveillance aérienne éclairée pour discerner s'il s'agit véritablement de structures historiques au sens large ou de simples aberrations causées par des façons culturales variées observées sous certains aléas météorologiques. Et puis des chenaux d'une belle régularité et parallélisme : pour une irrigation, un drainage ou comme voie de circulation . . .? Et ce n'est là qu'un petit espace parmi d'autres autour de Rancon, tantôt proches tantôt plus lointains et sur lesquels nous reviendrons pour d'autres habitats, d'autres routes . . . et d'autres questions. " Le serpent à sornettes "
Et puis - à titre d'exemple - un document
cartographique sur lequel nous avons surimposé en rouge, entre
Taillac et la Mas-la-Chèvre, les traces de la voie antique que nous avons
ensemble et laborieusement, retrouvées sur le terrain.
Ce fond de plan est extrait de "Travaux d'Archéologie Limousine", tome 22, année 2002. Ainsi, en un peu plus d'une vingtaine de pages dont 8 cartes, la publication portait à la connaissance du public une large zone ondulante censée contenir entre ses rives, une prétendue voie antique en réplique comme on le sait, d'un travail que nous avions commencé au tout début des années 1990 et dont nous avions eu la naïveté de permettre la publication partielle par le Service Régional de l'Archéologie. Le dessin rubané serpentiforme qui nous est proposé sur cette page (et ce n'est qu'un exemple), est le résultat d'un vaste accès d'érudition qui emprunte aux poncifs d'une doctrine incertaine loin des réalités du terrain. Le recours à l'avion qui y figure à titre d'argument, est désormais devenu "tendance", mais ne dépasse pas en fait - comme de la part de tout néophyte - l'intérêt d'un gadget à la mode qui n'apporte encore rien de lisible. L'aboutissement en est cette trace en phase d'oscillation obsessionnelle grevée de longues impasses et si peu sûre d'elle-même qu'on lui a accordé une grande largeur . . . pour essayer de décourager et de noyer des questions de topographie trop précises. |
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Prochaine page
en préparation : Aperçus sur Rancon, de l'Age du Fer à l'Antiquité et à l'époque historique |